‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 147 sur 467 · DU CHEVAL · texte numérisé non relu

DU CHEVAL

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font communiquer au dehors. Dans une tête bien conformée, aux larges cavilés nasales, les naseaux, aussi fendus et aussi d'latés que possible, sont revétus d’une membrane rosée, humcectée d’un fluide visqueux peu abondant, toujours clair et limpide, et donnent passage sans bruit à une égale quantité d'air. Dans les animaux dont la tête est étroite et busquée, les naseaux sont eux-mêmes rétrécis et peu ouverts.

Sous l'influence de différentes circonstances maladives. qu'il n’est pas de notre devoir d'indiquer ici, la couleur de la membrane nasale est susceptible de varier, et le liquide qu’elle sécrète peut changer de nature et de propriétés. On ne saurait trop apporter de défiance dans l'examen d’un cheval dont la membrane pituitaire, changée dans sa couleur, sécrète en plus grande quantité que dans l’état normal un mucus épaissi, qui, rejeté au dehors, adhère aux ailes du nez. Ce phénomène morbide, que l'on exprime en disant que l’animal Jette, coexiste le plus souvent avec des maladies fort redoutables. La présence de plaies sur la membrane nasale doit être aussi considérée comme d'un funeste présage.

Les autres défectuosités dont cette région peut être le siége dépendent de la présence dans les cavités nasales de ces productions morbides que les maréchaux appeiaient souris, et qui sont connues en pathologie sous le nom de polypes. En mettant obstacle par leur présence au passage de l'air, ces produits morbides rendent la respiration bruyante, ce que l’on exprime en extérieur, en disant que les animaux sont corneurs Où corrards, Où qu'ils ont le Aalley. Cette défectuosité, qui peut encore être causée par d’autres affections des voies respiratoires, est dans tous les cas très-redoutable par ses conséquences, car les animaux qui en sont atleints peuvent mourir suffoqués dans le travail.

i) La ganache a pour base la portion recourbée de l’os maxillaire ; dans une tête bien contormée, elle est sèche, large sans excès, et légèrement en relief sur la parotide.

#) L'auge est une excavation de forme triangulaire, située à la face postérieure de la tête, entre les deux branches de l'os maxillaire.

L’unique condition de beauté de cette région, c'est qu'elle soit parfaitement évidée, nette et profonde. L’engorgement de cette région, la tuméfaction des ganglions qu’elle renferme, sont le plus souvent d’un mauvais augure, parce qu'ils coïncident toujours avec l'existence de maladies fort graves, telles que la morve, par exemple. On doit donc toujours se défier d’un cheval quand il est g/andé, c’està-dire qu'il présente cet engorgement des glandes de l’auge, bien que la membrane nasale ne paraisse pas malade, et qu'il ne se soit pas encore déclaré de flux par les naseaux.

$ 11. — Des régions intermédiaires à l'encolure et à la tête.

I. La zuque, situee en arrière du sommet de la tête, est moins importante à considérer sous le rapport de sa conformation, que sous celui des maladies dont elle est fréquemment le siége. Continuellement salie par la poussière

des fourrages, elle est en effet très-sujette a la gale; souvent elle est excoriée par les frottemens de la tétière. Enfin, les coups et les heurts y donnent quelquefois lieu au développement d'une maladie grave, connue vulgairement sous le nom de taupe. Nous renvoyons pour son histoire à la pathologie; il nous suffit d’indiquer ici qu'on doit tout redouter de ses conséquences.

II. Les parotides sont situées en arrière de la ganache, qui se dessine sur elles en relief. Quand cette saillie n’existe pas, la tête parait mal attachée à l’encolure, ce qui fait dire qu'elle lui est plaquée. On remarque quelquefois sur cette région les traces du feu dont l'emploi a pu être nécessité par l’engorgement dont elle est ou peut avoir été le siége, à la suite d'un thrumbus de la jugulaire.

IT. La gorge, située en arriere de l’auge, au sommet du bord inférieur de l’encolure, a pour base les cartilages du larynx. C’est sur cette région qu'on exerce une pression avec les doigts, lorsqu'on veut exciter l’animal à tousser pour s'assurer de l’état de ses organes respiratoires.

$ III. — Du corps proprement dit.

Le corps a pour base la colonne des vertèbres et la cage osseuse formée en dessous d'elle par les ares costaux articulés en bas avec le sternum. La longue tige vertébrale est formée par un assemblage dos courts, qui lui assurent, par leur nombre, comme le dit BrcHAT, deux attributs presque opposés. savoir : la solidité, parce que les efforts extérieurs se perdent dans les liens nombreux qui les unissent, et la mobilité, parce que l’ensemble de leurs mouvemens isolés donne un mouvement général considérable. L’extrémité antérieure de cette tige forme, avec la tête qui la termine, un véritabie balancier, destiné par ses mouvemens à changer l'équilibre du corps, ou à le maintenir dans sa stabilité. Sa partie dorsolombaire, moyen deréunion des membres postérieurs avec les antérieurs, constitue, par sa courbure en haut, la partie centrale d’une voûte, appuyée en avant et en arrière sur les premiers rayons osseux des membres, le scapulum et lilium, qui, par leur direction inversement oblique,sont favorablement disposés pour lui faire continuité.

C’est autour de cette charpente osseuse que viennent se grouper les masses musculaires qui en comblent les profondeurs, effacent ses aspérites trop anguleuses, et donnent au corps ses formes extérieures, auxquelles on n’attache une idée de beauté qu'autant qu’elles sont l'expression saillante de Ja force et de l’énergie. Si nous admirons en effet, dans l'habitude ‘extérieure des beaux types de chevaux, ces saillies musculaires séparées par des interstices profonds, ces reliefs des éminences osseuses, et en outre l’état pléthorique des vaisseaux sous-cutanés, la sécheresse de la peau qui dessine bien tous ces contours, la teinte brillante des poils, c’est que tous ces caractères sont pour nous, ou des indices d’une grande puissance d'action, ou des signes certains d’une intégrité parfaite dans les fonctions essentielles de la vie. Remarquons aussi qu’ils coexistent toujours avec la belle expression

ANIMAUX DOMESTIQUES : CONFORMATION EXTÉRIEURE

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