DU SÉTON
gauche, avec cette différence pourtant que c’est le membre postérieur droit qu’on lève avec la plate-longe, et que c’est de la main gauche qu'on tient et fait agir l’aiguille.
Il arrive souvent que, pendant qu’on passe un séton à la fesse, l'animal, en se défendant, se livre à des mouvemens plus ou moins violens. Pendant ces mouvemens, l'opérateur doit toujours retirer l'aiguille du trajet qu’elle a déjà parcouru, et ne l'y réintroduire, pour continuer l'opération, que lorsque Panimal a cessé de s’agiter : autrement on courrait risque, pendant ces mouvemens, de blesser plus ou moins gravement la peau et les tissus entre lesquels l'aiguille se trouve engagée.
Dans certains cas, on place aussi des sétons à mèches sur Les parties latérales de l’encolure (F G fig. 178); sur les joues (E fig. 178); et à la pointe de l'épaule (C fig. 467).
Soins qu’exigent les sétons. — Dans les cas ordinaires, il ne coule que très-peu de sang après que le séton est placé. Vers la fin du premier jour, on voit commencer l’engorgement sur son trajet. Le lendemain, cet engorgement est un peu plus considérable ; et, si on presse sur le sélon, on fait sortir par les ouvertures un liquide roussâtre. Enfin le troisième jour, la suppuralion est généralement établie : ce n’est qu’alors qu’on doit commencer à panser le séton. Ce pansement est trèssimple; il consiste seulement à presser matin et soir avec la main sur le trajet de la mèche, pour faire sortir le pus qui s’y accumule quelquefois. Si le pus, en coulant sur la peau (comme cela se remarque au-dessous du séton à la fesse), s’est concrété à sa surface, on l’enlève en lavant la partie avec de l’eau tiède.
On laisse rarement un séton en place plus de trois semaines à un mois. Au bout de ce temps, on l’enlève définitivement si la maladie pour laquelle il a été placée est guérie. Sinon, ou. bien on met une nouvelle mèche dans le trajet de celle que le pus a macérée et qu'on retire, ou bien on place un autre séton sur un point voisin de la même région ou sur une région voisine.
$ II. — Du séton dans l'espèce bovine.
A moins d'indication particulière, c'est au poitrail qu’on passe presque toujours les sétons sur les animaux de cette espèce. La laxité de la peau, en quelque sorte flottante dans cette région où elle constitue le /azon,y rend cette operation très-facile et très-prompte. On fait former à la peau du poitrail un large pli transversal, et on traverse la base de ce pli d’un seul coup avec l'aiguille à séton, dans l'œil de laquelle on engage ensuite la mèche pour la fixer comme je l'ai dit précédemment. On lâche alors le pli qui s'efface, et les deux ouvertures faites à la peau qui formait la base du pli, se trouvent à une distance d'autant plus grande l’une de l’autre que le pli était plus large. Comme, dans le bœuf, le séton simple n’est pas ordinairement assez irritant pour tuméferet fairesuppurer les parties où on l'applique, dans beaucoup de pays, on fixe un trochique à la mèche du séton; ou bien on place d’abord un trochique, et le lendemain, ou surlendemain, on traverse avec un sélon à mèche l'engorgement qu'il a produit. Il ar-
rive souvent que, dans l'espèce bovine, les sétons ou trochiques ne sont pas suivis de suppuration. et que tout leur effet se borne à une tuméfaction plus ou moins considérable de la région où ils ont été placés.
$ LIL. — Duséton dans les espèces du mouton et du porc.
L'expérience a démontré que les sétons étaient beaucoup plus nuisibles qu'utiles dans ces deux espèces d'animaux où leur moindre inconvénient est de ne produire aucun effet.
& 1Y. — Accidens qui peuvent suivre l'application des sétons.
Ceux de ces accidents qui sont les plus importants à connaitre, sont : 1
1° Une Aémorrhagie qui, lorsqu'elle a lieu, se manifeste aussitôt après que l'opération est terminée. — Le sang coule goutte agoutte où par un filet continu, s'échappe par l'ouverture la plus inférieure, et quelquefois s’accumule dans letrajet du séton Fe tuméfie. Cette hémorrhagie résulte ou de ce que les muscles ont été blessés par l'aiguille, ou de ce qu’une petite veine ou artère sous-cutanée a été coupée par cet instrument, ou enfin de ce que l'animal a une constitution tellement débile, que le sang qui sort des incisions de la peau et des capillaires sous-cutanés ne se forme pas en caillot à l'ouverture des vaisseaux dont il s'échappe. |
Dans tous les cas, pour arrêter cette hémorrhagie, on bouche avec de petits tampons d’étoupes les deux ouvertures du séton, et on fait quelques lotions et applications d’eau fraiche sur la partie. Si, malgré l'emploi de ce moyen, le sang continue à couler, on ôte la mèche,et on exerce et maintient une compression sur tout son trajet.
2% Un engorgement de caracléregangreneux.
-—On ue le reconnaît guère que le second jour |
le l’application du séton. Il est chaud, trèsdeuloureux, fait des progrès rapides, et devient quelquefois très-considérable. Il peut résulter de la blessure des muscles par l’aiguille, de la présence dans les trajets du séton de caillots sanguins putréfiés, ou de dispositions particulières dans lesquelles se trouve l'animal. C’est ainsi que les engorgemens dus à cette dernière cause sont tres-fréquens lors du règne de certaines épizooties, ce qui rend dangereux l'emploi des sétons dans ces circonstances. Cet accident est trop grave, et menace l’animal d’un danger trop pressant pour que le propriétaire puisse en entreprendre le traitement. On ne saurait trop se hâter en pareil cas d’avoir recours à un vétérinaire : on peut toujours, en attendant, retirer la mèche ou la rouelle dont la présence au centre de l’engorgement ne peut qu'augmenter lirritation dont il est le produit.
3° Enfin de petits abcés qui se forment sur le trajet du séton, surtout quand il y a déjà au moins une dizaine de jours qu'il est placé. — Ces abcès résultent presque toujours de ce qu'on n’a pas le soin de presser sur le trajet
e la mèche pour en faire sortir le pus, qui s’y arrête, et donne naissance à la formation de petits abcès sur les points où il séjourne. On