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évite ces accidens, très-légers du reste, en pansant le séton comme je l’ai indiqué plus haut. On y remédie en ouvrant avec le bistouri ces petites collections de pus au fur et à mesure qu’elles se forment.
SEcTIen 1V. — De la Castration.
Le castration est une opération qui a pour objet de priver un animal de ses facultés génératrices. On la pratique, dans le inâle, en enlevant les testicules où en interceptant leur communication avec les centres nutritifs ; .dans la femelle, en enlevant les ovaires.
La castration est le plus souvent une opération de convenance, c’est-à-dire qu’on la pratique presque toujours dans le but de mieux approprier un animal à sa destination. Quelquefois, cependant, ou la met en usage pour remédier à des accidens plus ou moins graves; elle est alors une opération de nécessité. Les vétérinaires pouvant seuls apprécier ce qui est opportun dans ce dernier cas, nous ne la considérerons donc ici que comme une opération de convenance.
On châtre les animaux dans différens buts :
tantôt c’est pour les rendre plus dociles ; d’autres fois, pour hâter leur engraissement ; d’autres fois enfin, pour enlever à la chair de certains mâles une saveur particulière et désagréable, pour la rendre plus tendre et plus délicate.
La castration exerce sur les animaux qu’on y soumet une influence des plus remarquables, et dont il faut tenir compte avant de se décider à la pratiquer. Cette influence varie suivant les espèces, et selon qu’on châtre les animaux jeunes Où vieux.
Un effet général de cette opération, c’est de rapprocher la conformation des mâles de celle des femelles de leur espèce. Ce rapprochement est surtout remarquable dans le tau reau, dont la têle est grosse, la nuque large l’encolure épaisse et forte, les poils longs, touffus, gros, le dos et les reins larges, les membres toreux, les cornes courtes et lar.
ges, la voix forlement accentuée ; tandis que dans le bœuf, la tête est comparativement petite, l’encolure effilée, le poil luisant, rare et fin, le dos et les reins étroits, les membres peu fournis, le ventre flasque et gros, les cornes allongées et grêles, les mugissemens rares et faibles; caractères, comme on le voit, qui tous s’observent sur la varhe. Des modifications analogues se produisent dans les animaux des autres espèces.
L'animal châtré est donc généralement plus faible et moins propre à de grandes fatigues que celui qui n’a pas été opéré. Cependant ce serait une erreur de croire, avec quelques personnes, qu’on peut conserver une plus grande force à ces animaux en ne les chàtrant que lorsqu'ils sont adultes, que lorsque leurs formes ont pris leur développement complet. Non-seulement ces formes, si développées soient-elles, se modifient après la castration, et les animaux deviennent moins robustes; mais encore, en chàtrant à une époque où les organes génitaux sont en pleine activité fonctionnelle, on expose davantage les animaux aux suites fâcheuses que peut avoir l'opération. En effet, il est d’observa-
cHAP. 3.
tion que, quelle que soit l'espèce à laquelle les animaux appartiennent, il est toujours moins dangereux de les châtrer dans le jeune âge que lorsqu'ils sont vieux ou seulement adultes.
Les saisons les plus favorables pour faire cette opération sont celles pendant lesquelles la température est douce et moins sujette a de brusques variations. Le printemps est donc, de toutes les époques de année, celle qu'on doit préférer.
Après avoir subi la castration, les animaux recoivent des noms particuliers : ainsi le cheval est dit cheval Longre; le taureau s'appelle bœuf ; le baudet, ne ; le bélier, z2outon; le verrat, cochon; le coq, chapon; la brebis, moutonne ; la truie, cochonne ; la poule, poularde. La vache châtrée n’a pas reçu de nom particulier. On ne châtre plus la jument.
Avant de commencer à étudier la castration dans chaque espèce d'animal domestique en particulier, nous devons prévenir que, toujours fidèle au plan que nous nous sommes tracé, nous ne dirons rien du manuel opératoire de celles des castrations que les propriétaires ne sauraient praliquer eux-mêmes sans témérité ou sans danger; telles sont, par exemple, la castration du cheval et celle du taureau. À l'égard de celte opération dans ces deux espèces, nous nous bornerons à indiquer ce que le propriétaire doit et peut connaitre pour juger de son opportunité, de ses avantages ou inconvénients, de l’âge où il convient qu'elle soit faite, et principalement des soins qu'exigent les animaux après qu'elle a été pratiquée, jusqu’à la guérison. Pour ce qui est de la castration dans l'espèce ovine et dans celle du porc, comme elle est et peut être pratiquée facilement par des personnes étrangères à la médecine vétérinaire, pour peu qu'elles aient d'habitude ou de dextérité, nous entrerons à leur égard dans quelques détails d'exécution.
$ 1°. — De la castration dans le cheval.
Oa châtre le cheval pour le rendre plus docile quand il est méchant, ou bien pour prévenir sa méchanceté. On châtre également les chevaux qui doivent être employés à des services uù ils pourront se trouver avec des jumens où des chevaux hongres. On châtre tous ceux destinés à la cavalerie.
La castration, chez le cheval, doit être pratiquée de deux ans et demi à trois ans et demi. C’est parce qu’en France, et surtoul en Normandie, on ne châtre la plupart des chevaux
u'à quatre où cinq ans, que l’on observe tant
’accidens ou de maladies graves après l’opération.
Un cheval en bonne santé et d’une bonne constitution doit être préparé à la castration par plusieurs jours de diète. La veille on le tiendra à la paille et au barbotage.
Les procédés de castration conseillés pour le cheval, sont : 1° les caiseaux ; 2° la ligature totale on partielle du cordon; 3° la cautérisation; 4° le raclement ; 5° la torsion ; 6’ l'excision simple; 7° l'écrasement. — De tous ces procédés, celui par les casseaux est, sans contredit, le plus généralement adopté. Cependant, depuis quelque temps, on préconise
DE LA CASTRATION
beaucoup la torsion, aussi dirons-nous quelques mots des deux procédés.
a— Procédé par les casseaux.—Lorsqu'on veut opérer un cheval par les casseaux, on commence par l’abattre.
Les casseaur ordinaires, ou bélots, sont deux morceaux de bois inflexibles, allongés, demi cylindriques, qui, lorsqu'ils sont en rapport l’un avec l’autre par leur face aplatie, représentent un cylindre d'environ 12 à 15 lignes de diamètre, sur une longueur de 5 à 6 pouces.
La castration, par le moyen de ces instrumens, consiste, après avoir incisé et remonté vers la région inguinale les enveloppes des testicules, à engager le cordon testiculaire entre les deux pièces du casseau, à l'y comprimer assez fortement et assez longtemps pour interrompre toute communication entre les testicules et les centres nerveux et circulatoire, et déterminer ainsi sa mortification et sa chute. Pour ajouter aux effets de la compression sur le cordon, assurer et hâter sa mortification, quelques opérateurs ont des casseaux creusés dans le milieu de la face interne de chaque pièce, d’une cannelure longitudinale qu'ils remplissent d’un corps gras ou onctueux, et saupoudrent ce corps d’une préparation très-caustique, ordinairement dn sublimé corrosif.
L'opération par des casseaux se pratique de deux manières. Elle est faite à testicules couverts, lorsque l'opérateur se borne à inciser les deux enveloppes les plus extérieures (le scrotum et le dartos), et qu'après les avoir remontées le plus haut possible, il comprend entre les deux branches du casseau le cordon recouvert du muscle crémaïter. Elle est dite à testicules découverts, lorsque l'opérateur incise, non-seulement le scrotum et le crémaster, mais encore une troisième enveloppe appelée tunique érythroëde : par cette méthode, le testicule est mis à nu; le casseau, placé immédiatement sur le cordon testiculaire, ne comprend entre les manches que les vaisseaux et les nerfs testiculaires, le canal spermatique et le péritoine qui les lie entre eux. La question de savoir s’xl est plus avantageux de châtrer à testicules couverts ou découverts n'est pas encore résolue. Ce que nous pouvons dire, c’est que chacune de ces méthodes a des avantages et des inconvéniens qui se compensent, et qu’elle a parmi les vétérinaires un nombre à peu près égal de partisans.
Quelle que soit celle des deux que l'on mette en usage, on opère successivement sur chacun des deux testicules, en commencant par celui qui est en dessous ; et puis. quand les casseaux sont solidement fixés sur les cordons testiculaires, qu'on s’est bien assuré qu'ils sont placés au-dessus de l’épididyme, et qu’ils ne pincent pas les enveloppes, on désentrave le cheval avec précaution et on le fait relever.
C’est une bonne précaution, aussitôt qu’un cheval est relevé, de le bouchonner, surtout s'il est en sueur; et puis, immédiatement après, de le promener au pas pendant au moins une heure avant de le rentrer à l'écurie. Il est prudent, aussi, si la queue est longue, de la retrousser, et de la laisser ainsi tant que les casseaux resteront en place, afin
d'empêcher que dans les différens mouvemens qu’elle exécute, les crins ne s'engagent ou ne s’entortillent autour des casseaux, ce qui pourrait les arracher, ou tout du moins exercer sur le cordon des tractions äouloureuses.
A moins qu’un cheval ne soit tout à fait affaibli (cas auquel il y aurait eu imprudence à l'opérer), on est dans l'habitude de lui faire une saignée de 6 à 8 livres une heure ou deux après l’opération, et de le tenir à la diète blanche (paille et barbotage clair) pendant les deux ou trois jours qui suivent. Il est avantageux aussi, dans les premiers temps, de donner au moins un lavement par jour pour faciliter les défécations. Mais ce qui importe surtout après la castration, c’est de promener souvent l'animal qui l’a subie. Il faut qu'il soit exercé au pas al moins cinq ou six fois par jour, et chaque fois pendant une demiheure ou trois quarts d'heure; s’il fait du vent, on a soin de recouvrir les reins d’une couverture qui descend sur la croupe et les flancs et tombe jusqu'au jarret, de manière à empêcher que les plaies ne soient exposées à l’action d’un courant d’air. C’est pour éviter cette influence fâcheuse, qu'on doit mettre l'animal à une place de l'écurie où l'air de la porte ne puisse arriver directement sur Îles parties opérées. Si le temps est pluvieux et qu'on ne puisse sortir l’animal, on le promène sous un hangar, dans une grange, et dans l’écurie si elle est assez grande.
La plupart des jeunes chevaux que l’on châtre ne paraissent pas sensiblement affectés de l’opération, après qu’ils sont relevés. Seulement, on remarque en eux une espèce d’étoanement ou d'inquiétude qui se décèle par leur attitude, puis par un peu de gène dans leur marche, et des piétinemens dans les membres postérieurs. Cependant, il en esi quelques-uns qui paraissent éprouver des douleurs assez vives, qu'ils manifestent en s’agitant beaucoup, et frappant souvent et fortement le sol avec un membre antérieur ou successivement avec les deux; quelquefois en se roulant comme s'ils étaient affeclés de coliques. Ces symptômes se calment ordinairement au bout de quelques heures, sous l'influence d’une ou, au besoin, de deux saignées, de la promenade et quelques lavemens émolliens. Mais s'ils persistaient, il serait prudent de s'assurer si quelque partie des enveloppes, ou, dans le cas de castration à testicules couverts, si une anse de l'intestin n'aurait pas élé pincée par les casseaux; ou encore, si une herrie inguinale ne se serait pas produite par les efforts faits par l'animal pendant l'opération. Ces deux derniers accidens seraient fort graves, et exigeraient des secours prompts et éclairés.
Certains chevaux, et surtout les poulains, cherchent à arracher les casseaux avec leurs dents; on les en empêche en les attachant au râtelier, jusqu’au jour de l’enlèvement de ces instrumens de compression. On obtiendrait le même résultat en les attachant à deux longes et de court après la mangeoire ; CU encore, en leur mettant le collier à chapelet.
Autant que possible, on évite de mettre les chevaux nouvellement châtrés au milieu ou au voisinage de jumens ou chevaux hongres.