‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 217 sur 467 · DU SÉTON · texte numérisé non relu

DU SÉTON

bien. du moins ils ne font pas de mal: c'est là une erreur. Il est vrai que les sétons sont uliles dans un grand nombre de maladies, quand ils sont employés avec discernement eLopportunité; mais ilest vrai aussi qu'il est des cas où leur application peut devenir nuisible ou dangereuse; par exemple, au début des inflammations viscérales aiguës, dans la période d'état des phlegmasies de la muqueuse intestinale, dans les chevaux prédisposés au farcin, etc... Je m'arrête à cette observation, ne devant étudier les sétons que sous le point de vue de la chirurgie, et non sous celui de Ja thérapeutique.

Les parties du corps où il est plus avantageux de placer des sétons,sont celles où le tissu cellulaire sous-cutané est le plus abondantet le plus vivant; d’abord, parce que moins la peau est adhérente aux tissus sous-Jacens, plusil est facile d’y engager le séton; ensuite, et surtout, parce que la fluxion qui doit résulter de la présence de ce corps étranger s'établit mieux là où il y a une grande quantité de tissu cellulaire. Il faut éviter avec soin les parties où le tissu cellulaire est graisseux ou affecté d'induration. *

On distingue, sous le rapport de la médecine opératoire, trois sortes de sétons : 1° le séton à mèche ; 2° la rouelle; 3° le trochique.

1° Séton à mêche.

C’est le plus usité: il consiste en un ruban de fil ou une tresse de chanvre qu’on engage sous la peau. On dit que le séton à mèche est animé, quand la portion du ruban ou de la tresse engagée sous la peau est enduite ou pénétrée d’une substance médicamenteuse irritante, Pour animer les mèches, on les enduit d’onguent vésicatoire,ou bien on jes recouvre d’un corps onctueux quelconque ( beurre , axonge, etc. ) qu’on seupoudre légèrement de cantharides ou d’euphorbe pulvérisé, ou bien encoreon trempe ces mèches dans de l'essence de térébenthine. On anime les mèches dans les cas particuliers où on veut produire un effet plus prompt et plus intense; et, aussi, dans des cas ordinaires, sur des animaux mous et débiles, sur lesquels il y aurait à craindre que l’action trop peu énergique du séton simple n’eût pas assez d'effet.

Le principal instrument nécessaire à l'application de la mèche est l'aiguille à séton (fig. 172). Une des extrémités de celle aiguille est élargie en arrière de la pointe, en forme de feuille de saule, et percée d’un œil longitudiual dans le centre de son élargissement ; l’autre extrémité, ou le zalon, est cylindroïde ou méplate, et est également pourvue d'un œil. L’aiguille à séton, qui a environ 15 pouces de long, est ordinairement composée de deux pièces (fe. 173) qui se montent à vis dans le milieu de sa longueur lorsqu'on veut en faire usage; cette division n’a d'autre objet que de rendre l'instrument plus portatif. Il faut aussi se pourvoir d'un bistouri et d'une paire de ciseaux. Tout cela sera préparé d'avance, ainsi que la mèche: la longueur de celle-ci doit être d'environ vingt six pouces, pour permettre, quand le séton sera placé, de faire des nœuds d'arrêt à chaque extrémité, où d'en réunir les deux bouts.

2 Séton à rouelle (cautère, — ortie, — fontanelle, — séton anglais).

Le séton à rouelle consiste dans l’introduction sous la peau d’une rondelle de cuir ou de feutre, percée à son centre d’une ouverture assez large et portant environ 2 pouces et demi à trois pouces dans son plus grand diamètre. On préfère la rouelle à la mèche dans les chevaux de luxe, parce qu’elle est beaucoup moins apparente. On la préfère aussi dans les chevaux qui ont l'habitude de saisir avec leurs dents l’un des bouts de la mèche et de l’arracher. Cependant. en raison de son moins d’étendue, la rouelle produit moins d'effet que le séton à mèche.

C’est ordinairement un peu en avant du passage des sangles qu’on place les rouelles dans le cheval. On en place aussi à la pointe de l'épaule ( D #g. 167), et sur la cuisse au niveau de l'articulation coxo-fémorale.

Quelle que soit celle de ces régions sur laquelle on opère, on fait à la peau une incision d’un pouce et demi de longueur à peu près, dans la direction de l’axe de la partie. A l’aide de la sonde à spatule, du bistouri, des ciseaux, ou d’un instrument fait exprès, appelé feurlle de myrthe recourbée, on dissèque, on détache la peau tout autour de cette incision, de manière à pratiquer une cavité assez grande pour loger la rouelle. Cela fait, on plie la rouelle une ou deux fois sur elle-même pour pouvoir lintroduire par l’incision; on la fait pénétrer dans la cavité préparée pour la recevoir, et on l'y déploie de manière à ce que l’ouverture de son centre corresponde à l’incision de la

eau : sans ce rapport des deux ouvertures,

e pus ne pourrait que difficilement s’écouler.

Les soins ultérieurs sont les mêmes que pour le séton à mèche.

Lorsqu'on juge que la rouelle est restée en place assez longtemps, on la retire en incisant un peu la peau dont l’ouverture est rétrécie, et en la saisissant avec des pinces où une érigne pour l’entraîner au dehors. La plaie qui en résulte se cicatrise d'elle-même.

3° Trochique.

Le trochique est un séton dont la matière est une substance végétale ou minérale douée de propriétés très-irritantes ou même escarrotiques. Tels sont, parmi les substances végétales, la clématite, le garou, le lauréole, l’ellébore noir, etc.; et parmi les minéraux, le sulfure ou le deutoxyde d’arsenic, le sublimé corrosif, etc... Ces substances sont préparées de manière à représenter le moins de volume possible. Les végétaux sont taillés comme des allumettes d’à peu près deux pouces à trois pouces de long; on réunit ces morceaux en une ou deux bottes, on leur donne sous la peau telle disposition que l’on préfère, et on les place comme la rouelle. Les substances minérales ne sont pas mises directement en contact avec le tissu cellulaire; avant de les introduire sous la peau, on les entoure dans un petit nouet de linge clair, et on peut les retirer quand, par leur présence, ils ont produit un engorgement suffisant,

On voit que les trochiques ne différent des

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