‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 22 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

où les nuages peuvent entretenir une humidité suffisante pendant l'été; là, dit Bosc, qui a élé à même de suivre la culture de cette plante en de telles localités, elle est aussi et même plus productive que la navette d'hiver.

Du reste, c’est principalement lorsqu'une autre culture a manqué par suite des intempéries de l'hiver, qu'il est avantageux de la remplacer par de la Navette d’été, qui peut se semer jusqu’à la fin de juin et qui n’occupe le sol qu'environ deux mois.

La quantité de semence est de 7 à 8 litres par hectare. — On sème ordinairement un peu moins dru la navette d'hiver.

La principale cause de destruction de la navetle, pendant sa jeunesse, est l’Altise bleue, et,aux approches de la maturité, les oiseaux nombreux qui recherchent ses graines avec avidité.

Le produit moyen d’un hectare de colza, semé à la volée, étant de 18 hectolitres, dans des circonstances relativement semblables on a évalué celui d’une pareille étendue de navelte d'hiver à 16 hectolitres seulement et celui d’un hectare de navette de printemps à 12.

La graine de navette donne un dixième environ d'huile de moins que celle de colza.

Vizmorin et O. LECLERC-THouin.

SECTION 1V.— De la Caméline.

La Cameline (Myagrum sativum; angl. Gold of pleasure ; all. Lein dotter, Flachs dotter ; it. 4lisso commune) (fig. 4), appartient à la

Fig. 4.

(1) On peut s’étonner que les Anglais n’aient pas deux noms distincts pour la navette et le colza, et leur appliquent indifféremment ceux de Rape et de Cole-seed qui, pour eux, sont synonymes. On voit même, par les écrits de leurs meilleurs agronomes, qu'ils confondent les deux plantes ; M. LOUDON est le seul, à ma connaissance, qui ait indiqué quelque différence entre elles, mais d'une manière vague et sans donner à chacune un nom spécial. S’il était possible de substituer une nomenclature raisonnée à celle consacrée par l’usage, on la trouverait ici toute faite, seulement en séparant les deux synonymes ; car, en se basant sur l’étymologie, Rape (Rapa ) est un nom exact pour la navette, tandis que Cole-seed est précisément l’équivalent de colza ( Kohl-saat ), graine de chou, par inversion de

€hou-à-graine,

cxap. 1°. DE LA CAMELINE. 9

famille des Crucifères.— Elle est toujours plante jusqu’à la fin de juin et même au comannuelle. — Sa tige, cylindrique et trés-ra- mencement de juillet. Dans les fonds qui meuse, s'élève de 1 à 2 pieds(0% 325 à 0% 650). s’echauifent moins facilement, eu égard à la —Ses feuilles sont velues, alternes; les infé- rapidité moins grande de la végétation, il rieures oblongues et presque spatulées; les | convient de les commencer dès Je mois de caulinaires semi-amplexicaules, auriculéeset | mai. — La pratique du nord est à peu près ciliées sur les bords. — La fleur est jaune. | la même. | Kg

Cette plante, quenous considéronsicisous le Préalablement à cette opération, on a eu seulpoint de vue de laproduction de ses graines, | Soin de préparer le champ par un ou deux a cependant quelques autres usages: — ses | labours à la charrue et un égal nombre de tiges sont employées dans diverses localités | hersages, ou par un seul labour d'automne pour couvrir les maisons; — dans beaucoup | et une ou deux cultures à l’extirpateur aux d’autres pour chauffer le four; — on a pu en approches du moment des semailles. tirer une filasse de médiocre qualité; — en- Or sème la caméline à la volée à ralson de fin,on les a recommandées depuis long-temps | 4 à 5 kilogrammes et souvent moins à l’hecpour la fabrication du papier commun. |tare, à cause de la grande finesse de la

Indépendamment de l'espèce ordinaire, il | graine. — Aux environs d'Amiens, d’après en existe une autre connue depuis quelques | M. DE SAVEUSE, on ne répand qu’une pinte années en France sous le nom de Caméline | de cette graine au journal, c’est-à-dire les majeure, dont nous aurons occasion de par- | deux tiers de moins que pour un semis à deler à la fin de cet article. meure de colza d'hiver.

La Cameéline partage avec la navette d'été Le seul soin qu'on accorde à la caméline l'avantage d’être un des végétaux oléagineux aprés qu’elle est levée, c’est de l’éclaircir de qui occupent le moins long-temps le sol. Elle | manière que chaque pied se trouve à la dispeut se semer plus tard avec d'autant plus | tance de 6 pouces (0% 162) au moins de son de chances de succès qu’elle n’exige pas des | voisin.—On détruit en même temps les maupluies fréquentes, qualité bien précieuse | vaises herbes qui pourraient entraver sa dans les années où les récoltes d'automne | croissance. 4 ou de printemps ont été détruites. Aussien | Nous devons ajouter encore, d’après l’exfait-on grand cas en divers lieux pour rem- | périence de M. pe Domsasce, que l’époque placer les lins, les colzas, les pavots, et, dans | de la maturité de la graine de caméline étant des cas heureusement moins fréquens, les | la même que celle de la moutarde blanche, blés qui ont péri par suite du froid, de la | lorsqu'elles ont été semées en même temps, grèle ou des inondations. il y a un grand avantage à les semer ensem-

La Caméline, qui aime de préférence les sols | ble sur le même terrain. Le produit est de légers, peut croître passablement bien dans | cette sorte beaucoup plus abondant que si les terres à seigle de médiocre qualité et de | on les avait semées à part, et la graine méfaible profondeur. De toutes les plantes oléa- | langée, qu'il serait d'ailleurs facile de sépagineuses, c’est peut-être celle dont la culture | rer par le criblage, ne perd rien desa valeur est la moins limitée pour le choix du terrain. | pour la fabrication de l'huile,

— On peut dire, avec un habile cultivateur La récolte de la Caméline ne diffère en rien dela Flandre, qu’elle vient partout et qu’elle | de celle du colza. — Dans quelques contrées y vient avec succès, pour peu qu'on lui ac- | on l’arrache au lieu de la fauciller.

corde les soins de cullure et les engrais né- En des circonstances ordinaires Le produit cessaires. de cette plante a été évalué à 15! hectolitres

On lui a reconnu d’ailleurs des avantages | à l'hectare.— Il est à remarquer que dans d'un autre genre qui ne sont pas à dédaigner: | les mêmes circonstances, lorsqu'on la culle premier, c’est qu’elle est à l’abri des altises, | tive simultanément avec la moutarde blanqui attaquent, comme nous l'avons déjà dit, | che, on obtient de la même étendue, terme presque toutes les plantes de la famille des | moyen, de 17 à 18 hectolitres. crucifères dans leur jeunesse; et des pucerons M. Gaugac, sur 875 kilog. de graines de (Aphis), qui se multiplient parfois tellement | caméline, produit de 40 ares, a obtenu 238 à l’époque de la floraison, qu'ils diminuent | kilog. d'huile et630 kilog. de tourteaux. sensiblement les récoltes de colza et de na- L'huile de caméline est très-bonne à brüvelte; — le second, c’est, d’après M. ne Dow- | ler; elle a même moins d’odeur et donne BASLE, qu'il est possible d'obtenir une récolte | moins de fumée que celle de colza, à laquelle dérobée de carottes où un fort beau trèfle | elle est inférieure sous les autres rapports. après la caméline (1). La Caméline majeure a les graines plus

Vers le centre de la France, sur des sols | grosses, plus abondantes en huile que celles précoces, on diffère parfois les semis de cette | de l'espèce commune, ce qui avait faitespérer

(D) « J'avais employé par hectare 5 livres de graines de carottes qui avaient été répandues à Ja volée en même temps que la graine de plantes à huile. Au moment de la récolte de ces dernières, les carottes étaient assez belles, à la réserve de quelques sillons où elles étaient fort claires. J'en ai fait sarcler une partieen arracbant les herbes à la main ; comme l'ouvrage était coûteux à cause du grand nombre de mauvaises herbes, je me suis contenté de faire herser fortement et à plusieurs reprises le reste avec une herse de fer fort pesante. Les carottes n’ont pas souffert de cette,opération; mais elles ont pris peu d’accroissement, parce que la terre n’était pas suffisamment nettoyée. Celles qui avaient été sarclées à la main, au contraire, ont donné une récolte satisfaisante et équivalente à moitié d’une récolte de carottes cultivées seules. — J’ajouterai que j'ai semé dans la même année beaucoup de trèfle dans de la caméline, ainsi que dans du colza de printemps et de la moutarde blanche.

U est venu beaucoup plus beau qne celui qui a été semé dans des céréales. » (Mem. de la Soc. roy. d'agriculture.)

à M. BourLer qu’elle pourrait la remplacer avec avantage. Mais des essais comparatifs de l’une et de l’autre, dont l’un de nous a rendu compte à la Société d'encouragement, ont fait reconnaitre qu’à Lerrain égal elle produisait beaucoup moins de graine que l’espèce ordinaire; il est donc douteux que sa culture puisse présenter quelques avantages.

Vizmorin et O. LEGLERC-THOUIN.

SECTION V. — De la Moutarde blanche et noire.

Ces deux plantes, du genre Sinapis, appartiennent à la famille des Crucifères comme

toutes les précédentes. Elles sont annuelles. — La première (Szapis alba; angl. White mustard; all. Weisser senf; it. Senape bianco) (fig. 5), a les tiges velues, rameuses, hautes

Fic. où

de 1 à 2 pieds; —les feuilles pétiolées, ailées, a lobe terminal dentelé; — les fleurs d’un jaune très-pâle ; — les rique velues; — les graines plus grosses que celles de la moutarde noire et d’un blanc jaunûâtre.

Cette espece est un peu moins difficile sur le choix du terrain que la moutarde noire.

— Cependant, pour donner un produit abondant , elle exige une terre riche et ameublie par une bonne culture préparatoire.

On sème la moutarde blanche ordinairement un peu plus tard que le sézeveé ou moutarde noire, c’est-à-dire vers le commencement d'avril, sur 2 ou 3 labours à la charrue età l’extirpateur, et après une bonne fnmure, tantôt à la volée, tantôt en rayons. — Dans le premier cas on met 6 à 7 kilog. de graines par hectare; — dans le second, seulement 4 ou 5.

Aprés ur semis à la volée, on se contente d’éclaircir et de biner une fois. — Aprés Le semis en rayons, on donne ordinairement 2 binages à la houe-à-cheval, ainsi que nous l'avons dit pour le colza.

La Moutarde noire (Sinapis nigra; angl.

Page 1