‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 227 sur 467 · LIV. INT · texte numérisé non relu

LIV. INT

la clavelée qu’elle développe est peu dangereuse ;

2° En ce qu'étant presque toujours maître de choisir l’époque de la clavélisation, on inocule dans celle des.saisons de l’année où la température est le plus favorable à la marche de la maladie, et où les animaux peuvent être nourris aux champs;

3° En ce que tout le troupeau étant affecté à la fois, on est entièrement débarrassé de la maladie au bout de 5 ou 6 semaines, au plus tard ; considération importante, quand on réfléchit aux soins particuliers qu’exige toujours le troupeau, tant que dure la maladie, et à la gêne, ainsi qu'aux dépenses qu'imposent au propriétaire les mesures de police qu’il est obligé d'observer pendant le même temps.

4° Enfin, en ce que le troupeau étant à l'abri de contracter la clavelée, après l’inoculation, peut être conduit au loin, et traverser sans danger les cantons où règne cette maladie.

J'arrive maintenant à l’opération de la clavélisation :

Elle consiste à introduire sous l’épiderme des moutons une certaine quantité du virus claveleux Ainsi que je l'ai dit, quand on a le choix du temps. on doit préférer le printemps pour clavéliser. Mais quand on craint d’être envahi par la clavelée qui règne dans le voisinage, et, surtout, quand elle a déjà apparu sur quelques individus du troupeau, il est toujours avantageux d’inoculer immédiatement, quelque temps qu’il fasse. Mais, alors, si on a opéré par un mauvais temps, on sera obligé à plus de précautions, pour garantir les animaux contre les influences atmosphériques. — Les troupeaux considérés comme bien portans n’ont besoin d'aucune préparation pour être clavélisés. Pour les individus faibles, il suffit de soins purement hygiéniques. — On peut clavéliser à tous les âges : 11 paraîtrait, d’après M. d’Arsoval, que le jeune âge serait toujours celui qu’on doit préférer; cependant celte opinion, généralement vraie, a rencontré des contradictions dans ces derniers temps. Si les animaux, au moment où on les inocule, portent déjà en eux le germe de la clavelée, on ne doit attendre aucun résultat favorable de l’opéralion, qui, cependant, n’aggrave en aucune facon la maladie. Il en est de même des troupeaux qui sont atteints de la pourriture ; Sur eux, ainsi que l’a observé M. de Gasparin, le claveau naturel, ainsi que le claveau inoculé, n’ont ordinairement que de fâcheux effets.

Il n’est pas indifférent de puiser à telle ou telle source la matière claveleuse que l’on inocule, et qui renferme le virus claveleux qu'on désigne sous le nom de c/aveau. Cette matière doit être puisée sur des boutons claveleux parvenus à leur période de sécrétion.

Elle est alors limpide, presque transparente, et non encore troublée par le pus qui, un ou deux jours plus tard, commence à se produire dans le bouton. Pour l'obtenir, on enlève et déchire avec précaution la pellicule qui recouvre alors le bouton; et, au bout de quelques instans, on voit suinter à sa surface, et la recouvrir, une certaine quantité de la sérosité dont nous venons de parler. On la

uise alors avec l'instrument d’inoculation,

DE LA CLAVELISATION.

celte opération pouvant et devant toujours

et on la transporte sur l'individu à inoculer. | étre, à cause de la délicatesse de son exécu-

Si le bouton saignait après l’enlèvement de la pellicule, il faudrait étancher légèrement le sang avec une éponge, un linge fin ou un peu d’étoupe, et attendre que la sérosité apparaisse sans mélange. Un bouton ordinaire pee ainsi fournir de la matière pour cent

êtes et plus. Quand il cesse d’en fournir, on entame un autre bouton arrivé à la même période, sur le même animal ou sur un autre également atteint. —De récentes mais moins nombreuses observations tendraient à recommander, comme moyen de puiser le claveau, un procédé qui serait à la fois aussi sûr et plus expéditif. Voici en quoi il consiste : après avoir choisi un bouton convenable, on l’incise dans toute sa longueur, en ayant soin que l’incision n’intéresse que la portion exubérante du bouton sur lequel on pratique ainsi une petite rigole qui donne aussitôt écoulement à du sang. On étanche doucement ce sang au fur et à mesure qu'il s'écoule; au bout de dix minutes environ, son écoulement s'arrête, et la petite plaie ne fournit plus qu’une sérosité roussâtre, limpide et ayant tous les caractères du claveau de bonne nature. Pour charger la lancette de cette matière, il suffit de la plonger dans la petite incision pour que ses deux faces soient bientôt imbibées de sérosité. Il paraîtrait que, par ce procédé, un seul bouton peut fournir assez de claveau pour inoculer jusqu’à trois cents bêtes.

Cest ainsi qu'on agit: quand on peut trouver sur les lieux on dans le voisinage, des animaux atteints de la clavelée à la période convenable. Mais, quand on clavélise par pure mesure de précaution, quand l’épizootie claveleuse ne règne pas dans les environs, il faut se procurer du virus recueilli et conservé avec les plus grandes précautions pour ne pas s’altérer. Les vétérinaires pourront indiquer aux propriétaires les moyens de se procurer ce virus. Mais avant de lemployer sur tout le troupeau, et pour juger de ses qualités, on se borne à inoculer trois ou quatre bêtes avec cette matière. Si elle a été bien conservée, si elle n’est pas recueillie depuis longiemps, elle développera sur les animaux

inoculés une clavelée qui, lorsque les boutons |

qui la constituest seront arrivés à leur période de sécrétion séreuse, fournira pour le troupeau tout le virus frais dont on pourra avoir besoin. — Il résulte dé premières expériences faites par M. Girard père, que la matière claveleuse, avec quelque soin qu'on la conserve, perd au bout de peu de temps sa propriélé virulente. De nouveaux essais tentés dans ces derniers temps par des vétérinaires de la Brie, mais dont les résultats, que je sache, n’ont point reçu toute la publicité que mérite leur importance, établiraient que le claveau renfermé dans des tubes capillaires peut conserver des propriétés virulentes au delà même d’une année après qu'il a été recueilli. Il serait à désirer pour l’agriculture que de pareils résultats pussent se confirmer.

J'arrive à l'opération en elle-même, sur laquelle, si simple qu’elle paraisse, je ne donperai que les développemens nécessaires pour la faire connaître d’une manière générale,

tion et de l’importance de ses résultats, confiée à la main exercée d’un vétérinaire.

Les régions du corps qui conviennent le mieux à l’inoculation sont, en général, celles où la peau est dépourvue de laine. Pendant longtemps on opéra sur la face interne des avant-bras, et surtout celle des cuisses. Depuis, on a conseillé de clavéliser depréférence, soit à la partie du ventre qui se trouve en avant des organes génitaux dans le mâle, et des mamelles dans les brebis, soit aux oreilles, soit sous la queue. Les motifs de cette préférence, et ils sont vrais, sont que l'opération demande moins de temps, à l’une ou à l’autre de ces dernières régions; que les accidens qui surviennent quelquefois à l’endroit des piqüûres y sont plus rares et moins graves.

L’instrument qui sert à clavéliser est la lancette ordinaire ou l'aiguille à clavélisation.

Je suppose que la bergerie a été divisée, à l’aide de claies, des rateliers, etc., en deux compartimens, dans l’un desquels se trouvent les moutons à elavéliser ; l’autre étant destiné à recevoir ces animaux au fur et à mesure qu’ils auront été inoculés. Si la bergerie était trop petite pour se prêter à cette division, ou si on n'avait pas les moyens de effectuer, et qu’il fit beau temps, on laisserait dans la bergerie les bêtes à inoculer, et on les lâcherait successivement dans la cour, après qu’elles auraient été opérées. Dans le premier cas, le vétérinaire se place au milieu de l’espace qui laisse communiquer entre eux les deux compartimens : dans le second cas, il se place tout près de la porte. A côté de lui, et sur deux bottes de paille fortement assemblées par une corde, se trouve couché, garrotté et tenu par un aide, le mouton qui doit fournir le virus. Devant lui ont été également préparées deux bottes de paille pour recevoir l'animal à inoculer. Ces deux dernières sont inutiles quand on opère sur les oreilles ou sous la queue, puisqu’alors on ne couche pas l’animal. Un aïde est chargé de saisir et d’amener successivement à l'opérateur les animaux à clavéliser: un ou deux autres, suivant la partie sur laquelle on inocule, fixent Île mouton qu’on opère; un autre maintient celui qui fournit le virus; et enfin, un dernier, dont on pourrait se passer à la rigueur quand on est très-près du mouton claveleux, a pour fonction de charger d'avance un instrument pendant que le vétérinaire inocule avec un autre; car alors on a deux instrumens pour aller plus vite. : rirrueré

Deux piqûres sur chaque sujet, placées à un pouce de distance l’une de l’autre, sont suffisantes. Il faut avoir le plus grand soin, en les pratiquant, de se borner à soulever l’épiderme sans faire saigner; car c’est à la surface du derme que, pour proûuire de bons effets, le virus doit être déposé; la pénétration de l'instrument dans l’épaisseur de cette couche fibreuse, déterminant souvent des tumeurs qui prennent le caractère gangre neux, et peuvent être mortelles pour les animaux.

Les effets de la clavélisation commencent à se manifester ordinairement au bout de trois ou quatre jours, plus tôt dans les jeunes ani-

maux bien portants et dans une saison favorable, un peu plus tard dans des conditions opposées. Sur les piqüres qui s’enflamment à leur pourtour, et quelquefois, mais plus rarement, sur d’autres régions, On voit apparaitre de véritables boutons claveleux, qui suivent à peu près la même marche dans leur développement et leur terminaison que ceux de la clavelée naturelle: seulement, la suppuration, notamment dans ceux développés sur les piqûres, y est plus abondante. Une légère fièvre se développe aussi à l’époque de l’éruption des boutons.

Après la clavélisation, les troupeaux n’exigent généralement que d’être mis dans de bonnes conditions hygiéniques, surtout en ce qui regarde la température. S'il fait doux et beau, on peut les laisser sortir et même parquer. Mais pour peu qu'il fasse froid et humide, il faut les rentrer le soir à la bergerie, et même les y laisser pendant tout le jour. Je n’ai pas besoin de recommander pour la bergerie, dans ce cas, les plus grands soins de propreté et une bonne aération. Il ne faut pas oublier non plus, tant que dure la maladie, de se conformer aux mesures de police sanitaire prescrites pour les troupeaux affectés de ia clavelée.

Les accidents sont rares à la suite de la clavélisation. Cependant, dans quelques cas, on a vu se développer sur les piqûres, du dixième au vingtième jour, des tumeurs, ordinairement dures, très-sensibles, de couleur d’abord rouge foncé, puis violacée et bleuâtre, susceptibles de prendre un volume considérable, et ayant un caractère évidemment gangrénenx. Divers traitemens ont été conseilles pour ces tumeurs. M.Girard prescrit l'emploi de liniment ammoniacal en frictions; et à l'intérieur l’administration de médicamens toniques et légèrement excitans, tels que, par exemple, du quinquina en.poudre dans du vin chaud, à la dose de deux ou trois gros de quinquina par jour dans un verre de vin. Quelques vétérinaires m'ont assuré avoir incisé ces tumeurs dans toute leur étendue aussitôt leur apparition, et en avoir obtenu du succès. Quoi qu'il en soit, il est sage d’appeler un vétérinaire aussitôt qu'on voit se développer de semblables tumeurs après la clavélisation.

SECTION Vil1. — Amputation de la queue.

Dans le cheval. — La queue est un moyen de défense dont la nature a pourvu les animaux contre les insectes. Aussi, lorsqu'elle a eté raccourcie, et surtout pendant les chaleurs, on les voit se fatiguer, se tourmenter et quelquefois dépérir d'une manière sensible. Cet inconvénient se fait principalement remarquer sur les jumens poulinières qu’on abandonne dans les pâturages, et qui, obligées à chaque instant de chasser avec leur tête ou leurs membres les mouches qui s’attachent à elles, ont un fait moins abondant et moins bon, et empêchent leur poulain de se nourrir, ou sont exposées à le blesser en s’agitant.

Cependant, malgré ces inconvéniens, il est peu de chevaux qui conservent la queue entière. On leur en retranche presque toujours

ANIMAUX DOMESTIQUES : CHIRURGIÏE.

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