‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 213 sur 467 · DE LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

DE LA SAIGNÉE

Fig. 178:

peau est très-fine. Les vétérinaires trouvent aussi plus de facilité à se servir des flammes dont la tige a 12 à 15 lignes de largeur, que de celles de plus petite dimension.

Les Zancettes ne diffèrent de celles dont on se sert en chirurgie humaine, que parce qu’elles sont plus grandes et plus fortes.

Quand on se sert de la flamme pour saigner, on doit être muni d’un bàtonnet d'environ 14 à 15 pouces de long sur au moins 1 pouce de diamètre, et autant que possible en bois dur. Ce bätonnet sert à frapper sur le dos de la tige pour faire pénétrer la lame dans le vaisseau qu'on veut ouvrir. Quelques opérateurs très-exercés ne se servent pas de bâtonnet, et frappent sur la flamme avec le bord cubital de la main qui ne tient pas cet instrument. QuanA on n’a pas une grande habitude de ce mode de saignée, l'emploi du bâtonnet est plus sûr.

Pour se dispenser de frapper sur la flamme, les Allemands ont imaginé une espèce de flamme dite à ressort, à cause du mécanisme par lequel elle se meut. Cette flamme, lorsqu’elle est montée, n’a besoin que d’être appliquée contre la veine à ouvrir : on lâche alors le ressort en appuyant sur une espèce de levier à crochet qui le tenait tendu, et la tige qui porte la lame n’étant plus retenue, lance celle-ci avec force et la fait pénétrer dans le vaisseau. Cet instrument, qui n'offre pour avantage que de dispenser de l'emploi du bàtounet, a plusieurs inconvéniens qui en ont fait rejeter l’usage par la plupart des vétérinaires francais.

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Indépendamment de la flamme et du bâtonnet, il est utile, avant de saigner, de se pourvoir d’un vase d’une capacité à peu près connue, pour recevoir le sang qui s'écoulera du vaisseau. De cette manière, on peut déterminer rigoureusement la quantité de sang que l’on extrait,et on a en outre l'avantage de pouvoir apprécier les caractères de ce liquide avant, pendant et après sa coagulation. ce qui n’est pas sans importance dans le HERO plusieurs maladies.

Il faut, en outre, avoir à sa disposition une forte épingle bien pointue, et du Æ/ ou une mèche de crins, pour arrêter la saignée quand on jugera suffisante la quantité de sang écoulée. Ordinairement on se sert d’une meche de sept à huit brins de crin qu’on arrache à la crinière du cheval, si c’est un cheval que l’on saigne. Nous verrons plus loin comment on se sert de cette épingle et de ce lien pour arrêter la saignée.

B. Manière de procéder à la saignée.

A moins d'urgence, l’animal à saigner doit être à la diète depuis au moins 5 à 6 heures.

$ IT. — De la saignée dans le cheval.

Les vétérinaires saignent le cheval :

1° À la jugulaire (veine du cou) (A fg.178),

2°A la saphéne (veine de la cuisse) (B g.178);

3° A la sous-cutanée antérieure (veine de l’ars) (A Jfg. 167 ):

4° A la sous-cutanée thoracique (veine de l'éperon) (D fig. 178);

5° A la sous-cutanée de l'avant-bras (C fig.

Mais la saignée n'étant guère pratiquée à ces trois derniers vaisseaux que dans des cas exceptionnels,que pour des raisons que ne pourraieul toujours apprécier les cultivateurs, nous D'indiquerons que les règles de la sajgnée à la jugulaire et à ia saphène.

1° Sargnée à la qugulaire.

La veine yuguaire rampe dans le fond de la gouttière qui longe de chaque côté le bord inférieur de l’encolure. Sa direction est parallèle à celle de cette gouttière. Dans toute l'étendue de son trajet sur cette région, elle n'est recouverte que par la peau et une couche musculaire sous-cutanée extrêmement mince.

Le sang, dans ce vaisseau, circule de haut en bas, c’est-à-dire de la tête vers la poitrine : il suffit donc de comprimer la jugulaire à la base de l’encolure, pour y arrêter la circulation du sang, la faire gonfler dans toute sa partie supérieure, et des lors la rendre aussi apparente que possible pour faciliter la saignée. Si on ne la voyait pas encore assez distinctement par le moyen de la seule compression, on ferait exécuter à la main qui comprime une succession de mouvemens de bas en haut, et les ondulations que ces mouvemens produiraient dans la colonne de sang qui distend la veine, en déterminant des soulèvemens saccadés sur son trajet, le feraient plus facilement reconnaitre. On s’aideencore dans cette recherche, en coupant les poils s'ils sont trop longs, ou en les mouillant pour les mieux coucher sur la peau.

Le cheval à saigner doit être conduit dans un endroit suffisamment éclairé pour permettre à l'opérateur de bien distinguer les parties. S'il peut marcher, on le conduit dehors; s’il ne le peut, ou si, par des raisons de prudence, on préfère le laisser dans l’écurie, on fait en sorte de placer le côté de l’eucolure où l’on veut saigner sousle jour d’une fenêtre ou d'une porte; si c’est le soir, ou la nuit, on se fait éclairer au moyen d’une lanterne. Le malade est maintenu par un bridon, où simplement par une lenge passée dans la bouche. La plupart des chevaux se laissant saigner sans se défendre, il est rare qu’on doive avoir recours à des moyens de contrainte ou de torture; seulement, pour éviter que l'animal, envoyant le mouvement que fera l'opérateur pour frapper sur la flamme, ne rejette brusquement la tête du côté opposé, et ne fasse manquer l’opération, on recommande à l’aide qui tient la tête de couvrir avec une de ses mains l’œil du côté du vaisseau à ouvrir. Une bride à œillère, un large bouchon de paille engagé sous le montant du licol, un tablier jeté sur la tête, peuvent, au besoin, remplacer la main de l’aide dans cette circonstance.

La tête doit être tenue droite et un peu relevée, de manière à ce que la jugulaire et la peau qui la recouvre soient légèrement tendues et mieux appliquées l’une contre l’autre. L'opérateur sort alors de l’étui celle des tiges de la flamme dont la lame lui paraît convenir à l'animal qu'il va saigner : il l’ouvre de manière à ce que le dos de la tige forme avec le ventre de l’étui un angle plus ou moins obtus. et

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