‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 216 sur 467 · LIV. ati · texte numérisé non relu

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de cette artère peut être occasionnée par l’excès de longueur de la lame de la flamme; par la trop grande force du coup de bâtonnet; ou bien parce qu’on a saigné trop près de la tête ou du poitrail, c’est-à-dire dans les endroits où la carotide n’est séparée de la jugulaire que par du tissu cellulaire ; ou encore parce que, pour mieux apercevoir la veine, on a fait appuyer et pousser par un aide du côté opposé de l’encolure, ce qui a rapproché la carotide de la peau. D’autres fois, mais cela est très-rare, cet accident résulte d’une disposition anormale de l'artère.

Dans tous les cas, on reconnait que l'artère a été ouverte, quand le saug qui s'échappe de l'incision faite par la flamme, au lieu d’être dun rouge foncé et de couler en arcade continue, est d’un rouge écarlate, et s'échappe avec force et en jets saccadés comme les battemens du cœur; et quand, en même temps, on voit une tuméfaction de plus en plus considérable se produire rapidement à l'endroit de la saignée. Si l’artère et la veine ont été ouvertes à la fois, on remarque du sang noir et du sang rouge dans la colonne de ce liquide qui sort de la plaie.

Cet accident fort grave est très-souvent mortel. En pareille circonstance, le propriétaire d’un cheval n’aurait rien de mieux à faire que de fermer promptement, avec une épingle et du crin l'ouverture faite à la peau par la flamme, d'appliquer sur la saignée et l’engorgement une grande quantité d’étoupe ou de linge mouillé d'eau froide salée, de serrer cette espèce de tampon à l’aide de larges bandes qui embrasseraient circulairementl’encolure, etde l’arroser constamment avec l’eau la plus froide qu'il pourrait se procurer. Ensuite il devrait envoyer immédiatement chercher un vétérinaire.

2° Entrée de l'air dans la veine.— On a vu plusieurs fois des chevaux tomber roides ou chanceler fortement, au moment où l’opérateur cessait de comprimer la jugulaire et se préparait à mettre l’épingle pour arrêter la saignée. On a attribué cette espèce de syncope à l’entrée d’une certaine quantité d’air dans le vaisseau, qui avait lieu pendant qu'on préparait l’épingle, et lors, surtout, que l'ouverture de la saignée se trouvait exposée à un courant d'air ou au vent. Il est donc prudent de ne pas saigner ces animaux en plein vent ; ou bien, alors, de ne pas tourner l'ouverture du vaisseau contre Je courant d'air. Il est sage aussi d’avoir préparé épingle et crin avant de commencer l'opération, afin de laisser le moins de temps possible entre le moment où on cesse la compression et celui où on applique l’épingle.

On a obtenu des succès dans des cas semblables. en pratiquant tout de suite une abondante saignée à la jugulaire opposée.

3° Trombus.— On appelle ainsi une tumeur qui se produit perdant ou peu de temps après la saignée autour de l'incision faite par la flamme, et qui résulte de l’infiltration, sous la peau, du sang sorti du vaisseau ouvert. De tous les accidens qui peuvent accompagner ou suivre la saiguée, le trombus est le plus fréquent. On le remarque plus souvent à la veine de l’ars, et à la saphène, où il est sans aucuue gravilé, qu'à la jugulaire où, dans le

cheval, il peut devenir fort dangereux quand il se complique, comme cela arrive assez souvent, de l’ulcération de la veine.

Le trombus peut être produit par plusieurs causes. Quand il apparait pendant la saignée, il dépend ordinairement de ce qu’il n’y à pas un rapport exact entre l'ouverture de la peau et celle de la veine, soit que ce manque de rapport dépende de mouvements faits par l’animal, soit qu'il résulte de traction faite sur la peau par l'opérateur lui-même, soit qu'il ait été occasionné par la direction oblique donnée à la lamede l'instrument au moment de la saignée.

Dans tous ces cas, il aura lieu surtout si l’animal est dans un état de débilité où le sang est très-clair et a très-peu de plasticité. — Lorsqu'il se montre immédiatement ou peu d'heures après la saignée, il est souvent produit par de grands mouvemens qu’on fait ou laisse faire à l'animal; ou bien, parce qu'en mettant l’épingle, on tire la peau à soi en l’écarlant beaucoup de la veine, ce qui favorise l’'épanchement du sang dans les mailles ainsi écartées du tissus cellulaire. — Enfin, quand, comme on le voit quelquefois, le trombus se manifeste plusieurs jours après la saignée, il résulte presque toujours, où de ce que l’auimal a été soumis à de forts travaux de tirage avec un collier ou une bricole qui serraient trop la base de l’encolure, ou de ce qu'il s’est frotté sur la saignée. Ces derniers trombus sont les plus dangereux, en ce sens qu'ils se compliquent presque constamment de lulcération de la veine.

On devra donc en saignant un cheval, ou même après la saignée, prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter ces accidens.

Quant au traitement du trombus, 11 est simple, quand celui-ci est récent, développé pendant ou après la saignée, et sans complication. Quelle que soit la veine à laquelle il se développe, il suffit de faire d’abondantes lotions d’eau fraiche, et d'exercer, à l’aide d’un tampon maintenu par un bandage, une compression de quelques heures, pour arrêter ses progrès et souvent le faire disparaître. Si, le Jour suivant, il existait encore, ou s'il n’apparaissait que le lendemain de la saignée, on appliquerait avec avantage une couche d’onguent vésicatoire sur la tumeur qui le constitue.

Cette application réussit très-souvent en pareil cas; mais si la tumeur persistait et devepait chaude et plus où moins douloureuse; si par l’ouverture de la saignée, qui en forme le sommet, on voyait s’écouler un liquide purulo-sanguinolent, il y aurait à craindre la formation d'un abcès, ou, ce qui est plus grave encore à la jugulaire, l’ulcération de la veine. Alors on ferait prudemment d'appeler un vétérinaire.

SECTION 11. — Des selons.

* On désigne sous le nom de sétor un corps étranger qu'on engage sous la peau, dans le but d'y déterminer une irritation, et, plus tard, de la suppuration.

Les sétons sont, pour la plupart des maréchaux empiriques, et pour beaucoup de pro- DE uue espèce de panacée universelle.

Is en placent ou font placer dans toutes les maladies, prétendant que s'ils ne font pas de AGR.

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