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bien doit être précieux pour l’agriculture un moyen capable de préserver les propriétaires de troupeaux des pertes énormes que peut leur occasionner une maladie contre laquelle l’art ne peut rien lorsqu'elle est une fois déclarée. Ce moyen existe : c’est la claveüsation.
On avait été frappé de la ressemblance que puésentait la clavelée du mouton avec la petite vérole de l’homme. On avait remarqué que la petite vérole due à l’inoculation était beaucoup plus bénigne que celle qui se développait spontanément. On espéra que l'inoculation de la clavelée produirait, par rapport à cette maladie, d’aussi heureux résultats. Des expériences nombreuses et authentiques furent faites, à cet effet, en France, par les ordres du gouvernement el par des propriétaires; elles furent répétées à l’étranger, et partout elies furent couronnées des plus grands succès. Voici ce que dit à cet égard M. de Gasparin, aujourd'hui ministre de l’intérieur, dans son excellent mémoire sur les maladies contagieuses des bêtes à laine.
« Pendant plusieurs années, les Allemands, » les Français du Nord, les Suisses ont rempli » les journaux et les mémoires des sociétés » savantes des résultats heureux de leurs cla- » vélisations. M. Helmaister inoculait dx » mille bêtes à laine sans en perdre uvre seule ; »et ces animaux ayant été mis en contact » avec des bêtes atteintes du claveau, aucun » ne le reprit. Trois mille huit cents bêtes » étaient inoculés par M. Barbancçois, il ne » perdit que dix-huit bêtes, et pas une de race » pure. M. Guérineau, à Châteauroux, clavé- » Jisait Æuit cents moutons, sur lesquels il » n’en perdait que trois ou quatre : M. Grognier pratiquait la même opération aux en- * virons de Lyon, et ne perdait pas un cent » cinquantième des animaux, tandis qu’il en » mourait un quart de ceux sur qui la ma- » ladie se développait naturellement. Nos » propres essais concordent parfaitement avec » cette masse d’expériences; mais ne peu- » vent être cités après des faits si nombreux, » si probans, si bien attestés, et rapportés par des observateurs exacts et instruits. »
Cependant ce serait s’exagérer peut-être les avantages de la clavélisation, que de croire qu’ils ont toujours été aussi remarquablement heureux. Il est quelques troupeaux où elle n’a pas aussi bien réussi; soit qu'elle n'ait pas été bien faite, soit qu’elle ait été pratiquée dans des circonstances défavorables; mais ces insuccès sont très-rares; et, tout balancé, il résulte d'un calcul fait en 1822, par M. Hurirel d’Arboval, sur une masse imposante de faits qu'il a recueillis, que les pertes eprouvées par suite de la clavélisation ne s'élèvent pas à un centième. Dans un pareil relevé fait sur le résultat de plusieurs clavélisations pratiquées à l’école d’Alfort, la perte est évaluée à un sur quatre cents.
Comme on le voit, la clavélisation n’est pas un moyen de guérir la clavelée, puisqu'on doit la mettre en usage avant le développement de cetie maladie; elle n’est pas non plus un moyen d'en préserver les animaux, puisqu’au contraire elle la fait naître. Mais elle est avantageuse :
1° En ce que, dans toutes les circonstances,