‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 225 sur 467 · LIV OI · texte numérisé non relu

LIV OI

au-dessous du genou; 2° les indurations celluleuses partielles qui se forment quelquefois sur le milieu de cette région, et qu'on connait vulgairement sous les noms de ganglion, de nerf-férure, de tendon ferru; 3° le raccourcissement des tendons qui rend les chevaux droits sur leurs boulets où même bouletes ; 4° les suros (stmples, chevillés où en chapelet) lorsqu'ils existent à la partie postérieure de l'os du canon, et qu’ils sont assez saillauts et assez près des tendons pour en gêner plus ou moins douloureusement le glissement. Dans tous ces cas, il suffit que le feu s'étende sur toute la région tendineuse ( g. 178), un peu en avant seulement dans le cas de suros : et il est complétement inutile, comme on ne le fait encore que trop souvent, d’en recouvrir aussi la région antérieure, — On ne met guère le feu sur cette région antérieure, seulement que sur les calus qui apparaissent sur le point cicatrisé de l’os, quand il a été fractüuré.— On cautérise le boulet seul, dans le cas d'engorgement induré de cette région; celui, parexemple, qui résulte des entorses (efforts de boulet); ou bien encore lorsqu'il existe de chaque côté de ses parties antérieure et postérieure, de petites tumeurs molles (m10o/lettes) produites par la distension des bourses synoviales dans lesquelles les tendons glissent sur ces régions. — La cautérisation de la couronne se pratique dans le cas de ces tumeurs osseuses qu'on désigne sous le nom de formes. On l'y pratique aussi pour faire résoudre ces indurations celluleuses qui subsistent quelquefois sur une partie de cette région après l'opération du javart ou de la seime. Le feu de la couronne doit être mis avec la plus grande précaulion, si on veut éviter une suppuration trop abondante et la chute de la peau. Quelques opérateurs y mettent le feu ez pointes (Jig. 178). — Quand le feu doit être mis sur deux membres, où peut faire l'opération le même Jour si le cheval n’est pas tropirritable, et surtout si les deux membres à cautériser sont opposés en diagonale; parce que, pendant le temps que dureront les douleurs les plus vives après l’opération, l'animal pourra prendre son appui sur le bipède diagonal non opéré; ce qu'il ne pourrait faire si on cautérisait en même temps deux membres antérieurs, deux membres postérieurs ou un bipède latéral, aucun repos n'étant possible, dans ces trois cas, sur le bipède resté sain. Sur un cheval très-sanguin ou très-irritable, il est plus prudent de ne cautériser qu’un membre à la fois, en mettant au moins vingt jours d'intervalle entre chaque opération. — Il en est de même lorsque l’on juge à propos de cautériser les quatre membres : on les opère en deux fois et par bipède diagonal sur les chevaux à constitution ordinaire, et en quatre fois sur des chevaux à constitution nerveuse ou très-sanguine. Autrement, on aurait à craindre, soit la /ourbure, soit les etfets d’une fièvre de réaction très-intense.

— Quelques personnes ont l'habitude de ne se servir d’un cheval qu’elles ont acheté pour monter, qu'après lui avoir fait appliquer le feu sur les rayons inférieurs des deux membres antérieurs, et même des quatre membres, quelque sains que ces membres soient d’ailleurs. Beaucoup de maîtres de postes avaient

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autrefois, et quelques-uns ont encore aujourd'hui la même habitude pour les jeunes chevaux, avant de les faire courir. C’est ce qu'on appelle ux feu de précaution. On suppose qu’il rend les chevaux plus solides sur leurs membres. Rien ne justifie une pareille suppositicn. L'opération, dans ce cas, ne sert qu’à faire souffrir et à marquer inutilement l'animal. I] est toujours temps d’en venir à l'opération quand on voit commencer à se développer quelquesunes des lésions que j'ai indiquées comme réclamant son emploi. — On cautérise le gezou dans le cas d’ergorgement indolent avec ou sans indaralion, borné à cette région ; dans celui de tumeurs molles (7:o/lettes) sur le trajet des tendons; de tumeurs osseuses sur différens points de cette articulation (gerzou cerclé) (N et O Jig. 178 ). — La fatigue qu’'éprouve le arret dans les mouvemens fréquens qu’il exécute, dans les actions violentes dont il est le centre, y rend lapplication du feu souvent nécessaire. On cautérise la totalité du jarret, soit lors des engorgemens indolens dont il est le siége à la suite des entorses (efforts de jarret), soit lorsqu'il est entouré de tumeurs osseuses (yarret cerclé) (L fig. 178). — On le cautérise à sa pointe seulement dans le cas de capelet; à son vide, dans le cas de vessigons ; à sa partie inférieure, interne et antérieure, dans le cas d’éparvin ( fig. 178 M); à sa partie inférieure, externe et postérieure, dans le cas de 7arde ; à sa partie supérieure et interne, dans le cas de courbe.— On met le feu sur toute l'étendue de l'épaule, ou seulement à la pointe de l'épaule. Le premier de ces feux est indiqué dans le cas d’amaigrissement général de cette région, qu'onremarque quelquefois à la suite de linacton absolue à laquelle de vives souffrances du pied ou de toute autre partie de ce membreont condamné cette région. Il arrive aussi qu'on caulérise toute l'épaule ( H 5. 178 ), lors de l'existence de boiterie ancienne dont on sait ou suppose la cause dans une distension des moyens d'union du scapulum au thorax ou à l’humérus ( écart, entr'ouverture ). — Xe feu de /a pointe de l'épaule se met dans le cas assez fréquent d’entorse de l'articulation sca-

ulo-humérale, lorsque cet accident a résisté a des moyens plus simples que fournit d’abord la pharmacie, ou à l’usage d’un séton à mèche ou à rouelle. La finesse de la peau à cette partie, sa mobilité, les mouyemens continuels que lui impriment certains chevaux pendant la cautérisation, la position gênée dans lage se trouve l'opérateur, rendent fort

ifficile l'application du feu à cette région.— La cautérisation de toute la surface externe de la cuisse se pratique lors de lésions analogues à celles qui réclament l'application du feu sur toute la surface de l'épaule, c'est-àdire, l’amaigrissement géneral de cette région, ou des douleurs profondes articulaires ou rhumatismales. Quand la cuisse n’est pas amaigrie, et qu’on est fondé à croire que la cause de la boiterie est une distension, un tiraillement des ligamens de l'articulation du fémur avec le coxal, on se borne à mettre le feu sur la partie correspondante de la cuisse (J #2. 178). —Le feu du grasset (K fig. 178) est indiqué lors des douleurs vives et persistantes, ayant leur siége dans les moyens articulaires de l’ar-

AGR

DE LA CAUTÉRISATION

üculation fémuro-tibio-votulienne; ou bien, et plus fréquemment, lors des tumeurs molles que forme la synoviale rotulienne distendue ; ou enfin, mais rarement,.après la réduction de la luxation de la rotule qui se déplace quelquejois.—Il est peu de propriétaires de chevaux qui ne sachent combien il arrive souvent à ceux de ces animaux qui vont en limon ou qui portent de lourdes charges à dos, de se donner des efforts de reins. C’est lors de cet acci dent, et quand la faiblesse des reins persiste après l'essai des moyens plus simples employés d'abord, qu’il est avantageux de recourir à l'application du feu de cette région (I Jig. 178 )'où il produit presque toujours d’excellens effets, quand il est convenablement mis. — Enfin, on cautérise quelquefois le garrot pour faire résoudre les tumeurs molles, véritables kystes séreux, qui se développent assez fréquemment sous la peau de cette région dans certains gros chevaux affectés de rouvieux (gale de la crinière ), parce que la démangeaison qu’ils éprouvent lesexcite à se frotter avec force sur tous les corps durs qu'ils rencontrent. On comprend que lapplication du feu, en pareil cas, doit être précédée de l'emploi de moyens propres à faire disparaitre d’abord la cause première du mal, c'est-à-dire le rouvieux.

SECTION VII. — Clavélisation.

Les bêtes ovines sont sujettes à une maladie appelée clavelée , caractérisée par le développement sur les parties les moins épaisses de la peau, de boutons pustuleux qui sont d’abord peu saillans, rouges à leur pourtour, et sur le centre desquels on aperçoit, au bout de quelques jours, une pellicule mince, transparente, légèrement grisàtre, laquelle recouvre une matière séreuse qui paraît être le virus claveleux. Bientôt cette sérosité se concrète, et forme une croûte qui ne tarde pas à tomber. La clavelée est très-contagieuse. Elle se développe à tous les âges et dans toutes les saisons * mais elle n’attaque qu’une fois le même individu. Elle est plus grave dans les temps froids et chauds que dans les saisons tempérées. Lorsqu'elle se montre dans un troupeau, elle n’en attaque d’abord qu’une partie, au bout de quelques semaines, elle en atteint le plus grand nombre; et, enfin, dans une troisième invasion qui se remarque de vingt à vingt-cinq jours après la seconde, elle attaque le reste du troupeau; d’où il résulte que chaque invasion et chaque intervalle qui la suit durant à peu près un mois, ce n’est qu'après trois mois que tout le troupeau est atteint, et que le propriétaire est astreint à des soins particuliers, dont il n’est guère débarrassé qu'au bout de quatre à cinq mois. Ajoutons que la clavelée est ordinairement désastreuse, et qu'on doit s’estimer très-heureux quand, dans les meilleures circonstances, elle ne fait périr que huit ou dix bêtes sur cent, ar on l’a vue souvent enlever le quart ou le tiers et méme la moitié des troupeaux.

Ces considérations, que je devais rappeler ici, et qui se retrouveront avec tout le développement qu'elles méritent à l’article C/avelée de cet ouvrage, disent assez haut com-

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