‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 196 sur 467 · EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

EXTÉRIEURE

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l'équilibre par le déplacement du centre de gravité; c’est dans ce déplacement, qui s’effeclue par l’action concertée des muscles et du balancier, que représentent la tête et l’encolure, que consiste ce que l’on appelle la préparation à un mouvement.

Admettons donc que, sous cette double influence, le corps ait été tellement déplacé de sa position d'équilibre sur les quatre membres que sa ligne de gravitation tombe en dehors de la base de soutien ; trop dérangé alors de sa position première pour pouvoir y revenir par une oscillation, comme dans la ruâde ou le cabré, il va tendre à s'en éloigner de plus en plus, jusqu’à ce qu'il en ait trouvé une nouvelle : ou, en d’autres termes, l’appui lui manquant, il est menacé d’une chute qui aurait leu infailliblement s'il n’était arrêté dans sa tendanceau mouvement vers la terre,par les colonnes de soutien qui viennent lui offrir unnouveau point d'appui; car instinctivement, l’animal voisin de sa chute porte ses membres en avant pour étayer son corps qui chancelle.C'est en provoquant dans les animaux, dit BourGr- LAT, « cette crainte naturelle ou ce sentiment, » dont ils sont tout à coup et machinalement » saisis lorsqu'ils sont menacés d’une chute, »que la nature a sollicité en eux l'exécution des » mouvemens progressifs quisonttoult à fait au- » tomatiques et d'autant plus rapides que l’im- » minerce de la chute est plus grande. » Il est donc vrai de dire, en thèse générale, que Z'ënstabilité de l'équilibre dans les allures doit étre prise pour mesure de leur vitesse.

Que si nous admettons, par exemple, que le corps lentement déplacé de sa position d’équilibre ait toujours une base assez large pour que sa chute ne soit quelentement menaçante.

le mouvement, dans ce cas, devra étre peu ra-

pide, car les colonnes de soutien ne se succéderont qu’avec lenteur pour lui offrir une base nouvelle ; que si au contraire le centre de gravité se trouve toujours maintenu vacillant sur une base étroite, il faudra nécessairement, pour s'opposer à sa chute, que la succession de ses colonnes de soutien, prompte et vive, et instantanée, renouvelle sans cesse la base de sustentation, qui toujours elle-même, trop étroite, en nécessite sans cesse une nouvelle, et toujours ainsi. M. RICHERAND exprime assez ingénieusement cette succession des colonnes de soutien, en disant « qu’il en est du » poids du corps, relativement aux membres, » comme de celui d’un char qui passe succes- » sivement sur les différens rayons de ses » Fous, »

1o De La station.

La station, position dans laquelle l’animal reste debout sur ses quatre pieds, peut être considérée, dit M. Girarp, comme un état actif d'’immobilité, car elle exige toujours certains efforts musculaires ; 1l faut, en effet, dans cet état, que l’action concertée du poids du corps et des muscles fléchisseurs, qui tend sans cesse à faire fléchir les articulations, soit combattue et neutralisée par la contraction puissante des extenseurs : 1l faut conséquemment une action permanente de la part de ces muscles dans les différentes colonnes qui participent au soutien. Or, le nombre de ces colonnes d'appui varie suivant que la station est libre ou forcée ; lorsqu'elle est libre, c’est-àdire que le cheval, sans contrainte, abandonné à lui-même, peut prendre la position que lui commande son instinct, et la varier suivant sa volonté, il est rare que les quatre membres à la fois supportent le poids du corps. Tantôt en effet ilest en équilibre sur trois seulement, et le quatrième reste à moitié fléchi : tantôt il est soutenu par un seul bipède diagonal, tandis que l’autre est dans cet état de demi-flexion que l’on peut considérer comme le point moyen entre l'extrême extension et l'extrême flexion, ces deux bornes des mouvemens de toute partie mobile de la charpente animale; or, ce point moyen est, comme l’observe Bichat, le point de repos de la partie mobile.

Quand elle s’y trouve,les muscles antagonistes sont dans leur état naturel; dès qu’elle le franchit, les uns sont tendus, les autres contractés. La disposition osseuse de chaque articulation est accommodée à ce phénomène ; toute espèce de rapport entre les surfaces articulaires, autre que cette position moyenne, présente un état forcé, où certains ligamens sont nécessairement plus tiraillés que les autres; c'est parce que l’état d'extrême extension des membres qui, dans la station, participent au soulien,devient pénible pour l’animal,qu'insunctivement,tantôtil soustraittourà tour l’un ou l’autre membre au poids de son corps; tantôt il décharge tour à tour l'un ou l’autre bipède diagonal, afin que les membres, ainsi soulagés, puissent occuper pendant quelque temps celte position de repos, où la sensibilité d'aucun des organes n’est mise en jeu.

On conçoit, d'après cela, pourquoi la station forcée n’est pas une position longtemps tenable ; cet état, en effet, où le poids du corps se trouve régulièrement réparti sur les quatre

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