‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 210 sur 467 · LIV. EI · texte numérisé non relu

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profonds pour pouvoir être saisis et liés, trop considérables pour qu’on puisse attendre de bons résultats de la cautérisation. Elle offre d'autant plus de chances de succès, que les vaisseaux soumis à la compression reposent sur des parties plus résistantes. Pour l’exercer. on applique successiveinent sur le point d’où le sang s'échappe, des paquets, d’étoupe mouillés qu’on superpose successivement en les maintenant fortement appuyés sur la surface saignante; et quand la plaie est bien remplie, on soutient cette étoupade, soit avec une bande circulaire, si la région où l'accident est arrivé est susceptible d’être entourée par une bande; soit au moyen d’une suture à bourdonnets, si la conformation de la partie rend l'emploi de la bande impossible. On seconde l’effet de la compression, en arrosant l’appareil d’eau froide pendant les quelques heures qui suivent son application. Pendant l'hiver, cet appareil doit rester au moins 2 ou 3 jours en place: pendant les chaleurs et surtout les chaleurs humides, il y aurait danger à le laisser plus de 24 heures. S'il arrivait cependant qu'on dût, à cause du volume du vaisseau ouvert, et de la continuation d’un léger suintement sanguin, le laisser plus longtemps, on devrait l’arroser fréquemment avec du chlorure de chaux liquide, pour prévenir la putréfaction du sang épanché, et ses dangereux effets sur léconomie.

c.La ligature est une opération qui consiste à appliquer un lien plus ou moins serré autour des vaisseaux ouverts pour y arrêter le cours du sang. C'est, sans contredit, le plus efficace et le plus sûr des moyens hémostatiques. Elle est employée avec le même avantage sur les petits et les gros vaisseaux. Seule elle peut être mise en usage avec sécurité sur ces derniers.

Pour lier les vaisseaux, on se sert de pinces dites azatomiques (fig. 168) pour les saisir, et de f£ls très-fort pour les lier. Pour faire la ligature d’un ou de plusieurs vaisseaux, il faut d abordétancher le sang qui,s’écoulant en plus ou moins grande abondance, recouvre l’ouverture. On distingue alors le point d’où le sang s'échappe, et quelquefois le vaisseau lui-même. On cherche aussitôt à le saisir avec le bec de la pince. Si on ne réussit pas à la première fois, on absorbe de nouveau tout le sang qui inonde encore la plaie, et on fait une seconde tentative, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu'onsoit parvenu à saisir le vaisseau. Quand on le tient solidement, on l’attire doucement à soi pour le faire saillir un peu à la surface de la plaie, et permettre à un aide de l’entourer avec un fil et de l’étreindre dans un nœud droit qu’il assure en le doublant. Si plusieurs vaisseaux ont été arrêtés, on procède ainsi et successivement pour chacun d’eux : après quoi on coupe les bouts de fils près du nœud, et on panse la plaie suivant l'indication.

Lorsque le vaisseau qui donne du sang est trop enfoncé dans les chairs pour qu’on puisse le saisir avec les pinces et l’attirer suffisamment à la surface de la plaie, on a besoin d’un autre instrument qu’on appelle aiguille à su-| ture. On plonge cette aiguille, qui est trèscourte et munie d’un fil, dans les parties.

molles qui entourent la surface, on la con- |

duit de manière à la contourner, on sort l’aiguille, on réunit les extrémités du fil par un nœud que l’on serre et dans lequei se trouve ainsi compris, avec le vaisseau, une partie des tissus au milieu duquel il est plongé. C'est pourquoi on appelle Ægature médiate cette ligature qui n’agit pas directement sur les parois du vaisseau. La première, dont j'ai déjà parlé, étant appliquée sur le vaisseau luimême, est dite l’gature immédiate.On conçoit facilement qu’il est nécessaire de serrer davantage une ligature, quand elle ne peut ètre appliquée que médiatement. à

Quelle que soit celle de ces deux ligatures qu’on ait mis en usage, il n’est pas nécessaire de la retirer. Si elles ont été bien faites et convenablement serrées, elles tomberont seules par l'effet de la suppuration, au bout d'un temps variable, et seulement après la cicatrisation du vaisseau.

Je le répète, ce que je viens de dire des moyens d'arrêter l'écoulement du sang, s’applique aussi bien aux hémorragies qui sont le résultat d’une opération qu’à celles qui surviennent à la suite d’un accident.

$ II. — Des pansemens.

La plupart des opérations ont produit sur les parlies où elles ont été pratiquées, une plaie plus ou moins étendue et profonde. Ces

laies, aussi bien que celles qui résultent de Ho accidentelles, exigent des soins particuliers jusqu'au moment de la guérison. Ces soins constituent ce qu’on appelle les pansemens.

Les pansemens, en chirurgie, ccnsistent donc dans l'application qu'on fait aux parties blessées des moyens propres à hâter leur guérison.

Le premier pansement qu’on applique sur une plaie, s'appelle le prenuer appareil. Poser ou lever le premier appareil, Cest procéder à l’application et à l'enlèvement du premier pansement.

Le but isolé ou simultané des pansemens est, daus les cas les plus simples, d’abriter les plaies du contact de l’air et des corps extérieurs; de les soustraire à l'influence des variations de température; d'absorber le pus, soit pour l’empêécher de salir ou altérer les parties environnantes sur lesquelles il s’écoulerait, soit pour prévenir son absorption. Dans des cas plus complexes, leur importance augmente : alors, ils ont pour effet, tantôt de calmer ou exciter les plaies, suivant les indications; tantôt d’en rapprocher ou écarter les bords; tantôt de les comprimer plus où moins fortement suivant le besoin, etc... De telle sorle que, à la suite de certaines opérations, la methode plus ou moins rationnelle qui préside aux pansemens a, sur la promptitude et la perfection de la guérison, une influence presque aussi grande que lopération ellemême. Quelques maladies de pied, et bon nombre de fractures, pourraient en fournir des exemples.

Ce simple aperçu de leur utilité suffit, assurément, pour mériter aux pansemens une importance que sont assez généralement loin de leur accorder les propriétaires de bestiaux.

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