‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 182 sur 467 · LIV. lil · texte numérisé non relu

LIV. lil

bourret devient doublor, et la bourrette, doublonne.

C’est à cette époque encore que le mâle prend le nom de taureau, qu’il conserve tant qu'il n’est pas privé des organes de la généra- Uon.

De deux ans et demi à trois ans (fig. 129), éruption des deux premières mitoyennes; le doublon devient terson, et la doublonne tersonne.

De trois ans et demi à quatre ans (fig. 130), éruption des secondes mitoyennes; le terson devient quarteron, et la tersonne prend le nom de vache.

De quatre uns et demi à cinq ans (fig. 131), éruption des coins de remplacement.

De cinq ans et demi à six ans (fig. 132), la rangée incisive parvient au rond; dans cet intervalle, le rasement du bord tranchant des pinces a lieu, et ces dents sont plus basses que les premières mitoyennes, qui les débordent de plus d’une ligne.

Six ans, le nivellement de l’avale des pinces est déjà très-avancé, celui des premières mitoyennes commence.

De six ans et demi à sept ans, xasement des premières mitoyennes; nivellement des deux tiers de l’avale de ces dents; la table des pinces est sur le point d’être nivelée.

De sept et demi à huit ans, rasement des secondes mitoyennes; nivellement complet des pinces, très-avancé des premières mitoyennes.

De huit a neuf ans, rasement des coins et nivellement dés deux tiers de leur avale; la table des pinces et des premières mitoyennes commence à présenter une concavité qui correspond à la convexité du bourrelet.

De dix à onze ans (fig. 133 ), forme carrée de l'étoile dentaire, entourée d’une bordure blanche sur la table des.pinces et des mitoyennes ; nivellement des coins; l’arcade incisive est au ras.

De onze à douze ans, forme carrée de l’étoile dentaire sur toutes les dents; la concavité de la table est plus prononcée; écartement des incisives.

De douze a quatorze ans, rondeur de l’étoile dentaire ; l'usure se prolonge vers le bord interne de la table dentaire dans les pinces.

De quatorze à dix-sept ans, la table dentaire affecte par l'usure, dans les mitoyennes, la même forme que dans les pinces; la dent commence, dans cette période, à devenir triangulaire.

A dix-sept ans (fig. 134), toute la partie libre de la dent est tout à fait usée, il ne reste plus alors que des racines dentaires qui constituent des chicots ou tronçons courts, jaunàtres, arrondis ettrès-écartés les uns des autres. L'usure des dents du bœuf ne suit pas toujours une marche aussi régulière; il y a, dans cet animal comme dans le cheval, quelques aberrations dentaires qui demandent une rectification ; ainsi, les bœufs dont les dents sont plus relevées, plus verticales que dans l’état ordinaire, n’usent que du bout des dents, en sorte que le nivellement de l’avale ne s’effectue, chez eux, que longtemps après que toutes les dents sont arrivées au ras. Cette espèce de béguité se rectifie en rendant, par la pensée, aux dents leur direction normale, et çaicu-

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lant; par l'étendue de la surface de rasement, celle que devrait avoir la tabie de nivellement. Nous devons observer ici, comme pour les dents caduques, qu’une des causes de variation dans le mode d'usure des incisives réside, pour les difiérens animaux, dans leur mode d'alimentation ; qu'ainsi, les animaux nourris à l’étable avec des fourrages tendres retardent constamment, et paraissent, à l'inspection des dents, plus jeunes qu’ils ne sont réellement; tandis qu’au contraire les bêtes envoyées au pâturage dans les bois, sur les prairies sablonneuses, usent beaucoup plus rapidement, et marquent toujours plus d'années qu’elles n’en ont. Cette observation doit être prise en grande considération dans l’évaluation de l'âge d'un animal.

A la dernière période de la vie, l'usure ne s'effectue pas toujours régulièrement; tantôt les incisives droites usent plus vite que les gauches, ou vice versé. Dans certains animaux, les dents usent beaucoup du côté interne, tandis que le bord antérieur devient trèstranchant et se déprime peu, en sorte que, par le frottement, la dent affecte une forme un peu analogue à celle qu’elle avait dans l’âge adulte ; mais il ne peut y avoir de confusion, car les dents, ainsi avalanties par l'usure, ne sont pas cannelées sur leur surface de frottement, ni revêtues d’émail, et elles offrent, dans leur milieu, l'étoile dentaire allongée dans le sens de l’obliquité de la table. Toutefois, comme l’arcade incisive, ainsi usée, conserve par devant et en dehors une hauteur qui en impose et annonce bien moins d'années que lanimal n’en a réellement, on se rectifie en retranchant par la pensée la moitié de la longueur de Ja table, et supposant la dent usée de toute cette moitié, on évaluera ainsi la hauteur juste qu’elle devrait avoir si l’usure eût été régulière.

B. Connaissance de l’âge du bœuf par l'inspection de ses cornes.

Les cornes frontales, fixéessymétriquement de chaque côté de la tête, ont la même forme extérieure, et ne présentent de différences entre elles que par suite de cas fortuits.

Elles ne se développent qu'après la naissance, croissent rapidement jusqu’à un certain âge, et acquièrent une longueur variable suivant les races et l’état d’intégrité de l'appareil reproducteur ; ainsi les bœufs de la Romagne et de la Hongrie sont ceux qui portent les plus belles cornes. Dans les taureaux, ces instrumens de défense sont d’une teinte luisante et d’une médiocre longueur; après la castration ils perdent jeur luisant et prennent un grand développement, s’allongent et se contournent ‘en haut, et acquièrent d'autant plus de longueur que l’animal a été châtré plus jeune.

Organisation et mode d’accroissement des cornes. Chaque corne a pour base un prolongement osseux appelé cheville où support, revêtu d'un tissu vasculaire qui joue par rapport à elle le rôle que remplit, par rapport au sabot du pied dans le cheval, le tissu pododophyleux (voir art. Ferrure). Elle représente, lorsqu’elle est détachée de sa cheville, une longue tige creuse et conique, formée par l’assemblage d’une succession de cornets emboités

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