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conséquence de la persistance de celle vegé” talion.
Le squirre du cordon consiste dans l’engorgement et l'induration d’une partie plus ou moins considérable de la portion restée du cordon testiculaire, engorgement qui procède de la pariie ia plus inférieure et s'étend lentement, mais progressivement, en haut, au point de traverser l'anneau inguinal et de se continuer dans l'abdomen, si on n’y met obstacle par l’un des moyens usités en pareille circonstance.
La persistance de la plaie ou d’une ouverture fistuleuse, à une époque où la cicatrisalion devrait être terminée, ou déja trèsavancée ; l'écoulement par cette plaie ou fistule d’un liquide séro-purulent, plus ou moins abondant et d’assez mauvaise odeur ; Iles mouvemens gênés du membre du côlé dnquel existe J’induration, ou des deux membres, si les deux cordons sont malades; la roideur et la voussure des reins; la dureté des cordons, quand, averti par les premiers symptômes, on explore la région inguinale, sont les signes qui annoncent que les cordons sont indurés.
On est trop généralement porté à attribuer toujours le squirre du cordon à tel ou tel mode de castration, ou à la manière plus ou moins parfaite qui a présidé à son exécution. Il est vrai, et l’observalion le démontre tous les jours, que cette affection est un peu plus fréquente à la suite de certains procédés qu'à la suite de certains autres; il est vrai que l’insuffisance de la compression, dans les procédés par la compression, en est une cause inconteslable; il est vrai encore qu’un opérateur peu exercé et maladroit pourra contribuer à son développement; mais /e plus souvent, les indurations squirreuses du cordon résultent des dispositions constitutionnelles dans lesquelles se trouvent les animaux qu'on opère.
Quoi qu’il en soit, lorsqu'on a reconnu, ou lorsqu'on soupconne l'existence d'un squirre du cordon, il faut faire constater le mal le plus tôt possible par un homme de l’art, afin d'y porter un prompt remède; car il est d’observation que celle affection, qui se guérit assez ordinairement à son début. quand elle est bornée à la partie inférieure du cordon, exige une opération fort difficile, et est souvent incurable, quand elle s'étend jusqu’au niveau, et surtout jusqu’au-dessus des anneaux.
On appelle fistule, à la suite de la castration, une plaie étroite et plus ou moius profonde qui persisie et suppure, à une époque où la cicatrisation devrait être terminée. Nous avons dit, dans le précédent paragraphe, que cette fistule était l'un des effets et des caractères de l'existence d’un champignon ou d’un squirre du cordon. Cependant, quelquefois il n’y a qu'une simple fistule, que la présence d’une fausse muqueuse produite par le frottement empêche de se cicatriser. Le pus qui s’est écoulé est ordiuaïirement peu abondant, filaut, presque dur, et sans bien mauvaise odeur. Cet accident est sans gravité : 1l suffit quaud on l’a reconnu, de déprider par une légère incision l’orifice inférieur de la fistule, de promener sur toute la face interne de la plaie un pinceau imprégné
d'un liquide légèrement caustique, et de laisser l'animal en repos pendant quelques jours. L’escarre mince, produite par la cautérisation de la fausse muqueuse, ne tarde pas à tomber; une suppuration peu abondante, mais de bonne nature, s'établit, puis diminue de quantité, cesse, et la cicatrisation a lieu. Il est quelquefois nécessaire d’avoir recours à une Se” conde ou troisième cautérisation, quand la
fistule est ancienne et étendue.
$ 11. — De la castration du taureau.
On ne châtre guère le taureau avant läge de deux ans à deux ans et demi, quelquefois même plus tard. L'opération sur les animaux de cette espèce a pour but de rendre moins méchants et moins dangereux ceux qu'on destine au travail, et de faciliter lengraissement de ceux qu'on destine à la boucherie.
Trois modes de castration sont généralement mis en usage pour les taureaux de dixhuit mois et au-dessus. Ce sont : 1° la castration par les casseaux ; 2 celle par le béstournage; 3 celle par le martelage où écrasement des cordons. — La castration par les casseaux (fig. 182) ne diffère en rien de
Fig. 182.
celle qui est pratiquée sur le cheval par la même méthode. Cependant elle n’est usitée que dans un petit nombre de localités. — La castration par le martelage, qui consiste à écraser successivement chacun des cordons, en les appuyant sur un corps dur, et les frappant à pelit coups à l’aide d’un marteau à bouche large, n’est pas non plus généralement adoptée, bien qu’elle paraisse produire de bons résultats dans quelques pays, et notamment dans le département de l'Ain.
La méthode, sans contredit, la plus répandue, est le bistournage. L'opération consiste, après avoir fait monter et descendre plusieurs fois les testicules dans leurs enveloppes, pour détruire les adhérences qui pourraient exister, à faire basculer d'abord l’un de ces organes dans l’intérieur des bourses, de manière à ce que sa base, qui fait centinuité au cordon, soit inférieure, et sa pointe supérieure. Dans cette position le grand axe du testicule est parallèle à la longueur du cordon contre lequel ilse trouve appliqué : c’est le premier temps de l'opération. Dans le second temps, pendant qu'avec les doigts d’une main on
ince le cordon à travers les enveloppes pour
e fixer, de l’autre main on manœuvre de manière à faire tourner le testicule deux ou trois fois autour de l’espèce de pivot que représente le cordon. Il en résalle sur celui-ci une torsion suffisante pour empêcher la continuation de la circulation dans l’intérieur des vaisseaux
qui le composent. Or, la cessation de la circu- :
DE LA CASTRATION
lation dans ces vaisseaux chargés de porter au testicule les matériaux de sa sécrétion et de sa nutrition, a pour effet la cessation de sécrétion et de nutrition dans cet orgare, qui finit par s’atrophier avec le temps et disparaitre plus ou moins complétement.
Après avoir fait pivoter trois fois le testicule, on le remonte dans le haut des bourses, vers la région inguinale; puis on opère de la même maniere sur le second, qu’on fait également remonter. Après quoi, et pour empêcher que les testicules ne descendent dans le fond des bourses, ce qui permettrait aux cordons de se détordre, on embrasse toute la partie inférieure des enveloppes dans un nœud formé par un lien préparé avec quatre à cinq brins de laine: on fait avec ce lien deux ou trois tours qu’on a soin de serrer assez pour les empêcher de glisser, mais pas assez pour mortifier les enveloppes, et l'opération est Lerminée.
La castration par le bistournage n’exige aucune préparation à l’égard du régime, ni soins particuliers subséquents, surtout quand les animaux à opérer se nourrissent aux pâturages. Le gonflement inflammatoire qui suit l'opération est très-léger. On retire les liens qui embrassent les bourses deux jours après l'opération.
Le bistournage se pratique les animaux restant debout. Il exige de la part de l'opérateur une grande habitude des manipulations qu’il comporte, surtout quaud les animaux sont déjà un peu âgés; car, alors, les adhérences qui existent assez souvent entre les enveloppes augmentent singulièrement les difficultés.
Les accidens qui suivent la castration par le bistournage sont très-rares et jamais funestes. Ils dépendent toujours : ou de ce que les liens étant tombés peu de temps après l’opération, les testicules sent descendus dans les bourses, et la torsion des cordons a été détruite; ou de ce que cette torsion a été incomplète par suite de manipulations vicieuses. Si l’on s’apercoit promptement de l'accident, il faut y remédier par une nouvelle opération; mais une fois l’engorgement des cordons survenu, il n’est plus possible de bistourner, à moins d'attendre la résolution de l’inflammation. Il arrive quelquefois, et c’est notamment quand l'opération a élé pratiquée par des mains peu exercées, que les cordons restent très-longtemps volumineux et durs; c'est alors que l’on peut avoir recours au 77artelage, Où, ce qui vaut mieux peut-être, à la castration par les casseaux. à ,
Il arrive parfois aussi que des animaux bistournés (probablement parce que l'opération n’a pas été bien faite) conservent des désirs, montent sur les vaches, et même, dit-on, s’accouplent avec elles, sans toutefois pouvoir Îles féconuder. Ces bœufs incomplets sont toujours très-méchants et dangereux, et, en outre, ils engraissent plus difficilement; c'est pourquoi il est prudent de les châtrer de nouveau, en employant la méthode par les casseaux. Quelques personnes prétendent que les bœufs bistournés sont plus propres au travail et qu'ils conservent plus la forme des taureaux que ceux qui sont châtrés par l'enlèvement des testicules.
$ III. — De la castration du bélier.
La castration du bélier a pour but de rendre la chair de l'animal plus tendre, et de Jui ôter un mauvais goût qu'elle aurait naturellement si 6n le laissait à l’état de bélier : elle dispose aussi l’animal à prendre plus de graisse ; elle rend sa laine plus fine et plus abondante; enfin elle fait que l'animal est plus doux et plus facile à conduire.
On peut châtrer les béliers à toutes les époques de leur vie. On les châtre à l’état d'agneau, depuis le moment où les testicules sont descendus dans les bourses, c’est-à-dire quelques jours après leur naissance, jusqu’à six mois; plus tôt on leur fait cette opération, moins ils souffrent, et moins on en perd. On chätre aussi les béliers à l’âge de deux, trois,et même quaire ans, après qu'ils ont fait la lutte; mais alors l'opération est moins facile, plus douloureuse, et ne se fait pas de la même manière.
a. — Pour châtrer un agneau de sept à huit jours, on le met sur le dos, en faisant tenir les membres postérieurs de manière à découvrir les organes génitaux; on en saisit les deux cordons entre le pouce et l’index, le plus près possible du ventre, et on serre légèrement pour faire tendre la peau des enveloppes sur les testicules. On pratique avec un instrument bien tranchant une incision transversale commune aux deux bourses, et qui pénètre jusqu'aux testicules; ces organes s’échappent aussitôt par l’incision; et alors l’opérateur les enlève en coupant les cordons, ou, ce qui vaut mieux, en les arrachant après les avoir tordus. Il est des opérateurs qui les saisissent et les arrachent avec leurs dents. On est dans Phabitude, quand les agneaux sont un peu plus âgés, au lieu de ne pratiquer qu'une seule incision pour extraire les deux testicules, de faire une incision particulière pour chacun de ces organes, qu'on n’enlève ainsi que l’un après l’autre. On dit, dans ce cas, qu’on les châtre en veau ; car c'est ainsi que cette opération se pratique sur les veaux. Quel que soit celui de ces procédés que l’on emploie, il suffit, quand les testicules sont excisés ou arrachés, de rapprocher les deux lèvres de la plaie, sans qu’il soit besoin, comme le font quelques personnes, de frotter les bourses avec du saindoux ou tout autre corps gras. C’est une bonne précaution, aussitôt que l'opération est terminée, de mettre les doigts dans la bouche de l'animal pour lui faire remuer les mâchoires, et de le faire marcher quelques pas; on prévient ainsi le développement ou la persistance du tétanos, qui se manifeste sur certains agneaux pendant ou peu de temps après la castration, et peut les faire mourir. Les soins à donner à l’animal qui vient d'être châtré sont simples : ils consistent à tenir l’agneau en repos pendant trois ou quatre jours, et a le bien nourrir.
b.— Ta castration d’un bélier qui n’est plus agneau se pratique ordinairement par le bistournage où par le fouettage. Ce qui a été diten parlant de la castration du taureau par le bistournage nous dispense d'entrer à ce sujet dans de nouveaux détails. Ajoutons seulement que pour bistourner un bélier, au lieu de le lais-
ANIMAUX DOMESTIQUES : CHIRURGIS.
LIV, El,
ser debout,comme on fait pour le taureau, on le fait renverser sur le dos par un aide qui le fixe dans cette position en lui appuyant la tête et l'encolure contre sa poilrine, et contenant les membres antérieurs de chaque côté de la tête avec les mains. L'opérateur, faisant face au ventre de l'animal, lui étend les membres postérieurs en arrière, les écarte, et place la pointe de ses pieds sur chacun d'eux, afin de les maintenir fixes. C’est dans cette position qu'il procede à l'opération.
Procédé par le fouettage. — Ce procédé, qu'on emploie surtout sur les vieux béliers
ui seraient difficiles à bistourner, consiste à her les bourses au-dessus des testicules et à serrer assez fortement pour mortifier tout ce qui est en dessous de la ligaturé. On appelle cette opération /ouettage, parce qu'autrefois on se servait du fouet pour la pratiquer. Voici comment elle est décrite par M. Bourgeois, ARÉCE de la bergerie royale de Rambouilet:
« On fouette les béliers, toujours le matin avant qu’on leur ait donné à manger; il convient aussi qu'ils ne soient point mouillés. Ce sont les mois de mars et d'octobre qu'il faut choisir préférablement pour cette opération.
» Après avoir pris le bélier que lon veut fouetier, on lui lie les quatre membres de manière à ce que ceux de derrière soient rapprochés le plus possible de ceux de devant, sans cependant le trop gêner; on le couche sur le dos, sur la litière, dans la bergerie; ensuite on arrache avec les doigts la laine existant au-dessus des testicules, et qui se trouverait sous le nœud de la ficelle. La ficelle que l’on emploie doit être forte, et avoir environ le double de grosseur du fouet ordinaire. On en fait préparer exprès quand on a beaucoup de béliers à châtrer. On prend un bout d'environ deux pieds de cette ficelle; on attache à chaque extrémité un morceau de bois de cinq à six pouces de longueur sur sept à huit lignes de diamètre. Avec ce lien et dans son milieu, l'opérateur dispose le nœud de la saignée (/g. 184 ), dans lequel il engage les deux testicules recouverts de leurs bourses, et place ce nœud à un ou deux pouces au moins au-dessus de ces organes. Alors deux hommes (A,B /ig. 183), placés un de chaque côté, et qui tiennent le bélier, pendant qu'un troisième C l'empêche de remuer, tirent également la ligature, chacun par un bout, en tenant le morceau de bois à pieines mains et en se plaçant pied contre pied pour avoir plus de force; car : il faut serrer progressivement, sans secousse, pas trop fort, afin de ne pas couper les parties couprises dans le nœud, mais assez pour arrêter complétement la circulation au-dessous de la ligature. Ensuite, pour assurer le premier nœud, on en fait un second simple et droit, que l’on serre également bien, et on coupe chaque bout de ficelle à un pouce et demi environ du nœud; après quoi, on délie l'animal, on fait sortir la verge de son fourreau, et on met le bélier sur ses pieds. Il arrive quelquefois que la ligature casse; dans ce cas, il faut en avoir une autre toute prète, et la remettre de la même manière, sans ôter la première. Quand on voit les béliers se secouer après cette opération, c’est un indice qu'elle est bien faite. Trois jours après on peut cou-
cHAP. 3.
per les testicules à un pouce au-dessous du nœud. »
! survient rarement des accidens après cette opération, très-simple, comme on le voit, et qu’il est possible à tous les propriétaires de pratiquer eux-mêmes, en prenant les faciles précautions que je viens de rapporter.
$ IV. — De la castration du verrat.
On chäâtre les verrats pour faciliter et accélérer leur engraissement, lorsqu'on ne les destine pas à la propagation de l’espèce. L'opération se pratique ordinairement à l’âge de six semaines à deux mois. Cependant il résulterait des observations de Fibors, vétérinaire danois, qui a écrit un traité spécial sur l'éducation du porc, que le lard est plus ferme, plus charnu lorsqu'on ne les châtre qu’à six mois. On chàtre à un âge beaucoup plus avancé les verrats qui ont fait la monte. Dans tous les cas, l’observation démontre que la castration du verrat est le plus souvent sans suites fâcheuses pour l'animal,
C'est par excision simple qu'on châtre presque toujours les gorets de six semaines. On couche l’animal sur le côté gauche; on fait porter en avant et tenir par un aide le membre postérieur droit; puis on fait sur le testicule gauche une incision longitudinale qui traverse toutes les enveloppes, et par laquelle on fait
DE LA CASTRATION
sortir l'organe en le pressant légèrement. On coupe alors le cordon testiculaire avec l’instrument tranchant; on opère de la même manière sur le testicule droit; et la castration est terminée. Il est des opérateurs qui tordent le cordon et arrachent le testicule au lieu de l’exciser. Ce procédé est bon aussi, et peut être mis en usage sans danger. L'animal, qu'on a dù avoir soin de laisser à la diète la veille de l'opération, devra être tenu au régime pendant les huit ou dix jours qui la suivent.
Quand le verrat n’est châtré qu’à six mois, ou plus tard, on ne l’opère plus par excision ou arrachement. Il est plus sûr, et conséquemment préférable, de le châtrer par la Lgature ou les casseaux. La castration par cette dernière méthode se fait de la même manière que dans le cheval et le bœuf, si ce n’est qu'on se sert de casseaux moins forts.
Dans la castration par tigature, la manière d'opérer est encore la même; seulement, au lieu de faire la compression du cordon avec des casseaux, on l’exerce avec une ligature quelconque ( fouet ou forte ficelle). On prépare d'avance, avec ce lien, le nœud de la saiguée; on y engage le testicule quand il est sorti par l’incision faite à ses enveloppes; on remonte le nœud jusque sur le cordon, et on serreaussi fortement que possible, avec la précaution pourtant de ne pas couper le cordon.
On opère séparément sur chaque testicule.
Au bout de viugt-quatre heures, la mortification des testicules étant complète, on enlève les casseaux, ou on coupe la ligature, suivant qu’on a opéré par l’un ou l’autre de ces deux procédés, après toutefois avoir excisé les organes-mortifiés au-dessous du point où la compression existait. L’engorgement peu considé rable et la suppuration peu abondante qui suivent sont de courte durée et ordinairement sans aucun danger.
$ V.—De la castration des femelles.
Moins genéralement en usage que sur Îles mâles, la castration se pratique pourtant aussi sur les femelles de quelques espèces domestiques, soit dans le but de faciliter leur engraissement, soit dans celui d'exercer une influence avantageuse sur les produits qu'’elles donnent de leur vivant. Cette opération consiste à enlever les ovaires seuls, ou avec une partie de l'utérus. 3
De toutes les femelles domestiques, la truie est sans contredit celle que l’on soumet le plus souvent à la castration, qu’on pratique peu sur la brebis, pas sur la jument, et trop rarement peut-être sur la vache. Cette operation ne pouvant être faite sans danger que par des hommes exercés à la pratiquer, je
arlerai peu de son manuel, el me bornerai à quelques considératicns sur ce qu'elle offre d’utile à connaître dans chacune des espèces qui y sont ou peuvent y être soumises.
$ VI.— De la castration des truies-
On châtre les truies seulement pour en faciliter l’engraissement. L'âge auquel on est dans l'habitude de leur pratiquer cette opération, est celui de six semaines alors surtout
qu'on veut les mettre à l’engrais à l’âge Ge six à neuf mois. Mais il est plus avantageux de ne châtrer qu'à six mois celles qui ne doivent être égorgées qu'à la seconde année : il est vrai qu'à cet âge l'opération est plus dangereuse; mais il est d'observation que leur lard devient plus charnu.
Quand la truie à chätrer est très-jeune, il suffit qu'elle soit mise à la diète la veille de l'opération; plus âgée, elle doit y être mise deux jours avant. En général, l'opération est d'autant plus facile et ses suites d'autant moins à craindre, que les intestins sont moins pleins au moment où on la pratique.
On couche à terre ou sur une table la truie a opérer, et, si elle est déjà âgée, on la musèle. Un aide est nécessaire à l'opérateur pour les très-jeunes femelles; pour celles qui sont plus fortes, il lui en faut au moins deux. C’est au milieu du flanc droit que se fait l'incision par laquelle l'opérateur pénétrera dans le ventre pour y chercher les ovaires, les amener au dehors,et les couper, ou ce qui vaut mieux, les arracher, seuls ou avec une partie des cornes de la matrice. Viborg et quelques autres vétérinaires rapportent que sur des truies pleines qu’on leur avait données àchâtrer, ils ont pratiqué l’extirpation de la totalité de la matrice sans qu'il en soit résullé d'accident pour l'animal. Mais ils pensent, et avec raison, qu'il serait très-dangereux en pareil cas de se borner à l’excision des ovaires.
Après l'opération, on réunit les lèvres de la plaie par un point de suture, et on lâche la femelle. On doit avoir soin, pendant les premiers Jours qui suivent, de ne distribuer la nourriture qu'avec ménagement. en donnant de préférence un peu de lait acidulé mêlé de son, de farine et de seigle.
Il est rare, surtout dans les jeunes truies, que la castration ait des suites fàächeuses. Cependant, il peut arriver qu'il en meure le lendemain ou surlendemain de l'opération, soit que celle-ci ait été faite par des mains peu exercées, soit qu'on n'ait pas pris les précautions de régime indiquées avant ou après, soit enfin par lé fait d'influences atmosphériques défavorables. Un léger accident qu'on remarque quelquefois est le développement d’une tumeur sur l'endroit de l’incision. Cette tumeur se ramollissant bientôt à son centre, il suffit d'en faire la ponction; ia matière qu’elle renferme s'échappe, et la plaie, détergée avec un peu de vin tiède, ne tarde pas à se cicatriser.
$ VII. — De la castration des brebis.
D'après Daubenton et Flandrin, cette opération aurait pour résultat sur la brebis, comme sur le bélier, non-seulement de faciliter l’engraissement, et de faire acquérir plus d'ampleur à l'animal, mais encore d'augmenter sa Lo'son et de rendre la laine plus fine et plus douce. Tout en convenant de ses effets sur l'engraissement, M. Tessier nie qu'elle ait la moindre influence sur la pate et la qualité de Ja laine, du moivs
ans la race mérine. Quoi qu'il en soit, cette opération, fort en usage en Angleterre, et, ditcu, en lialie, n’est plus guère pratiquée en Frapce aujourd'hui.