‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 171 sur 467 · I. De la hanche · texte numérisé non relu

I. De la hanche

La hanche, première région du membre postérieur, a pour base l’ilium, rayon osseux qui, par sa direction oblique, inverse de celle du scapulum, complète en arrière, comme cet os en avant, l’espèce de voûte fermée en haut par la tige des vertèbres. Environnée par la croupe, la fesse et la cuisse, la hanche est d’une circonscription extérieure assez difficile, parce que les grands muscles qui recouvrent les bases osseuses de ces régions effacent les démarcations tranchées du squelette. Vulgairement on ne comprend sous le nom de hanche que la région qui a pour base l’angle externe de l’ilium; mais si l’on veut conserver en extérieur la division fondée sur les analogies de forme et de position que présentent entre elles les régions correspondantes des membres antérieurs etpostérieurs, on voit que celte limitation est trop bornée.

La beauté de la hanche réside, comme celle de toutes les régions musculaires, dans le développement des bases charnues qui efface la saillie trop grande de son angle externe.

On attache à cette saillie une idée de défectuosité fondée sans doute sur les analogies de forme qu’elle établit entre les animaux qui la présentent et les chevaux vieux et uses chez lesquels les muscles émaciés laissent le squelette se dessiner sous la peau. On a coutume d’appeler cornus, les chevaux chez lesquels cette défectuosité se fait observer; du reste, elle ne choque que la vue. Certains chevaux de race, tels que les anglais et les barbes, la présentent fréquemment, et elle n’est en rien préjudiciable chez eux aux services que l’on en retire.

On dit qu’un cheval est épointé où éhanche lorsque l’un des angles de la hanche fracturé par un coup où un heurt ne se trouve plus sur la même ligne que l’autre. Cet accident n’est grave qu'autant qu'il entraine une claudication permanente.

La Jesse, située au-dessous de la croupe et en arrière de la cuisse, régions avec lesquelles elle-se confond, a pour base l'angle postérieur de l’ischion et les grands muscles qui s'étendent de l’épine sus-sacrée jusqu’au tibia. Sa beauté est celle de toutes les régions charnues. Dans les chevaux fins, les museles au côté externe sont séparés par un interstice qui atteste leur grand développement.

C’est à cel interstice creusé par le temps dans les vieux animaux, que l’on donne le nom assez pittoresque de rate de misère, car alors il est un témoignage de leur maigreur et de leur épuisement. Chez certains £hevaux de race, tels que les espagnols et les navarrins, la fesse ne tombe pas verticalement sur le tibia ; elle est obliquement dirigée en avant, ce qui fait paraître saillant en arrière l'angle ischial qui lui sert de base. Cette conformation, défavorable peut-être à l'étendue des contractions musculaires, ne préjudicie pas au ser-

vice de ces animaux, plutôt propres, comme nous l'avons dit, aux allures trides et cadencées du manége qu'à la rapidité de la course.

La fesse peut étre tarée par l'application des sétons.

De la cuisse. Comme la hanche et la fesse

ui la bornent en haut et en bas, la cuisse est

‘une circonscription difficile; basée sur le fémur et la masse musculaire qui l'entoure, cette région est Ja première du membre postérieur qui se détache du corps, mais avec des démarcations encore peu tranchées; on Jui reconnait cependant deux faces : l’une irterne, revêtue d'une peau fine dont les poils soyeux et rares ont ordinairement une teinte plus claire que la robe, forme un plan presque vertical que l’on appelle £e plat de la cuisse; c’est sur elle que rampe une partie de la veine saphène : l’autre face extérieure présente le relief des muscles fémoraux.

Dans cette région, comme dans toute autre, l'excès de volume qui nuit à la rapidité des allures du cheval de selle, est une beauté à rechercher dans le cheval de trait. On exprimait autrefois d’une manière assez bizarre que la cuisse était bien ou mal conformée en disant qu’elle était bien ou mal gégotée. Lorsau'elle était trop volumineuse, on disait qu'elle était chargée de cuisine.

Le grasset, situé en avant de l'angle de réunion de la cuisse avec la jambe, a pour base la rotule, l'insertion des muscles rotuliens, et les ligamens qui transmettent leur action au bia. La beauté de celte région, comme celle du coude, dépend de sa position qui doit ètre un indice de la bonne ou mauvaise direction des membres. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons exposé à ce sujet dans le membre antérieur.

Le grasset peut avoir été taré par l’application du feu, dont l'emploi est réclamé le plus souvent dans le cas de luxation de la rotule ou de distension de ses ligaments.

La jambe, le premier rayon du membre postérieur qui paraisse détaché du corps, a pour base le tibia et les muscles qui l’entourent. Elle est bornée supérieurement par le grasset, la cuisse et la fesse, en bas par le jarret. Considérée dans les chevaux énergiques, comme l’avant-bras, auquel elle correspond, la jambe est musculeuse et d’une forme à peu pres pyramidale. La corde tendineuse, large, épaisse, développée, témoigne par son éloignement de la face postérieure du tibia, des grandes dimensions du prolongement calcanéen.

Quant à sa longueur, elle est, comme celle de l'avant-bras, en raison inverse de celle du canon, variable conséquemment dans les chevaux suivant que par leur conformation ils sont propres aux allures rapides ou lentes. Nous ne reviendrons pas sur ies considérations que nous avons exposées à l’article de l’avant-bras. Elles reçoivent ici la même application.

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