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paitre sur les terres élevées et sèches, ou en faisant entrer pendant qüelque temps les alimens secs pour moitié dans leur nourriture, et en mettant du fer dans leur eau; lorsque la diarrhée des moutons est rebelle; on la guérit assez rapidement en administrant aux bêtes malades un demi-verre de vin rouge par jour.
Les symptômes de l’entérite diarrhéique aiguë consistent surtout dans la sortie d’excrémens liquides, abondans, de nature muqueuse, ou séreuse, ou purulente, d’une odeur quelquefois très-fétide, et contenant souvent des stries de sang, des vers entiers ou en fragmens, et des parcelles d’alimens qui wont pas été attaqués. A ce symptôuwe se joignent la soif, la diminution ou la perte totale de l'appétit, la rougeur des yeux, la chaleur de Ja bouche, la plénitude et la dureté du pouls ; les flancs sont retroussés, et les parties postérieures sont continuellement salies par les excrémens qui sortent souvent de l’anus sans que l’animal s’en aperçoive. Si la maladie continue, l’amaigrissement survient, et la mort peut en être le terme; il est cependant assez rare que cette terminaison survienne.
— Le traitement consiste avant tout à rechercher et éloigner les causes de la maladie. — La diète plus ou moins absolue est un moyen sur lequel il faut surtout insister; dans tous les cas il ne faut donner les alimens que sous forme liquide. Si la maladie s’accompagne de fièvre, on aura recours à une ou plusieurs saignées; on aidera ces moyens par la fréquete administration de breuvages adoucissans et oplacés ( n° 5 et 62), et de lavemens de même nature (ne 7). Lorsque l’on est parvenu à rendre la maladie moins forte, et que cependant la diarrhée continue toujours, on doit cesser l’usage des breuvages adoucissans, et avoir recours aux breuvages astringens opiacés (n° 36). Quand ce traitement est suivi de succès, la diarrhée disparaît, et une légère constipation lui succède; il faut bien se garder de chercher à faire disparaitre celle-ci par les laxatifs, car on courrait le risque de voir là diarrhée se renouveler. Le malade ne doit être remis que graduellement à son régime accoutuimé.
Lorsque les causes que j'ai indiquées plus haut agissent lentement et sur des animaux faibles, la diarrhée, au lieu d'être aiguë, a la forme chronique. Les chevaux qui en sont atteints sont désignés sous le nom de vidarts.
On doit dans ce cas avoir principalement recours aux médicameps astringens (no 36).
Quand de jeunes animaux à ia mamelle sont alteints de diarrhée, il faut les sevrer ou les livrer à d’autres nourrices. Brugnone prescrit pour les poulains pendant 3 à 4 jours un purgatif composé de 3 à 4 onces de rhubarbe dans du sirop de chicorée; on peut encore employer pour ces jeunes animaux le breuvage n° 35. Delabère-Blaine conseille de traiter la diarrhée des veaux en délayant de l’empois (pâte cuite d’'amidon) dans le lait qui leur sert de nourriture.
D. Entérite dysentérique ( dysentertie, diarrhée sanguinolente ). Cette nuance de l’entérite est tres-analogue à la précédente; elle n’en diffère que par une gravité plus grande, et par la nature des excrémens qui sont mélés
de sang. L’entérite prend de préférence la forme dysentérique lorsqu'elle s’est développée sous l'influence de logemens insalubres, des exhalaisons des animaux entassés, des miasmes de marais et autres foyers d’'infection. Les bœufs sont plus que les chevaux sujets à cette maladie, qui est plus grave, plus souvent mortelle que la précédente, et qui, attaquant simultanément un grand nombre d'animaux, prend souvent le caractère enzootique ou épizootique. Le traitement dè Ja dysenterie est en tout semblable à celui de la diarrhée.
$ VI. — Gastro-entérite.
C’est l’inflammalion de la membrane muqueuse de l’estomac et des intestins. La chaleur humide de l'atmosphère, le séjour dans des lieux malsains, au milieu d’émanations animales où de miasmes végétaux, la mauvaise alimentation, les travaux forcés, la suppression brusque d’un écoulement habituel, ladministration des médicamens irritans, les refroidissements subits, etc., en sont les principales causes. — Les symptômes de cette maladie sont nombreux et variés. Tantôt il y a perte d’appélit, soif vive, langue rouge aux bords et à la pointe, blanche au centre, salive rare et épaisse, pouls plein et fréquent, rougeur des yeux (févre irflammatoire); tantôt à ces différens symptômes se joignent des vomissemens de bile chez les chiens, de la diarrhée bilieuse, la couleur jaur'e des yeux et de la muqueuse de la bouche (févre bilieuse ); parfois il y a diarrhée, faiblesse et fréquence du pouls, coliques passagères, soif modérée, langue recouverte d’un enduit grisètre et limoneux, excrémens mu-
ueux (févre muqueuse); d'autres fois à ces derniers symptômes viennent s'ajouter sur la fin une faiblesse profonde, de la somnolence, une fièvre très-intense, la décoloration et l’infiltration des yeux et des muqueuses apparentes (févre putride, adyramique ); d'autres fois, enfin, la maladie se complique de convulsions, d’agitation, de fureur, de vertige, etc. (févre ataxique, fièvre maligne ). Ces deux dernières variétés sont toujours très-graves, et presque toujours rapidement mortelles. Les autres peuvent être traitées avec quelque chance de succès par la méthode antiphlogistique. — Les fortes saignées au début, les lavemens émolliens, les breuvages adoucissans ou acidulés (n° 5,7 et 13); l’abstinence des alimens sont les principaux moyens à mettre en usage. Les saignées conviennent particulièrement au début des gastro-entérites dont l'invasion est violente, surtout lorsque l’animal est jeune, vigoureux et sanguin, et que la maladie s'accompagne de l'inflammation de quelque organe parenchy- .mateux ( foie, poumons, etc.). Dans la variété qui a reçu le nom de ffévre muqueuse, les saignées ont rarement besoin d’être portées aussi loin que dans les autres cas. Sur la fin du traitement, on remplace les boissons adoucissantes par les breuvages amers ( décoction de chicorée sauvage, de tanaisie, de gentiane, etc.). Les révulsifs, tels que les sétons et les vésicatoires, doivent être bannis du traitement
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PATHOLOGIE: SPECIAL
de la gastro-entérite,excepté de celle qui a recu le nom de févre ataxique ; dans ce cas, les vésicatoires aux fesses, les frictions irritantes sur les membres, l'application de la glace sur la tête doivent être employés. Du reste, la gastroentérite est toujours une affection grave, dont le traitement peut varier dans une foule de Cas qui ne peuvent être appréciés que par un homme de l’art; il est donc prudent de se borner à priver l’animal d’alimens, à lui faire une première saignée, el de recourir immédiatement aux lumières d’un vétérinaire expérimenté.
$ VII. — Indigestion,
On nomme irdigestion tout trouble passager et subit de la digestion. — Les causes predisposantes des indigestions sont :
les maladies de l’estomac et des intestins, l'irritabilité de la mernbrane muqueuse gastro -intestinale, l’usage habituel d'alimens échauffans, un repas copieux apres un jeûne longtemps prolongé, eic. Les causes occasionnelles sont : l'impression de la grande chaleur et du froid rigoureux pendant que la digestion s'opère, les exercices violens daus les mêmes circonstances; l’ingestion d’un jiquide trés-froid dans l'estomac, et princi. palement la quantité et la nature des alimens et des boissons. Les alimens peuvent, indépendamment de leur quantité, qui occasionne Ja distension du tube digestif, être indigestes par leur mauvaise qualité, ou,parce que, avant d'arriver à l’estomac, ils n’ont point été suffisamment mâchés et imbibés de salive : c’est ce qui arrive lorsque quelque disposition vicieuse des dents, ou bien quelque affection qui s'oppose aux mouvemens des mâchoires, empéche les animaux de broyer suffisamment leurs alimens, ou bien, lorsque, pressés par la faim, ils mâchent et avalent trop précipitamment. Mais ces causes ne suffisent pas, le plus souvent, pour produire une indigestion ; il faut avant tout que les animaux y soient prédisposés par un état intérieur bien souvent inappréciable ; sans cela on ne coimprendrait pas comment il se fait que, dans un grand nombre de cas, la digestion est à peine troublée après un repas très-copieux, fait avec des alimens fort indigestes, tandis qu'uue violente indigestion survient dans des cas où les causes qui la produisent sont loin d’être aussi manifestes.
Les solipédes sont les animaux domestiques les plus sujets aux indigestions ; les chevaux fins en sont atieints moins fréquemment que les gros chevaux, probablement parce que ces derniers ont souvent à faire de longues marches pendant lesquelles ils éprouvent la faim; parce qu'on les attelle aussitôt qu'ils ont mangé, pour exiger d’eux un travail pénible ; enfin parce qu’on leur donne beaucoup d'avoine et de son, et que pendant la nuit on les bourre de foin, de luzerne, de sainfoin vieux et dur. C’est surtout au moment où ces animaux font usage d’alimens nouvellement récoltés, que les indigestions deviennent fréquentes. — Chez les uminans, les alimens ne parvenant dans la caillette, ou quatrième estomac, qu'après avoir été déposés dans la
panse, et mâchés pour la seconde fois pendant l'acte de la rumination, ces animaux sont peu exposés aux indigestions; mais ils sont fréquemment atteints de r2étéorisation (voyez ci-après Tympanite). Le cochon,le chien et le chat, ayant la facilité de se débarrasser par le vomissement des alimens qui les génent, sont rarement atteints d’indigestion.
Les symptômes de l’indigestion sont variables suivant l'intensité de l’accident; celui-ci se manifeste ordinairement après le repas; l'animal cesse de manger, bâille, gratte le sol avec ses pieds de devant, regarde son flanc, cherche à se coucher, se roule; le pouls est petit et concentré, la bouche est chaude et sèche, les yeux sont larmoyans, la tête est basse et souvent appuyée sur la mangeoire.
On entend fréquemment des borborygmes (gargouillemens) dans le ventre, et la sortie plus ou moins bruyante de vents par le fondement. Il y a ordinairement constipation, quelquefois diarrhée fétide, souvent développement de gaz dans l'intestin et ballonnement du ventre. Chez les chevaux, l’indigestion grave est assez souvent suivie de symptômes de fureur, de sueurs partielles ou générales, de tendance continuelle à se porter en avant, à pousser au mur : On dit alors que l'animal est affecté d’zxdigestion vertigineuse (voyez Vertige abdominal). L’indigestion a quelquefois des suites fâcheuses qui sont généralement annoncées par le froid des extrémités, les sueurs froides, des efforts semblables à ceux du vomissement, un calme apparent succédant subitement à des efforts violens; mais le plus ordinairement, après quelques heures de souffrance, il survient une abondante sortie de gaz, d’excrémens et d’urines, à la suite de laquelle le calme renaît.
Traitement. L’indigestion est-elle simple, la diète, l'administration d’infusion de plantes aromatiques, de liqueurs vineuses ou spiritueuses tièdes (n°° 19, 20) peuvent d’abordètre mises en usage; on y ajoute des lavemens émolliens, des frictions sèches sur tout le corps que l’on a soin detenir chaudement couvert.
Si les accidens persistent, et s’il ne survient point d'évacuation d’excrément, on peut avoir recours aux purgatifs doux en grand lavage (n° 45), et aux lavemens de même nature ; de légères promenades, au pas, peuvent être souvent utiles. S'il survient des symptômes de vertiges, il faut se comporter comme il sera dit à l’article fertige abdominal. Si l'indigestion parait être la suite d’une inflammation de l'intestin, il serait dangereux d’employer les moyens que je viens d'indiquer ; c’est l’inflammation qu'il faudrait combattre, et on y parviendrait par des saignées plus où moins fortes, et l'administration d’abondans breuvages et lavemens émolliens. Comme on le voit, il est très-essentiel de faire la distinetion de ces deux cas, puisque le traitement à leur opposer est tout à fait différent. Ce ne sont que les antécédens qui peuvent mettre Sur la voix de cette distinction; cependant lindigestion simple essentielle est plus fréquente que celle qui n’est qu’un symptôme d'une inflammation gastro-intestinale.