‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 209 sur 467 · OBJETS NÉCESSAIRES À L'EXÉCUTION D'UNE OPÉRATION · texte numérisé non relu

OBJETS NÉCESSAIRES À L'EXÉCUTION D'UNE OPÉRATION

animaux ont dans les muscles de l’encolure oblige aussi souvent, pour maintenir leur tête appliquée sur le lit, à se servir d’une longue traverse en bois, placée transversalement sur l’encolure, et maintenue à chacune de ses extrémités par un aide assez fort.

— Tous les cultivateurs connaissent trop bien la manière, fort simple du reste, de contenir les moutons, pour que je doive m’en occuper ici.

SECTION 11. — Objets nécessaires à l'exécution d’une opération.

Chaque opération exige, pour être pratiquée, l'emploi d’un ou de plusieurs instrumens dont l'usage et le besoin ont dû être prévus par l’opérateur. Il faut que ces instrumens, en nombre suffisant et en bon état, soient préparés d'avance par lui, et disposés de manière à ce qu'il les trouve à sa portée lorsqu il voudra s’en servir. Imdépendamment d’instrumens et pièces de pansement, il faut aussi, dans un grand nombre d'opérations, avoir auprès de soi de l’eau fraîche ou tiède, une éponge et des étoupes pour étancher le sang, et permettre à celui qui opère de bien distinguer les parties sur lesquelles il doit agir.

$ 1°.—Moyens d'arrêter les hémorragies résultant de la blessure des vaisseaux.

On nomme zémorragie, en chirurgie, tout écoulement de sang résultant de l’ouverture d'un on de plusieurs vaisseaux; écoulement assez fort et abondant pour gêner l’opérateur, affaiblir l’animal, et qui, si on l’abandonnait à lui-même ou aux moyens ordinaires de pansement, ne s’arrêterait pas ou ne s’arrêterait qu'au bout d'un temps trop long pour être sans danger.

Suivant qu'une artère ou une veine ont été ouvertes, le sang a des caractères différens. Dans l'hémorragie artérielle, le sang est d’un rouge vif, s'échappe avec force, par saccades, se coagule très-promptement. Dans l’hémorragie veineuse, il s'écoule en nappe plus ou moins abondante et continue, sui vant le nombre et le calibre des vaisseaux «ouverts; il est d’un rouge obscur et presque noir.—Que ce soit l’instrument de l'opera-

bois de 2 pieds à 2 pieds et demi de iong sur ? { teur pendant une opération, ou que ce soit uu

pouc. de diamètre,un peu plus largeàses extré- !

mités qui sont garnies chacune d'un entravon qui leur est attaché solidement. On embrasse avec un de ces entravons l’avant-bras du membre antérieur qui est en dessous, et avec l’autre, le haut du jarret du membre postérieur correspondant. De cette manière, celui de ces deux membres qui reste entravé arrête ou limite singulièrement les mouvemens de celui qu'on a été obligé de laisser libre.

On abat rarement les animaux de l'espèce bovine pour les opérer; cependant on les abat quelquefois. Dans ce cas, les moyens sont les mêmes que pour les chevaux; seulement, il faut avoir la précaution, quand on pe les abat pas sur un fumier, de préparer un lit de paille plus épais, afin de ne pas les exposer à s'écorner dans leur chute. La grande force que ces

corps vulnérant quelconque sur un animal en santé, qui aient produit une hémorragie, les moyens généraux de la reconnaitre et d'y remédier sont, à peu de choses près, les mêmes.

En géneral, il faut se hâter dans l'emploi des moyens propres à arrêter une hémorragie;et d'autant plus, que les vaisseaux ouverts sont plus gros, suritout quand ce sont des vaisseaux artériels; car le sang s'écoule plus vite dans ces deux circonstances; et, dans la dernière, la perte, à quantité égale, est bien plus préjudiciable à la santé et à la vie de animal.

Les moyens qui ont pour effet d'arrêter les hémorragies, s'appellent kémostatiques. Is sont assez nombreux; les plus efficaces sont ;

1° La cautérisation ;

2° La compression;

3° La Zgature. L

Quand les hémorragies sont légères et en nappe, on peut essayer : soit l'emploi des réfrigérans, comme l’eau très-froide, l'eau salée; en hiver, la neige et la glace pilée : soit l'emploi des astringens, comme les acides végétaux ou minéraux, le vinaigre, etc., les solutions d’alun ou de vitriol vert, l’eau fortement blanchie avec l'extrait de Saturne, etc. : soit l'emploi des absorbans qui sont ordinairement des substances spongieuses, telles que la charpie, les étoupes, l’amadou, l'éponge, les toiles d'araignées; ou pulvérulentes comme la colophane et généralement les substances résineuses : soit enfin les cathérétiques, tels que les poudres d’aiun calciné, de vitriol bleu, ou la pierre infernale. Mais, à part d’autres inconveniens , ces moyens ont surtout celui de ne pouvoir s'opposer qu'à des hémorragies peu abondantes et qui n’ont lieu que par des vaisseaux d’un très-petit diamètre. Je ne m’occuperai donc ici que des moyens les plus efficaces.

a. La cautérisation actuelle consiste dans l'application, sur la partie saignante, d’un fer chauffé à blanc. Tout morceau de fer dont la forme s’adaptera assez bien à celle du point à cautériser, pourra, au besoin, convenir à cette opération. Il résulte de cette cautérisation la formation instantanée à la surface de la plaie d’un charbon animal, qu'on nomme escarre, dont l'épaisseur, l’imperméabilité et l’'adhérence sur la partie, opposent un obstacle à la sortie ultérieure du sang. Pour faire usage de ce moyen, il faut étancher le sang qui inonde la plaie, et maintenir un tampon d’étoupe ou de linge fortement appuyé sur le point d’où le sang s'échappe, jusqu’au moment où un aide apporte le cautère chauffé à blanc. Alors, aussitôt que d’une main on soulève le tampon pour découvrir le point, de l’autre on y applique le cautère, qu’on appuie assez pour produire promptement une escarre. L'application du cautère ne &oit pas durer plus de 6 à 7 secondes après lesquelles on le retire. Si l’escarre formée par cette première cautérisation ne parait pas assez épaisse, on en fait une seconde, et même, s’il le faut, une troisième avec les mêmes précautions.

Il faut faire en sorte de ne toucher que le moins possible, avec le cautère, les parties de la plaie qui ne sont pas le siége de l’écoulement. Ce serait augmenter la douleur sans nécessité.

Le cautère actuel est un moyen hémostatique assez avantageux dans quelques cas particuliers. C’est presqne toujours lui qu'on emploie pour arrêter l’écoulement du sang à la suite de l’amputation de la queue. Cependant il serait insuffisant dans la blessure des gros vaisseaux, et il serait dangereux au voisinage d'organes sur lesquels son action pourrait devenir funeste.

b. La compression consiste dans la pression exercée sur Île trajet ou à l'extrémité des vaisseaux d’où le sang s'échappe, Elle a pour effet de s'opposer à la sortie du sang jusqu’à locclusion par cicatrisation des parois de ces vaisseaux On a recours à la compression, en cas d’hémorragie, lorsque les vaisseaux ouverts sont trop nombreux pour être tous liés, trop

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