LIV. 11i
une partie; soit par mode, pour les chevaux de selle ; soit par utilité, pour les chevaux de trait ou d’attelage; soit par nécessité, pour les chevaux qui font le service du halage, dont la queue trop longue et flottante pourrait s’engager dans les cordages des bateaux et les exposer à de grands accidens.
La queue, après sa section, est dite ez balai, écourtée Où en cadogan.
1° On dit qu'un cheval a la queue er balai, quand on a laissé dans toute leur longueur les crins appartenant à la portion restante du troncon de la queue. La queue conserve la forme qu'elle avait avant l'opération; elle est seulement plus ou moins raccourcie. C’est de cette manière que la plupart des propriélaires font couper la queue à leurs chevaux.
Voici comment on fait cette opération. Autant que possible, J’animal doii être à jeun, lors surtout qu'on croit utile de laisser saigner beaucoup la plaie résultant de la section de la queue.
Parmi les instrumens dont on se munit, les uns servent à préparer la queue, les autres à la couper. Pour la préparer, on commence par en bien peigner et éponger les crins. Puis on sépare ceux qui appartiennent à la partie à conserver de ceux qui appartiennent à la partie à couper. Les premiers sont relevés autour de la portion à laquelle ils appartienpent, sur laquelle ils sont contenus à l’aide d'un lien circulaire peu serré; les autres reslent pendans. Le point où se fait cette séparation étant celui où sera faite la section, on le marque avec des ciseaux en coupant circulairement les crins sur cet endroit. Alors on attache l’animal ou on le tient en main, la tête haute; on fait lever avec une plate-longe le pied postérieur du côté opposé à celui sur lequel se place l’opérateur ; un aide est chargé de soutenir la queue et de la tendre parallèlement à son insertion, en la tenant par les crins de la partie à retrancher : l'opérateur, s’il se sert de l'instrument appelé coupe-queue ( fig. 192), en écarte les branches, engage la queue dans espèce d’échancrure semi-cireulaire que présente la branche qui est en dessous, de manière à placer au niveau du couteau de l’autre branche le point de la queue où doit être pratiquée la section ; et aussitôt, rapprochant avec force l’une de l’autre les deux branches qui sont articulés à charnière par une de leurs extrémités, il opère la section en un seul temps.
Si, comme il peut arriver, on n'avait pas de coupe-queue à sa disposition, on pourrait mettre en usage l’un des moyens suivans. La queue étant préparée et tenue comme dans le cas précédent, l’opérateur place au-dessous d'elle à l'endroit où elle doit être amputée, et perpendiculairement à sa direction, le tranchant dela lame d’un boutoir de maréchal dont iltient le manche dans sa main gauche, pen dant qu'avec un fort maillet de bois dont est armée sa main droite, il frappe sur sa partie supérieure au point où elle repose sur le boutoir, un coup assez fort pour en opérer la section; un second coup est quelquefois nécessaire pour compléter l'opération. Outre l'inconvénient d’être moins facile et moins expéditive, cette méthode a encore celui d’occasionner une contusion qui n’est pas toujours
sans suite ficheuse, sur ;a partie de la queue que frappe le maillet. ; À
Une autre méthode, qui n’a pas ce dernier désavantage, consiste dans l'emploi d’un bon couperet bien tranchant, d’un billot et d’un maillet. Un aide place le billot (ordinairement un fort rondin de 3 à 4 pieds de hauteur) debout, derrière le cheval, et fait porter sur l'espèce de table que forme son extrémité supérieure, la portion de la queue sur laquelle doit être opérée la section; aussitôt l'opérateur fait l'amputation, soit en assénant sur la queue un vigoureux coup de couperet, soit en appuyant seulement le tranchant du couperet sur la queue et en en frappant le dos avec le maillet. Par ce dernier mode, on est plus sûr de faire l'amputation au point précis où on a l'intention de la faire.
Quelle que soit celle de ces trois méthodes qu'on ait mise usage, il arrive qu'aussitôt après la section, le sang s'échappe du bout resté du troncon par trois ou quatre petits jets artériels, d'autant plus forts que l’opération a été faite plus près de la base de la queue. Si l’on veut profiter de cette occasion pour faire une saignée à l’animal, on n'arrête l’hémorragie que lorsque la quantité de sang écoulée est jugée suffisante; et, pendant l’écoulement, on désentrave le cheval pour ne pas le fatiguer sans nécessité.
Lorsqu'on veut arrêter l’hémorragie, l'opérateur, après avoir fait réentraver le cheval, saisit de la main gauche et à pleine main le troncon de la queue qu'il redresse un peu pour bien découvrir la plaie, et, de la main droite, 1l applique sur cette plaie et y appuie fortement pendant huit ou dix secondes l’extrémité annulaire du cautère actuel connu sous le nom de bräle-queue (fix. 190). Ce cauière, qui a dû être chauffé à blanc, est appliqué sur la plaie, de manière que l’ouverture de l'anneau qu’il représente corresponde à la légère saillie que forment les os coccygiens au centre de cette plaie. Le plus souvent une seule application du cautère est suffisante.
Mais on doit en faire une seconde si on s’apercoit que l’escarre produite par la première est trop mince, et que quelques gouttelettes de sang s’échappent à travers. Là se borne l'opération, quand la queue doit rester ez balai. On enlève le lien qui fixait les crins retroussés ; ceux-ci retombent autour duü moinon qu'ils recouvrent: on les peigne, et tout est terminé. L’escarre tombe seule au bout d’un temps variable, et la plaie qui en résulte se cicatrise sans exiger aucun soin particulier.
Il arrive pourtant quelquefois, quand les chevaux se frottent, que l’escarre tombe, ou plutôt est arrachée avant le temps. Alors il peu se former au bout de la queue de petits
ourgeonnemens fongueux qu’on connait sous le nom de cerises, et la plaie peut prendre le caractère ulcéreux. Cet accident, combattu à temps, est sans aucune gravité. IL suffit d’exciser avec le bistouri les chairs fongueuses, et de faire une nouvelle cautérisation avec le brûle-queue. 11 faut, en même temps, que la queue soit Lenue proprement pour prévenir le prurit, et que l'animal soit mis à l'écurie dans une place où il ne puisse se frotter.
2° Un cheval écourté est celui auquel on a laissé tout au plus un pied du tronçon de la