‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 148 sur 467 · LIV.11I · texte numérisé non relu

LIV.11I

physionomique de la tête, et avec le grand developpement des cavités nasales. Tant il est vrai qu'une loi d'harmonie et d'accord préside au développement de toutes les parties du corps, et qu’il existe entre elles une solidarite parfaite.

Pourquoi, maintenant, considérons - nous comme défectueux cet état particulier du corps où l’émaciation et la maïgreur des muscles laissent ie squelette apparaître sous les tégumens avec ses formes hideuses, où, pour me servir ici de cette expression énergique et vraie du vulgaire, la peau est collée sur les os? C’est qu’à cet état se rattache une idée de faiblesse et de défaut d'énergie de la part de ces puissances musculaires si grêles, si effacées ; c'est qu’on le voit le plus généralement coïncider avec l'expression d’abattement de la face, avec l’effacement des vaisseaux sous-cutanés, souvent aussi avec la mauvaise conformation des vo es respiratoires; c’est que cetétat, enfin, se fait observer sur les animaux qu'ont épuisés l’âge et les fatigues excessives, ou qui sont en proie à des maladies mortelles. Mais qu’on ne poursuive pas cette idée jusque dans ses dernières conséquences, on serait conduit à l’erreur; voyez en effet les chevaux tartares, ceux de l'Ukraine ou de Pologne, dont l'habitude extérieure du corps est si anguleuse qu’elle blesse les regards. A les voir avec leur garrot tranchant, leur dos de mulet , leurs hanches saillantes, leur croupe anguleuse, on les prendrait, comme le dit M. Groënier, pour le rebut et la lie des autres races équestres ; et cependant aucun cheval dans ces autres races n’a autant d'énergie, aucun n’est capable de souffrir de plus grandes fatigues ou de plus longues abstinences. C’est que la force de contraction musculaire dépend de deux facteurs : de l’état du muscle d’abord, dont la saillie extérieureest l'expression, et de l'influence nerveuse, pour laquelle il n'existe pas de mesure, et dont lintensité ne peut être jugée que par les effets qu'elle produit; influence telle quelquefois « que les muscles les plus grêles du cheval le »plus faible peuvent surpasser en énergie ceux »de l'animal le plus vigoureux, considéré dans »l’état ordinaire. »

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