‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 265 sur 467 · LIV. IL le cas contraire, les frictions aromatiques ou · texte numérisé non relu

LIV. IL le cas contraire, les frictions aromatiques ou

spiritueuses (infusions aromatiques, eau-devie camphrée), les diurétiques à l’intérieur (n° 59,53, 55) peuvent avoir de bons effets.

Dans beaucoup de cas on a recours à des scarifications faites avec le bistouri pour donner écoulement au liquide.

L'œdème chaud peut être produit par la

suppression de la transpiration de la peau, les

plaies, les contusions, la cessation subite de l'allaitement, etc. ; il siége surtout aux jambes,

sous le ventre, sous la poitrine, aux mamelles,

au fourreau, où il se montre sous la forme d'une tuméfaction uniforme, plus ou 1oins étendue, un peu chaude, légèrement sensible, résistant faiblement aux doigts. Cette maladie disparait ordinairement avec la cause qui l’a produite; dans le cas contraire on a recours aux moyens indiqués pour l’œdème froid, et surtout aux sudorifiques (n° 72.73, 75), si cet œdème est occasionné par la suppression de la sueur.

$ VIL. — Anasarque.

L'anasarque est l'hydropisie générale du tissu cellulaire. Les causes qui peuvent lui donner naissance, les symptômes qui la signalent et le traitement qu'il convient de lui opposer, sont, à peu de chose près, identiques aux causes, aux symptômes et au traitement de l’œdème; seulement l’anasarque est plus grave.

E. Maladies des organes de sécrétions.

$ I".— Esquinancie iuterne ( parutidite, avives, oreillon ).

C'est l’inflammation des glandes salivaires placées sur les côtés de la partie supérieure du cou, au-dessous des oreilles, entre la partie postérieure de la mâchoire inférieure, et la première vertèbre de l’encolure. Elle survient quelquefois spontanément chez les jeunes animaux, soit d'un côté, soit des deux côtés, à la suite de l’impression du froid; mais le plus souvent elle est produite par des coups, des blessures, et surtout par cette pratique aveugle et barbare de certains maréchaux, qui, lorsque les animaux ont des coliques, saisissent la glande dont il s’agit, avec des tricoises, et la frappent avec le manche de leur brochoir, coutume qu'ils désignent sous le nom de battre les avives. Dès que la parotide commence à s'enflammer, elle se gonfle, devient chaude, douloureuse au toucher, surtout pendant les mouvemens des mâchoires, ce quigène la mastication et rend difficile l’action d’avaler les alimens et les boissons ; souvent même la respiration est gênée. Dans le plus grand nombre des cas, la sécrétion de la salive est augmentée et une bave visqueuse plus ou moins abondante s'échappe de Ja bouche. Pour peu que l’inflammation soit intense, il survient une fièvre plus ou moins forte; enfin il arrive un moment où du pus se forme, soit dans le tissu de la glande, soit au-dessous de la peau, et s’'amasse en foyer qui tend à se faire jour au dehors.

Traitement. Xorsque la maladie est légère, elle ne réclame pour tout traitement que la précaution de garantir la gorge du froid, en

la recouvrant d’une peau d'agneau, la laine en dedans, et de donner à l’animal des alimens faciles à mâcher et à avaler. Si le gonflement de la glande est considérable, on l’enduit d’onguent populéum ou de cataplasmes adoucissans (n° 3); s’il survient de la fièvre, on a recours aux saignées plus ou moins fortes, à la diète, et à l'administration des breuvages tempérans (n°° 12, 13) et des lavemens émolliens (n° 7). Enfin, lorsque malgré ces soins il survient un abcès, il faut se hâter de donner issue au pus, en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne faire qu'une petite ouverture, afin d'éviter de blesser la parotide, et de donper lieu, par suite, à une fistule salivaire.

$ Hi. — Inflammation des mamelles (mammite, mastoite ).

Cette maladie se remarque souvent chez la vache, la jument, la brebis et la chienne. Chez la vache elle est fréquemment due à une pratique blämable des marchands, qui, pour que les vaches qu'ils se proposent de vendre paraissent avoir de gros pis, laissent ces femelles pendant plusieurs jours sans les traire, et leur lient même les trayons pour empêcher le lait de sortir spontanément. La trop grande abondance du lait, la faiblesse des petits sujets qui ne vident pas complétement les mamelles, les coups de tête qu'ils donnent en tétant, les sevrages trop brusques, l’action de l’air froid, les piqûres d’abeilles ou d'insectes venimeux, les blessures des mamelles, etc., sont encore des causes susceptibles de déterminer cette maladie chez toutes les femelles domestiques.CAez les brebis cette affection a reçu le nom de mal de pis, et celui plus vulgaire d’araignée, probablement parce qu’on s’est imaginé que la piqûre de cet insecte en élait la cause ; mais la malpropreté et la température trop élevée des bergeries, la dureté du sol sur lequel repose le pare, les nombreux coups de tête que les agneaux donnent à leurs mères en tétant, les ordures et les mottes surlesquelles ces dernières se couchent en sont les causes les plus fréquentes. Cette affection se développe souvent chez les chiennes lorsqu'on les prive de leurs petits immédiatement après l'accouchement.

Au début de la maladie, les mamelles se tendent, se tuméfient, deviennent sensibles et douloureuses, et sont souvent parsemées de nodosités rénitentes. Bientôt la tuméfaction s'étend jusqu'aux aines et même au-dessous du ventre el aux membres de derrière qui deviennent roides; la douleur augmente, les mamelles rougissent, et l'écoulement du lait s'arrête. À ces symptômes se joignent de la tristesse, de l'abattement, de la fièvre, surtout chez les jumens délicates; la maladie reste stationnaire pendant plusieurs jours, puis elle se termine d’une manière quelconque.

Tantôt les symptômes diminuent graduellement d'intensité, la fièvre disparait, la tuméfaction et la douleur des manelles cessent :

c’est la résolution; tantôt il se forme des abcès plus ou moins nombreux dans le tissu de la glande; parfois les signes de douleur disparaissent, mais des portions plus où moins étendues de la mamelle restent dures et tu-

PATHOLOGIE SPÉCIALE

par la gangréne des parties malades et par la mort des animaux : la terminaison par gangrène survient fréquemment chez les brebis.

Traitement. Yorsque la tuméfaction est légère et la douleur peu intense, la maladie cède facilement aux soins hygiéniques et à l’action des lotions émollientes sur les mamelles, qui doivent être vidées avec la plus grande attention du lait qu’elles contiennent; si l’on veut faire tarir la sécrétion du lait, il est nécessaire d’avoir recours aux astringens : l'argile délayée dansle vinaigreet appliquéesur les mamelles engorgées m'a très-bien réussi.

Lorsque la douleur est forte, il faut avoir recours aux saignées, aux lotions calmantes (n° 63) et aux lavemens adoucissans. S’il survient de la suppuration, il faut se hâter d'ouvrir les abcès avec le bistouri, recouvrir les environs de ceux-ci d'une couche d'onguent populéum, et panser le foyer purulent,d'abord avec une décoction d'orge miellée, et plus tard avec du vin rouge chaud; lorsque la maladie paraît devoir se terminer par zzduration, il faut avoir recours au liniment ammoniacal camphré, ou bien à un mélange à parties égales d’onguent populéum et d’onguent mercuriel double, et frictionner tous les jours les parties indurées avec ces médicamens. Enfin, si la gangrène survient, il faut favoriser la chute de la portion gangrenée au moyen de cataplasmes émolliens (n° 3) et panser ensuile la plaie avec de l’eau de Javelle trèsétendue d’eau.

$ I.— Inflammation du foie (hépatite).

Maladie rare chez les animaux, fort difficile à reconnaitre, existant rarement seule, mais accompagnant souvent les inflammations gastro-intestinales et confondant ses symptômes et son traitement avec ceux de ces dernières maladies. ( Voyez Gastro-entérite.)

$IV. — Inflammation des reins ( nephrite).

Cette maladie peut être due à des coups sur la région des lombes, des efforts violens, l'administration de certains médicamens, tels que les diurétiques chauds et les cantharides. la présence de calculs dans les reins, l'usage de certains alimens âcres, tels que les gousses de genêt, les jeunes pousses de frêne et d’arbres résineux, etc. La néphrite n’est pas toujours facile à reconnaître; la sensibilité de la région lombaire, la faiblesse du train postérieur, la rétraction fréquente et alternative des lesticules chez les mâles; la rareté de l'urine qui est alors trouble ou sanguinolente; les efforts souvent inutiles des animaux pour uriner; la chaleur du rectum lorsqu'on fouille l'animal, l'état de vacuité de la vessie indiquant la suspension de la sécrétion de l'urine; les coliques, les trépignemens des membres postérieurs ; les sueurs d’une odeur urineuse plus ou moins marquée; la dureté, la petitesse et la fréquence du pouls, et tous les symptômes d'une fièvre de réaction plus ou moins forte, sont les symptômes qui peuvent servir à la caractériser.

Traitement. Cette maladie, très-grave et

méfiées; parfois enfin, la maladie se termine | susceptible d’entrainer la mort. doit être

combattue vigoureusement, dès son début,

ar d’amples saignées répétées; on a vu saigner rt à dix fois dans les premières vingt-quatre heures, et ce traitement être suivi d’un plein succès. En même temps on place l'animal dans une température douce, on lui tient le ventre libre au moyen de fréquens lavemens émolliens ( n° 7); on lui administre à lintérieur des breuvages faits avec la gomme ou la décoction de graine de lin; on le soumet au repos et à la diète, et on appliquesur la région des reins un large sachet émollient fait avec le son et la farine de lin que l’on tient constamment humide en l’arrosant avec de l’eau tiède ou de la décoction de son. Il est nécessaire de persister dans l'emploi de tous ces moyens jusqu’à la diminution des symptômes.

Ce premier effet étant obtenu, l'application de sétons aux fesses peut contribuer à hâter la guérison. Il est essentiel de ne remettre qu'avec les plus grandes précautions l’animal à sa nourriture ordinaire et à son travail.

$ V. — Catarrhe yésical ( cystite, inflammation de la vessie).

Les causes de cette maladie sont : la présence des calculs et le séjour trop prolongé de l’urine dans la vessie; les secousses que produisent les efforts violens auxquels les animaux se livrent pour entrainer les fardeaux, surtout quand la vessie se trouve pleine; l'abus des médicamens auxquels on suppose la propriété de développer £es chaleurs; l’application de larges vésicatoires sur les fesses, la poitrine; les arrêts de transpiration, l'exposition au froid humide, etc. Les symptômes sont: l’anxiété, l'agitation, le trépignement des membres posiérieurs, les fréquentes envies d’uriner ; l'urine est tantôt claire, plus souvent trouble et rougeâtre ; elle s'échappe par jets et avec une grande difficullé; il y a même quelquefois pissement de sang. L'animal a la peau sèche et chaude, le pouls dur et fréquent ; il regarde ses flancs, agite sa queue, a des mouvemens de colique; en le fouillant on trouve le fondement chaud, la vessie pleine et très-douloureuse : les coliques sont d'autant plus fortes que la maladie est plus grave et plus étendue ; pour bien distinguer ces coliques de celles qui résultent d'un état maladif de l'intestin, il faut bien faire attention à l'attitude dans laquelle se place le malade. Dans les coliques ordinaires, il n’est pas rare de voir l’animal, le cheval particulièrement, s’allonger et écarter les quatre membres ; mais il s'étend seulement, et les membres postérieurs ne sont jamais à demi fléchis, comme cela a lieu quand l’anijmal atteint de cystite veut faire des efforts pour uriner; en outre, dans ce dernier cas, toute l’épine est voussée en contre-haut, et le bassin se trouve porté en avant. — Si le traitement que l’on met en usage parvient à calmer la force de l’inflammation, on voit tous les Symptômes diminuer graduellement de violence ; mais il arrive quelquefois qu’il existe dans la vessie un obstacle à la sortie des urines; celles-ci continuent à arriver dans ce réservoir, le distendent outre mesure et finissent par en occasionner la rupture : le premier effet de cet accident est de procurer

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