‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 21 sur 467 · DES CHOUX · texte numérisé non relu

DES CHOUX

Rübe ; ital. Rutabaga), les Choux frisés du : Nord (Brassica oleracea fimbriata;angl.Scotch kale ; ïal. Cavolo riccio ou Ferza riccia), Vert, (angl. Green ; ital. Verde), et Pourpre (angl. purple ; ital. rosso), particulièrement les variétés à pied court; le Chou cavalier ou grand Chou à vaches ( Brassica oleracea procerior ; angl. Tall anjou kale ou Borecole; ital. Cavaliere); le Chou vert branchu ou Chou milletêtes du Poitou (Brassica oleracea ramosa ; angl. Thousand headed kale); le Caulet de Flandre ( Brassica oleracea belgica; angl.

Flemish purple Kale).

Tous sont loin probablement de présenter d’égales chances de succès. Nous donnerons à cet égard quelques aperçus fondés sur nos observations. — Les grands Choux verts, tels que le Chou cavalier, ont l'inconvénient de faire de trop fortes plantes; l’espacement considérable qu’elles exigent et le petit nombre que l’on en pourrait dès-lors placer sur un arpent, nous semblent laisser peu de chances que leur produit puisse égaler Aabrtuellement celui du colza. Ces choux, plantés en juin, s’effeuillent depuis le mois d'octobre jusqu’au commencement de mars; on les laisse ensuite ruonter pour les couper en avril ou les faire grainer; mais, quelque heureuse que puisse paraître cette dernière combinaison par suite de l’économie de main-d’œuvre, elle réussit assez rarement. — Le Chou, cultivé si avantageusement dans l'Ouest comme fourrage, outre l’inconvénient de geler assez facilement, surtout lorsqu'il tombe de la neige que le soleil fait fondre rapidement, a encore celui d’être très-sujet à cette sorte de brülure qu’on connaît sous le nom de brime. Dans beaucoup de localités, ses siliques et même ses feuilles se couvrent, peu avant l’époque de la maturité des graines, d’une foule de taches noires; aussi la récolte est-elle très-incertaine. — Nous l'avons vu de près de 30 hectolitres à l’hectare , et parfois de moins des.

Les Choux frisés du Nord, qui seraient précieux par leur rusticité, ont presque constamment les graines menues et malnourries.

Aussi, malgré quelques exceptions à cette règle, n’osons-nous en conseiller l’emploi.

En 1817, à Verrières , près Paris, uhe pièce de Rutabaga jaune a fourni de la graine sur le pied de 2,000 kilog. à l'hectare, sur une terre légère et qui n’est pas de première qualité. Ce produit est peu éloigné du maximuin de celui du colza sur les terres les plus riches. Mais le Rutabaga est sujet à pourrir du collet, et l’on n’en pourrait pas espérer habituellement des récoltes semblables. — Il ne resterait donc guère, dans notre opinion, queleChou à faucher et le Chou navet à racine enterrée qui pussent offrir des chañces de rivalité avec le colza.

Notre confrère SAGER&T avait créé des hybrides qui paraissaient fort intéressans. L’un de nous (M. ViLMORIN) en a essayé quelquesuns ; l’inconstance de leurs caractères et l’inégalité des plantes entre elles l'ont fait de bonne heure renoncer à leur culture.

Quoique ce que nous venons de dire soit peu propre à encourager la culture du chou en remplacement de celle du colza, nous ne pensons pas que les essais faits jusqu'ici

soient suffisans pour décider la question, et loin de découseiller d’en faire d'autres, nous les appelons au contraire de nos vœux, cet objet étant d’un intérèt et d'une utilité trèsréels.

SECTION um. — De la Navette.

La Navett:, comme le Colza, appartient à Ja famille des Cruciféres etau genre Brassica, mais elle fait partie des Navets. C'estle Brassica napus sylvestris des botanistes (en anglais confondue avec le colza sous le nom de Rape seed(1); all. Rübsamen; al. Rapetto). Ses feuilles, au lieu d’être lisses et glauques comme celles du colza et de la plupart des choux, sont au contraire rudes au toucher et d’un vert plus franc, comme celles des navets et des raves.

On connaît, eu égard à la durée de végétation de cette plante, deux variétés où races désignées l’une sous lenom de Navette d'hiver, l’autre sous celui de Navette de printemps ou quarantaine.

Si la Navette donne en général des produits moins abondans que le colza, elle est aussi moins exigeante que lui sur la qualité du sol et Les soins de culture. Elle se contente encore mieux d’une terre légère, graveleuse même, pour peu qu'elle soit suffisamment fumée.

La Navette d’hiver se sème toujours à la vode et à demeure ; au moins ne l’avons-nous jamais vue cultivée enrayons, parce que sans doute on ne juge à propos d’accorder cette culture soignée qu’à d’excellentes terres, et qu'alors on préfère le colza. Nous pensons toutefois que cette méthode pourrait lui être appliquée avec avantage.

L'époque du semis est de la fin de juillet au commencement de septembre ; dans quelques cantons cependant on sème dès le mois de mars dans les avoines, ou bien à la Saint- Jean avec les sarrasins. A l'automne, ou, à défaut, au printemps suivant, on doit éclaircir et, pour le mieux, biner la navette ; l'éclaircissage à l’extirpateur, conseillé par M. px DomgasLe pour les colzas semés à la volée, est parfaitement applicable à cette plante.

La récolte a lieu de juin à juillet dans le centre de la France; plus Lôtou plus tard, selon qu’on s'éloigne de ce point vers le sud ou vers le nord. Elle se fait en tout comme celle du colza.

La Navette de printemps se plait surtout dans les terres légères, sablonneuses et surtout calcaires. Sur les bons fonds.des pays de

laines dont l’assolement est bien combiné, il n’y a presque jamais avantage à semer cette variété, parce qu'elle manque très-souvent, donne des récoltes inférieures, et qu’on peut la suppléer par des cultures plus productives et plus certaines ; mais il n’en est pas demême dans les pays de calcaire argileux très-élevés,

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