‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 264 sur 467 · LIV. INT · texte numérisé non relu

LIV. INT

d’air, 2° l'inspiration de gaz délétères. Le defaut d’air peut être occasionné par l’occlusion du nez, la strangulation, la compression de la trachée-artère par la présence d’un corps étranger dans l’æœsophage, une angine laryngée grave ou bien un coryza aigu (voyez ces mots); la submersion dans l’eau, l'immersion dans une atmosphère raréfiée ou chargée de gaz qui, sans être délétères, sont cependant impropres à la respiration; un collier trop serré, un breuyage administré avec imprudence, et dont le liquide passe dans la trachée, etc.— Les principaux symptômes sont les suivans : les membranes muqueuses apparentes deviennent livides et gonflées,les yeux sont saillaps, l’intérieur de la bouche est bleuâtre, les veines du cou sont pleines de sang et trèsapparentes au dehors, tout le corps est agité, les excrétions ont lieu involontairement; bientôt tout mouvement disparait, et les signes de la mort surviennent,

Traitement.— 1 faut avant tout éloigner la cause de l’asphyxie, mettre l’animal dans un endroit bien aéré, faire des frictions trèsrudes sur les membres avec le liniment ammoniacal.le vinaigre, l'essence de térébenthine; diriger des vapeurs de tabac dans les naseaux, administrer des lavemens àâcres et purgatifs ; eufin, si l’asphyxie dépend d’un obstacle au passage de l’air, il faut pratiquer la tracheotomie entre cet obstacle et les poumons (voyez Chirurgie, article trachéotomie). La saignée est indiquée lorsque la circulation et la respiration sont rétablies. mais s’exécutent avec désordre, et lorsque le corps est bien réchauffé,

D. Maladies des systèmes séreux et cellulaire.

$ IT. — Pleurésie (pleurite).

Inflammation de la membrane séreuse qui tapisse la poitrine et les organes qui y sont contenus (plèvre). Cette maladie peut être aiguë ou chronique.

La pleurésie aiguë est quelquefois la suite des affections des poumons; le plus souvent elle est produite par les refroidissemens subits, les boissons très-froides lorsque les animaux ont chaud; en un mot, par tout ce qui peut produire ce que l’on nomme une sueur rentrée ; les violences extérieures, les plaies pénétrantes de la poitrine peuvent encore la déterminer. Il n’est pas facile de distinguer, au commencement, la pleurésie de la fluxion de poitrine; car le frisson, l’anxiété, la gène de la respiration, la sécheresse de la bouche et de la peau sont des symptômes communs à ces deux maladies. Néanmoins, quand la pleurésie date de plusieurs jours et qu’elle est bien déclarée, la toux sèche, rare, petite et comme avortée, le pouls vite et serré, l’absence du râle crépitart, la faihlesse du bruit respiratoire dans presque toute l'étendue de la poitrine, la sensibilité des parois de cette cavité à la percussion, sont des signes qui ne permettent pas de la méconnaître. Du cinquième jour la pleurésie se termine par résolution ou par épanchement. Ya première terminaison s'annonce par la cessation graduelle de tous les symptômes, et le retour à la sante.

Lorsque l’épanchement a lieu, il y a matite,

CHAP. à.

et absence du bruit respiratoire à la partie inférieure de la poitrine jusqu’au niveau du liquide épanché; ces signes existent toujours des deux côtés et au même niveau chez les solipèdes; ils peuvent ne se montrer que d’un côté chez les carnivores. L’inspiration devient de plus en plus grande, les battements du flanc augmentent, les marines se dilatent, l’animal écarte les membres antérieurs, il se forme un œdème sous la poitrine; enfin, si la maladie fait des progrès, il arrive un moment où l’animal meurt suffoqué. A l'ouverture, on trouve dans le thorax une quantité plus ou moins grande d’un liquide trouble et contenant des flocons albumineux qui ressemblent à de l’omelette mal cuite.

Traitement. W doit être énergique et employé dès le début. On commence par une large saignée générale ; immédiatement après on applique un fort cataplasme de farine de moutarde sur les côtés des parois inférieures de la poitrine, ces régions ayant été préalablement rasées et frictionnées avec du vinaigre chaud. Au bout de deux heures, on donne de nombreux coups de lancette ou de bistouri dans l’engorgement qui résulte de cette application, et on expose la partie à la vapeur d’eau bouillante, afin d'obtenir un abondant écoulement de sang. Cela fait, on réapplique le sinapisme chaudeton réitère les coups de lancette, el par conséquent les saignées locales tant que l’exige l’état du malade (assez souvent quatre ou cinq fois dans l’espace de vingt-quatre heures); puis on remplace les sinapismes par des cataplasmes de farine de lin. À ces moyens on joint les boissons adoucissantes (n° 4) ou légèrement nitrées, les électuaires adoucissants opiacés ( n° 2 ), la diète sévère,unetempérature douce et un repos parfait. Lorsque, malgré ces soins, la maladie se termine par épanchement, l’animal peut être considéré comme perdu, bien que la maladie dure parfois très-longtemps avant d’entrainer la mort. C’est cette terminaison qui constitue ce que l’on nomme la pleurésie chronique (voyez ci-après ).

$ II.—Hydropisie de poitrine (kydrothorax).

L’accumulation de liquide dans la cavité de la poitrine est presque constamment l'effet de l’inflammation aiguë ou chronique des plèvres; quelquefois cependant elle peut être occasionnée par une maladie de cœur ou des gros vaisseaux; mais ce cas paraît fort rare chez les animaux.—Les symptômes qui signalent cette affection sont les suivants : respiration irrégulière, souvent entrecoupée; inspiration

rande, expiration courte, battements des

ancs; toux sèche, fréquente et quinteuse ; absence complète du bruit respiratoire et matité dans les régions inférieures de la poitrine, bruit respiratoire très-fort etrésonnance dans les régions supérieures, muqueuses pâles et infiltrées ; œdème sous la poitrine et quelquefois sous le ventre et aux membres; difficulté dans la marche; essoufflement et naseaux dilatés:

enfin mort par suffocation. On a conseillé de combattre l’hydrothorax par les diurétiques (n° 52, 53, 54, 55 et 56); par l’administralion du tartre stibié à haute dose; par la ponction de la poitrine (empyème) pour donner issue au liquide accumulé dans cetie cavité; mais il faut

PATHOLOGIE SPÉCIALE

avouer que les succès que l’on a obtenus sont si rares qu’ils peuvent être considérés comme des exceptions; le plus prudent est de faire le sacrifice de l’animal, et de ne pas s’exposer à des frais inutiles.

$ III. — Péritonite.

C'est l’inflammation de la membrane séreuse qui tapisse l'abdomen. Cette maladie affecte plus fréquemment le cheval et le chien que les autres animaux. Elle reconnaît le plus ordinairement pour causes les plaies du ventre, la présence d’un corps étranger dans cette cavité, l’inflammation d’une partie voisine, les sueurs rentrées, la castration, les parluritions laborieuses, etc.—Les symptômes carastéristiques de cette affection sont : des frissons partiels, la sensibilité du ventre, la respiration courte, le pouls fréquent et serré, : la peau sèche, la langue pâteuse, mais peu rouge, l’absence de tout symptôme d'affection de poitrine et de maladie intestinale. L'animal se tourmente peu, regarde souvent ses flancs, et prend une attitude quelconque qu’il conserve ordinairement assez longtemps sans la.

changer. Au bout de vingt-quatre heures envirop, l'agitation survient, l’animal paraît trèsinquiet, change fréquemment de place, dilate ses naseaux, se couche, se relève et finit par tomber et mourir dans les convulsions. Cette maladie, dont le diagnostic est fort difficile et deniande du tact et de l'habitude, est à peu près inévitablement mortelle. J’aitraité et vu traiter plusieurs chevaux atteints de péritonite, et malgré les soins les plus rationnels, tous sont morts. M.Vatel conseille les saignées générales : eh bien! j’atteste que ce moyen est presque impraticable, car il est fort difficile d’avoir du sang; et à peine en a-t-on, avec beaucoup de temps, tiré quelques verres, que l’animal est sur le point de tomber en syncope.

J'ai employé avec aussi peu de succès les sinapismes et les scarifications sous le ventre, les fumigations d’eau bouillante sous une couverture enveloppant amplement le corps, les boissons adoucissantes ou opiacées, ou diaphorétiques, les frictions révulsives sur les extrémités. Enfin, en désespoir de cause, j’en suis arrivé à laisser mourir tranquillement Îes animaux qui sont atteints de cette maladie, et Je conseiile à tout le monde d’en faire autant, à moins que l’affection ne soit fort légère.

$ IV. — Hydropisie abdominale (ascite).

Les chiens sont plus souvent atteints de celte afféction que les autres animaux domestiques. Cette hydropisie est quelquefois la suite d’une inflammation chronique du pérrtoine, ou bien du foie, des reins, de la rate, de l’intestin, etc. Elle apparait aussi quelquefois sous l'influence du froid humide, des boissons froides, etc. Le volume croissant du ventre, la fluctuation qu'y fait percevoir le liquide lorsqu'en appuyant la paume de la main sur un des côtes du ventre, on percuie ou l’on fait percuter l'autre côté par un aide ; la difficulté de la respiration, occasionnée par le refoulement du diaphragme en avant et la compression des organes dé la respiration; la soif vive, les urines rares et la maigreur de l’animalsont

les principaux signes faisant reconnaître cette maladie. — Le traitement de l'hydropisie du ventre est analogue à celui de l’hydropisie de poitrine et n’est pas plus souvent suivi de succès.

$ V.—Hydrocèle.

C'est le nom que l’on a donné à l’accumulation de sérosité dans les enveloppes des testicules. L’hydrocèle peut avoir son siége dans le tissu cellulaire qui sépare ces enve- Joppes (kydrocèle par infiltration), ou dans la cavité de la tunique vaginale (Aydrocéle par cpanchement). Ces affections se remarquent plus souvent sur les chevaux que sur les autres animaux. à à

a. L’hydrocèle par infiltration a toujours lieu aux deux côtés des bourses à la fois; elle se présente sous la forme d'une tumeur molle, pâteuse, conservant l'impression du doigt, et s'étendant à tout le scrotum; elle accompagne quelquefois l'hydropisie du ventre, et alors elle est ordinairement froide; elle est au contraire chaude et douloureuse lorsqu'elle dépend uniquement d’une affection des enveloppes tesiiculaires : c'est dans ce dernier cas seulement qu'elle peut être traitée. Ce traitement consiste à faire des fomentations émollientes sur les bourses, à appliquer sur les mêmes parties des bandages matelassés auxquels on fait succéder les applications résolutives et astringentes (eau de chaux aiguisée d’esprit-de-via, décoclion d’écorce de chêne, blanc d’Espagne délavé dans le vinaigre). Les scarifications ne doivent être mises en usage que dans le cas d'insuffisance de ces premiers moyens.

b. L'hydrocèle par épanchement n'a ordinairement lieu que d’un seul côté: il se présente sous la forme d’une tumeur lisse, égale, molle, indolente, mobile à sa surface, angmentant de volume de bas en haut, irréductible, et ne variant pas de volume avec les différentes positions que le malade peut prendre, Le traitement de cette maladie consiste le plus ordipairement dans la castration, quiestle moyen de guérison le plus sûr. Cependant, lorsque l'hydrocèle est simple, on peut tenter la ponction des bourses pour donner issue au liquide épanché, en ayant soin de faire suivre cette opération d'une injection de vin ou de teinture d'iode très-étendue d'eau dans la poche vaginale, afin d'enflammer les surfaces de cette poche, et d'en déterminer l’adhérence.

$ VI. — OEdème.

On désigne sous le nom d'OEdème l'hydropisie partielle du tissu cellulaire. L’œdème peut être froid ou chaud. Le premier est ordinairement la suite d’un obstacle à la circulation, ou d’une pleurésie chronique, ou bien d'une hydropisie du ventre; quelquefoisil se développe sans causes connues; il se montre sous le ventre, sous la poitrine, aux membres, sous forme d’une tumeur uniforme, indolente, froide, étendue, se laissant facilement déprimer, mais gardant quelque temps l'impression du duigt. Le traitement de cette affection est rarement suivi de succès lorsqu'elle dépend d'une autre maladie; c’est alors à la maladie principale qu'il faut donner ses soins; dans

Page 1