‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 218 sur 467 · LIV. XII · texte numérisé non relu

LIV. XII

autres sétons que par leur action plus puissante, et qu'ils doivent celle-ci à ce que nonseulement is irritent les tissus à la manière de corps étrangers, comme les autres séions, mais encore à ce qu’ils agissent en verlu de propriétés irritantes particulières dont ils soni doués. C’est pourquoi on les préfère pour les animaux qui, comme le bœuf, ont le tissu cellulaire moins irritable, et dans les cas où on a besoin que le séton produise un effet prompt et considérable.

$ 1°. — Du séton dans l’espèce du cheval.

Il peut résulter de l'existence de telle ou telle maladie l'indication de passer des sétons sur beaucoup de régions du corps; cependant il est deux de ces régions sur lesquelles ils sont le plus souvent indiqués : dans le cheval, ce sont le pottraël et la fesse Il suffira donc detraiter des règles qui sont applicables à ces derniers.

À Séton au poitrail. — Quand on n’applique qu'un seul séton au poitrail, on le place dans la direction de la ligne médiane de la partie antérieure de cette région. L'opérateur ayant fixé convenablement l'animal, mis à sa portée ou confié à un aide l'aiguille et la mèche, se place à droite de l’animal, un peu en avant de l'épaule, saisit la peau du poitrail entre le pouce et l'index de la main gauche, sur la ligne médiane, un peu au-dessous de la saillie formee par la pointe du sternum, la pince de manière à lui faire faire un pli longitudinal, incise le sommet de ce pli avec le bistouri qu’il tient de la main droite, de manière à faire une incision transversale, longue de près d’un pouce. Il lâche alors le pli, prend l'aiguille dans la main droite ; avec le pouce et l’index de la main gauche il écarte la lèvre inférieure de l’incision, engage la pointe de l'aiguille dans &elle-ci, et Ja pousse un peu, de manière à faire pénétrer cet instrument entre la peau et les muscles qu’elle recouvre, maïs en faisant en sorte de ne blesser ni la peau ni les muscles : à cet effet, il doit tenir l'aiguille dans une direction tout à fait parallèle à celle de la face antérieure du poitrail; et, au fur et à mesure qu’il enfonce l'aiguille avec la main droite, il a soin, avec les doigts de la main gauche, de pincer la peau au-dessous de la pointe de cet instrument, et de l’écarter des muscles sur la ligne qu’elle va suivre. Dans son trajet, l’aiguilie doittoujours être tenue de manière àasuivre la ligne médiane du poitrail. Quand, à l’aide de ces faciles manœuvres, l'aiguille a pénétré d'environ un pied sous la peau, et que sa pointe correspond au milieu de l’inter-ars, l'opérateur dirige la pointe de l'aiguille sur la peau, en en rapprochant le talon contre la partie supérieure du poitrail, pousse fortement l’aiguille en bas, sur la peau que soulève la pointe, et celle-ci sort à cet endroit. C’est alors qu’on engage la mèche dans l'œil du talon, et que, saisis:an l’aiguille par sa pointe, et la retirant par l'incision du bas, on fait pénétrer le séton dans le trajet de l’aiguille, où on le laisse. On fixe la mèche dans celte position, soit en en réunissant ensemble les deux extrémités par un nœud double, soit, et ce qui vaut mieux, en à enr plusieurs fois chaque extrémité sur elle-même, et en la nouant de manière à

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représenter de petits bourdonnets. 11 suffit que la mèche, ainsi arrêtée à ses extrémités, ait deux pouces de jeu à chacune des ouvertures du séton ; mais il y aurait des inconvéniens à ce qu'elle en eût moins.

uand on met deux sétons au poitrail,on les plaée sur le milieu et dans la direction desdeux saillies que forment déchaque côté de la ligne médiane les deux muscles petits pectoraux (BB fg.167); ainsi, quand ils sont appliqués, ils ne son! point parallèles l’un à l’autre;la distance qui les sépare de la partie antérieure et supérieure du poitrail va en diminuant jusqu’à leur sorlie à l’inter-ars. Ce rapprochement de la ligne médiane dans cette dernière région était nécessaire, car le séton qui sortirait dans les plis que forme la peau de l'ars près du menbre, génerait considérablement la marche de l'animal, quand l’engorgement qu’il doit produire viendrait à se déclarer. Du reste, les règles à suivre dans l'application de deux sétons sont les mêmes que pour un seul.

B Séton à la fesse.—Pour placer un séton à la fesse, on se sert des mêmes instruments que pour celui qu’on passe au poitrail; mais l'application en étant toujours beaucoup plus douloureuse pour l'animal, il est nécessaire que celui-ci soit assujelti d'une manière plus rigoureuse. Si on passe le séton à la fesse droite ( A fig. 185 }, on lève et porte en avant avec la plate - longe le membre postérieur gauche; et vice versé si l'opération est faile sur la fesse gauche (B f2. 185 ).

Dans les deux cas, la tête est attachée ou portée le plus haut possible, et un tord-nez doit être mis en usage. L'opérateur, placé en dehors et un peu en arrière du membre non levé, fait, s’il le peut, un pli longitudinal à la peau, à quelques lignes au-dessous de la pointe de la fesse, et un peu en dedans; je dis s’il le peut, car, à cette région, la peau est souvent si adhérente et si tendue, qu'il n’est pas toujours possible de la pincer. S'il ne le peut, il fait l’incision en appuyant sur la peau avec la pointe du bistouri droit. Si c’est sur la fesse droite qu'il opère, il prend l'aiguille à séton de la main droite, écarte avec la main gauche la lèvreinférieure de l’incision, engage dans l’ouverture que lui présente celle-ci, la pointe de l'aiguille tournée en bas, dirige l'instrument avec précaution de haut en bas, et un peu de dehors en dedans, dans la direction du plan dela fesse, écarte la peau le plus qu'il peut avec les doigts de la main gauche, au fur et à mesure que l'aiguille descend ; prend d’autant plus de précaution pour ne pas blesser la peau ou les muscles sous-jacens, qu’à cette région le Lissu cellulaire qui les unit est assez serré; et quand l'aiguille a pénétré d’une longueur suffisante (à peu près un pied), il la fait basculer légèrement, de manière à en écarter la pointe des muscles, et à la rapprocher de la peau; appuie, avec ses ciseaux, immédiatement au-dessous de l'endroit où la peau est repoussée en dehors par l’aiguille, enfonce celle-ci par un mouvement brusque, et la fait sortir en bas de la fesse, et un peu en dedans. Il passe alors la mèche dans l'œil de la poiute, retire l'aiguille par en haut, et fixe et arrête les bouts du ruban comme il a

été indiqué pour le séton au poitrail. L'opé-.

ration se fait de la même manière sur là fesse

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