‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 205 sur 467 · DE CE QU'IL CONVIENT DE FAIRE AVANT LES OPERATIONS · texte numérisé non relu

DE CE QU'IL CONVIENT DE FAIRE AVANT LES OPERATIONS

ne l’'emplôie-t-on jamais sur des chevaux distingués. Quand je cheval qu’on opère est méchant, et qu’il est prudent que l’aide chargé de tenir le tord-nez soit hors de l’atteinte de ses pieds, on se sert d’un tord-nez dont le bâton a de 3 à 4 pieds delong. Cette longueur de bàtou à en outre l'avantage de permettre à l’aide de levertrès-haut la tête de l’animal pour l’empêcher de ruer et de frapper avec ses pieds de derrière.

Dans le cas où on n’aurait pas sous sa main un iord-nez tout confectiongé, on trouverait facilement dans une ferme le moyen d’en improviser un aussi efficace. Il suffit d'un bout de petit cordeau ou de grosse ficelle dont on réunit les deux bouts par un nœud, de manière à représenter une anse de 3 ou 4 pouces de diamètre. On engage la main gauche dans celte anse, on saisit le bout du nez, sur lequel on fait glisser la corde, puis, avec une dent de herse, ou une branche de fagot de la même longueur qu'on introduitentre le bout du nez et l’anse de corde, on serre comme avec un garrot.

2° Les morailles. On appelle ainsi une espèce de compas en bois ou en fer, dont les branches, entre lesquelles on saisit le bout du nez, ont environ un pied de long, et peuvent être serrées et plus où moins fortement rapprochées par une corde, ou, sur celles en fer, par un anneau oblong fixé à une des branches et glissant sur une crémaillère graduée pra-

tiquée sur le bord externe de l'extrémité de l’autre branche (fg. 154). Cesinstrumens pou- Fig. 154.

vant être toujours et avantageusement remplacés par les tord-nez, je n'insisterai pas plus long-temps sur leur forme et leur emploi.

3° Mors d'Allemagne. il consiste en une corde de la grosseur du doigt (au besoin on se sert d’une petite longe), qu'on engage dans la bouche par son milieu, en l’appuyant contre la commissure des lèvres, et dont les extrémités, remontant le long des joues, viennent se réunir sur la nuque par un nœud droit. On passe ensuite un morceau de bois de la grosseur du pouce au moins, entre l’une des joues et cette corde, et on fait faire à ce bâton, de-

venu un véritable garrot,autant de tours qu’on le juge nécessaire à la douleur qu’on veut produire. L'effet de ce garrot est de remonter la commissure des lèvres vers les dents molaires supérieures, et de les en rapprocher d’autant plus qu’on le serre davantage (fig. 155). Ce

Fig. 155.

moyen de torture est très-puissant; mais si on emploie trop souvent, ou si on force son action, il a l'inconvénient de renverser les lèvres à leur commissure, et de produire ce qu'on appelle en extérieur les chevaux débouches.

4° Enfin, il est tels chevaux qui résistent à l’emploi de l’un des moyens que je viens d’indiquer, et qu'il suffit de gratter, soit sur l’encolure, soit sur toute autre partie du corps où ils pourraient éprouver quelque demangeaison, pour en obtenir de la tranquillité pendant la durée d’une opération peu douloureuse.

$ Il. — Moyens de contenir les animaux dans l’espèce bovine.

Beaucoup de taureaux acquièrent un caractère féroce, même avant d’être parvenu à leur complet accroissement; beaucoup de bœufs, assez faciles à dompter lorsqu'on les attelle au moyen d’un joug, deviendraient plus difficiles à soumettre au travail, si on se servait de colliers; et, ainsi, deviennent nécessaires, pour maîtriser ces animaux, des moyens de répression dont il ne faut généralement user qu’àprès avoir employé la patience et la douceur.

M. Bella, directeur de l’Institut agricole de Grignon, emploie à cet effet un anneau de fer passé à travers la cloison du nez, cannelé dans toute son étendue, rivé par le moyen d’une goupille, et soutenue au-dessus du mufle de l'animal par uue têtière en cuir, avec son montant (Ag. 156).

Voici comnent on assujettit l'animal pour lui placer cet anneau, et comment on procède à l’opération : On passe autour des cornes une corde solide de la grosseur du doigt ou à peu pres, dont un des bouts longe ensuite le côté gauche de la tête du taureau; puis, l’introduisant dans sa bouche, on lui fait faire le tour de la mâchoire inferieure en demi-nœud; on

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