‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 212 sur 467 · DES PANSEMENS · texte numérisé non relu

DES PANSEMENS

plaie, en les humectant et grattant doucement avec le bord de la sonde à spatule. Puis on Ôte les plumasseaux successivement et avec précaution. pour ne rien arracher.

L'aspect des plaies simples varie suivant le temps écoulé depuis la pose de l'appareil : au bout de vingt-quatre où de quarante-huit heures, leur surface est d’un rouge violacé et légèrement saignante, il n’y a pas encore de pus. Il faut bien se garder de les laver, car l'eau tiède exerce sur les plaies une action nuisible; il faut se contenter de pomper le sang ou le pus qui les recouvrent avec une éponge, un linge ou de l'étoupe, mais sans frotter ni laver. On agit ensuite comme pour le premier appareil Si, comme cela arrive dans les temps chauds, la matière sécrétée par la plaie répand une odeur fétide, on humecte les premiers plumasseaux avec du chlorure de chaux liquide, et on renouvelle cette précaution à tous les pansemens, jusqu’à ce que l'odeur ait disparu. Si la inatiere est inodore, on se contente de recouvrir d’onguent digestif simple la portion d’étoupade en contact avec la plaie.

Lorsque la plaie est peu étendue et qu’elle est située dans une région où ne se passent pas de grands mouvemens et sans contact avec les harnais, on peut faire travailler l'animal après la levée du premier appareil. Dans l'été, les mouches attirées par le sang ou le pus tourmentent souvent l'animal; on l’en délivre en recouvrant la partie malade d’une toile, ou en frottant les bords de la plaie de térébenthine, d'huile de lin, ou d’une autre substance dont l'odeur éloigne ces insectes.

Au troisième pansement, qui se fait au bout de trois à quatre jours, et de Ja même manière que pour le deuxieme, le pus est ordinairement bien formé, à moins que l'animal, en se frottant, n'ait fait saigner la plaie; dans ce cas, après le pansement,on emploie un des moyens indiqués plus haut pour l’en empêcher.

Il est rare qu'on soit obligé de faire plus de quatre à cinq pansemens pour upe plaie simple. Dans tous les cas, lorsqu'on voit la plaie vermeille, grenue, presque superficielle, lorsque le pus qu’elle sécrète est blanc, épais, inodore, peu abondant, qu’elle se rétrécit chaque Jour, que ses bords se sèchent et se recouvrent d’une légère pellicule de cicatrice, il serait nuisible de maintenir l’étoupade : on se contente d’humecter la plaie avec un peu d'extrait de Saturne ou de teinture d’aloës, ou on la recouvre d’un peu de cerat saturné où d’étoupe hachée. Quand la partie blessée est en contact avec le harnais, il faut attendre plus longtemps avant de faire travailler l'animal; et, lorsqu'on l’a remis au travail, il faut disposer les harnais de manière à rendre la pression et les frottemens nuls ou très-doux.

Les plaies situées à la partie inférieure des membres étant souvent en contact avec des liquides plus ou moins irritans, demandent à être recouvertes plus longtemps.

$. Il. — Temps élémentaires des opérations.

A l'exception de la cautérisation, les opérations chirurgicales comportent dans leur exécution un ou plusieurs des trois temps qui suivent :

1° La piqûre, % Va ponction, 3° V'incision.

—-Certaines opérations consistent dans l’emploi d’un seul de ces temps : ilen est d'autres où il faut à la fois piquer, ponctuer et inciser. Je n'aurai point à m'occuper de ces dernières, la difficulté de leur exécution nécessitant toujours les connaissances et la main plus exercée d’un vétérinaire. Mais avant de traiter de celles des opérations dont nous aurons à nous occuper, entendons-nous bien d’abord sur la valeur chirurgicale des mots piqäre, ponction et zacision.

On appelle pigüre la pénétration, dans l'épaisseur des tissus, d’un instrument terminé par une pointe aiguë. Ainsi, lorsque dans la clavélisation on fait pénétrer l'aiguille cannelée ou la lancetle dans l'épaisseur de la peau, ou fait une piqüre. Les piqûres se pratiquent avec des aiguilles particulières ou la lancette.

On désigne sous le nom de poncrion une opération qui consiste à plonger un instrument piquant à travers les parties molles du corps jusque dans une cavité naturelle où accidentelle. Par exemple, l'ouverture du rumen disitendu par des gaz est une ponction, parce qu'on pénètre avec l'instrument dans la cavité naturelle que forme cet organe. L’ouverture de certains abcès est une ponction, parce qu'on pénètre avec l’instrument daus la cavité accidentelle dans laquelle le pus s’est accumuié. On fait les ponctions avec un béstourt droit, un trois-quarts ou la pointe d’un cautère chauffé à blanc. Je dirai les cas particuliers où l’un de ces instruments doit être preféré aux autres.

L'iéncision est une solution de continuité produite sur les tissus par un instrument tranchant. On pratique les incisions avec les bistouris ou les ciseaux.

Les béstouris dont on se sert le plus ordinairement sont droits (fig. 186) ou convexes sur tranchant (fig. 187), où boutonnés ( fig. 188).On préfère les bistouris droits lorsque l’instrument doit être enfoncé à une certaine profondeur dans les tissus avaut d’inciser. Dans toute autre circonstance, il est plus avantageux de se servir du bistouri convexe. On emploie le bistouri boutonné dans quelques opérations, comme la hernie étranglée.

La lame du bistouri ordinaire, jouant à pivot sur son manche, afin de pouvoir se fermer comme un couceau, mais n'élant pas pourvue, comine ce dermer, d'un ressort qui l'empêche de se fermer, il pourrait arriver que peudant qu'on ponctue ou qu’on incise, celle lame vint à se fermer, poussée par un effort de l’animal, et blessät l'opérateur. C’est pour éviter cet accident que, pour peu que les tissus soient résistants et l’auimal méchant, on arme le bistouri, c’est-à dire qu'on entoure de quelques fils ou filamens d étoupe la porlion du talon de la lame qui se trouve enclavée dans le manche. Cette simple précaution dispense de l’emploi des bistouris dits & ressorts où à coulisses.

Avant de faire une incision sur une partie du corps, on coupe avec des ciseaux les poils qui la recouvrent, et on tend la peau avec les doigts. A moins d'indications particulières, les incisions doivent être faites suivant l'axe des

parties sur lesquelles on les pratique. On évite | grai ; } à : petite P, sur fes animaux ou les parties dont la

ainsi le danger de couper en travers les mus-

LYV. III.

cles ou les gros vaisseaux et nerfs qui se trouvent dans ces parties. Cependant, ainsi que je viens de le dire, cette règle n’est pas sans exception : il est quelquefois nécessaire, pour faciliter l'opération, et plus tard pour permettre le libre écoulement du pus, de faire l’incision de haut en bas dans des régions où, d’après la règle que je viens d'établir, on aurait dû la faire d'avant en arrière.

Lorsqu'on incise les tissus pour les enlever, on dit qu’on fait une excision. On se sert souvent des ciseaux courbes sur plat pour faire ces excisions d'un seul coup, quand la base des tissus à extraire est assez circonscrite pour être embrassée par les lames des ciseaux.

C’est ainsi, par exemple, qu’on enlève les verrues ou poireaux à base étroite.

SECTION MI. — De la saignée.

On appelle saigrée, en chirurgie, une opération qui consiste à ouvrir un ou plusieurs vaisseaux pour extraire une certaine quantité du sang qu'ils contiennent.

Quand la saignée est pratiquée sur un gros vaisseau, elle est dite saignée générale. Elle est appelée saignée locale ]crsque l’on se borne à donner issueau sang contenu dans les vaisseaux capillaires d’une partie, soit par des #ouchetures, Soit par l'application des sangsues. Dans le premier cas, on agit sur tout le système circulatoire; dans le second, on dégorge principalement la partie où se pratique l'opération du sang qu’elle contient.

On dit aussi une grande où une petite saignée, suivant qu’on a tiré plus ou moins de la quantité moyenne de sang qu'on tire ordinairement à chaque animal.

À, De la saignée géuérale.

La saignée générale se pratique ordinairement sur une grosse veine superficielle. On ne saigne que très-rarement aux artères, parce qu'étant situées trop profondément, elles sont plus difficiles à atteindre, et que l'écoulement du sang y est plus difficile à arrêter.

Bien que cette opération ne présente généralement que très-peu de difficulté, elle est cependant quelquefois suivie d’accidens extrèmement graves, que certaines précautions dans son exécution peuvent rendre moins fréquers. Je ferai connaître ces précautions dans ce que j'ai à dire sur les règles à suivre dans la pratique de la saignée générale.

On saigne presque toujours les grands animaux avec un instrument appelé famme

La lancette (fig. 180) n’est guère employée que sur les veines d’un petit diamètre, ou qui rampent sur une base osseuse.

Il est inutile de donner ici une description de la flamme, nous nous bornerons à dire qu'un opérateur doit préférer celle dont l'étui où chässe renferme trois lames de différente grandeur : la plus grande de ces lames R pouvant servir sur les animaux dont les veines sont rendues plus profondes par le plus d'épaisseur de la peau ou de la couche de graisse sous-jacente; la moyenne en grandeur Q, pour les cas ordinaires; et la p

Page 1