‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 266 sur 467 · LIV. Ile · texte numérisé non relu

LIV. Ile

un soulagement momentané; mais bientôt il survient des coliques atroces auxquelles la mort seule met un terme. La cystite peut encore se terminer par gangrène : cette funeste terminaison est annoncée par la cessation des douleurs, la couleur noirâtre et l’odeur fétide des urines, l'effacement du pouls et bientôt la mort. À

Traitement, Au commencement de la maladie on fera des saignées légères et répétées; on donnera des lavemens adoucissans (n° 7); on administrera des breuvages composés avec la décoction miellée de graine de lin ou la gomme arabique; on dirigera sous le ventre des vapeurs d’eau bouillante, et on appliquera sur les lombes un sachet émollient, comme dans le cas d’inflammation des reins. On se gardera bien surtout de l’usage du sel de nitre. et de toutes les substances dites diurétiques, dont l'effet est de produire une plus grande formation d'urine. Il importe de s’assurer de bonne heure de l’état de la vessie:

pour cela on enfonce un bras huilé dans le rectum, que l’on commence par vider avec la main des excrémens qu'il peut contenir ; puis on cherche la vessie qui se trouve immédiatement au-dessous du rectum ; si la vessie est à peu près vide, on la sent difficilement ; si au coutraire elle est seulement à demi pleine, on trouve sous la main un corps arrondi dans l'intérieur duquel on reconnait facilement la présence d’un liquide : alors on cherche à la vider en exerçant sur elle, avec toute la surface de la main, une douce pression dirigée du fond vers le col; puis on tâche de reconnaître si elle contient des calculs (pierres). Sur la fin de la maladie, on peut rendre le traitement légèrement tonique, en administrant quelques breuvages d’infusions amères (gentiane, absinthe, sauge, petite centaurée), et en faisant un choix de bons alimens que l'on donne en petite quantité à la fois.

Chez les bétes à laine, le catarrhe vésical se développe fréquemment dans les troupeaux que l’on mène paitre dans les champs de genêt d'Espagne; cette maladie, commune dans les Cévennes, y a recu le nom particulier de gerestade; on la guérit en administrant aux bêtes malades des boissons adoucissantes, telles que l’eau blanchie par le son ou la farine, les décoctions de mauve, guimauvegraine de lin, etc.

$ VI.— Pissement de sang (kématuriey.

Le pissement de sang est un des symptômes des deux maladies qui précèdent; cependant les bêtes à cornes sont quelquefois attaquées d’un pissement de sang dont la nature n’est pas bien connue ; j'en dirai quelques mots en traitant des maladies particulières à ces animaux.

$ VH. — Diabétès ( flux immodéré d'urine).

Cetle maladie affecte plus souvent les chevaux que les autres animaux; celui qui en est atteint a une soif pour ainsi dire inextinguible, et rend cinq à six fois autant d'urine que dans l’état ordinaire; cette urine est pâle, peu chargée de principes salins où animaux et modifiée dans sa nature. La température

secs, le poil est piqué, les muqueuses apparentes sont rouges et pointillées, la verge des mâles est presque toujours pendante ; il y a en même temps de l'abattement et un peu de fièvre. La durée de la maladie est de trois semaines environ. Les causes en sont inconnues. Le traitement. doit être entièrement tonique : une nourriture substantielle et contenant beaucoup de principes nutritifs sous un petit volume (féveroles, pois, sainfoin, avoine pesante), des boissons ferrées, quelques toniques à l’intérieur (n°* 26,29) contribuent à faire disparaître plus promptement la maladie.

$ VII. — Inflammation des testicules (didymite).

Cette maladie, qui peutattaquer tous les animaux, mais qui se montre plus fréquemment sur les gros chevaux de trait, est ordinairement occasionnée par des coups, des contusions, des compressions, des frottemens, des efforts violens, des travaux difficiles et pénibles, etc. Elle se reconnaît à l’engorgement qui se manifeste aux testicules, à la chaleur et à la sensibilité de ces parties, à la tension des bourses, à la difficulté de la marche, à l’écartement des membres de derrière et à la roideur des reins. Quand linflammation est très-intense, le pouls devient dur et fréquent, l'animal perd l'appétit, s’agite et paraît éprouver des douleurs abdominales très-vives. La maladie peut se borner à un testicule ou s’étendre aux deux, et se propager le long des cordons jusque dans l’abdomen. Enfin, après quelques jours de durée, la maladie se termine, soit par la guérison pure #t simple, soit par le développement d’un abcès dans le testicule, soit enfin par l’induration de cet organe.

Traitement.— Les saignées au cou ou bien au plat de la cuisse, l'application des sangsues aux testicules, si l’on a affaire à un petit animal ; ies lotions émollientes sur ces parties; l'application de cataplasmes adoucissans soutenus à l’aide d’un bandage approprié; un repos absolu, un régime sévère, des boissons d’eau blanche légèrement nitrées, des lavemens émolliens administrés à des époques rapprochées : tels sont les moyens à mettre en usage daps le principe; s’il se développe un abces, on l’ouvre; si le testicuie s’indure, on a recours aux frictions résolutives (n° 25), aux applications savonneuses.

= $IX+ — Sarcocèle.

C’est une tumeur formée par le gonflement sqüuirrhéux où cancéreux du testicule. Cette lésion, toujours grave, doit être considérée comme la suite ou le résultat des inflammations du testicule passées à l’état chronique; quelquefois, cependant, le sarcocèle se déveioppe lentement, insensiblement, sans être précédé d’une inflammation appréciable, et sous l'influence de causes très-obscures; mais au bout de plusieurs mois, et quelquefois de plusieurs années, le testicule a acquis un volume assez considérable pour que Ja maladie devienne apercevable à tous les yeux. Le testicule se présente alors sous la forme d’une

PATHOLOGIE SPÉCIALE

de la peau est abaissée, les excrémens sont |

tumeur ovoïde ou sphéroïdale très-pesante | peu chaude, sans fluctuation, sans change.

| ment de couleur à la peau, d’une grosseur très-variable, mais qui peut devenir énorme, puisqu'on en a vu chez les chevaux qui pesalent Jusqu'à 50 livres. On a propose différens remèdes pour faire fondre le sarcocèle; mais ces remèdes sont presque toujours infructueux; le meilleur moyen à employer, copsisie à faire l’ablation du testicule maade.

F. Maladies de la peau.

$ IT. — Gale.

Maladie cutanée essentiellement contagieuse, consistant en des vésicules légèrement élevées au-dessus du niveau de la peau, constamment accompagnées de démangeaison, transparentes à leur sommet, contenant un liquide séreux et visqueux, et pouvant se développer sur toutes les parties du corps desanimaux, mais se montrant plus fréquemment dans les plis des articulations, sur les côtés du garrot, de l’épine, dés côtes, de l’encolure, etc. Cette maladie paraît due à la présence d’un petit insecte dugenre acarus, dont la piqûre produit les vésicules et qui se creuse à côté d'elle un sillon dans lequel il se loge et où l’on peut l’apercevoir à l’aide d’une loupe. — Tous les animaux domestiques sont sujets à la gale; mais le cheval, le mouton et le chien en sont beaucoup plus souvent attaqués que les autres.

Causes. La gale peut se développer spontanément par la malpropreté: elle se montre fréquemmentsur les animaux qui travaillent beaucoup, qui ont une mauvaise nourriture, et sont exposés à toutes les intempéries. Une fois développée sur un animal, elle peut se communiquer aux autres animaux de lamême espèce par contact immédiat, ou par l’interméede des objets qui ont été en rapport avec les animaux malades.

Symptômes. Chez tous les animaux a gale débute ordinairement par une démangeaison assez vive dans les parties où les vésicules doivent apparaitre; cette démangeaison augmente lesoir, et surtout la nuit par la chaleur des écuries. Bientôt les poils tombent dans des lieux variables et laissent à nu des portions plus ou moins étendues de la peau. Des pustules se montrent sur celle-ci et gagnent de proche en proche; la démangeaison est en rapport avec le nombre de ces pustules; les animaux ne peuvent la supporter lorsqu'elles sont nombreuses; ils se frottent les uns contre les autres, ou contre les corps durs, ou bien ils se grattent avec les pieds, se mordent, se déchirent, augmentent ainsi l’irritation qui a précédé le développement des boutons; ceux-ci ne tardent pas à s'ouvriret à donner écoulement au liquide visqueux qu'ils contenaient, liquide qui, en se concrétant, forme des petiles croûtes minces, légères et peu adhérentes.

Chez le cheval. La gale se montre très-souvent à l’encolure des chevaux detrait entiers, lorsque ces animaux ont cette partie très-développée, et pourvue de nombreux plis dans la portion qui supporte la crinière; c’est sur-

tout dans ces plis que la gale survient. Cette variété très-rebelle, et résistant opiniâtrément à presque tous les traitemens que l'on met en usage, a recu le nom particulier de roux- VLeEUT.

Chez le mouton la gale apparaît le plus souvent sur le dos, la croupe et les flancs; de ces régions cette maladie se propage sur tout le corps. Si l’on écarte les toisons dans les places malades, on y trouve la peau rude, dure, tuméfiée et couverte de petites pustules dont le pincement excite l’animal à se défendre.

La laine est altérée, sèche, cassante, sans élasticité; les bètes frappent du pied, mordent leur toison et se frottent contre les arbres.

Chez le chien la gale peut affecter deux formes : 1° celle d’une éruption miliaire de petits boutons rougeàtres, qui survient sur tout le corps, ou sur quelques-unes de ses parties, et principalement au plai des cuisses, des avant-bras et sous le ventre : cette variété porte le nom de gale rouge ; 2° la seconde forme, quise montre particulièrement sur le dos, est caractérisée par des écailles sèches, grisàtres, que l’on aperçoit entre les poils, qu! deviennent eux-mêmes d’autant plus rudes, plus gros et plus rares, que la maladie est plus ancienne c’est cette espèce de gale qui est appelée rogne ou roux-vieux.

Traitement. Chez tous les animaux jeunes, sanguins, chez lesquels la démangeaison parait considérable, et la gale accompagnée d'une forte inflammation de la peau, il est avantageux de débuter par une ou deux saignées générales, et par l'application, sur les places galeuses, de lotions émollientes; tandis que dans toutes les autres circonstances on peut mettre de suite en usage les moyens spéciaux que je vais indiquer.

Le soufre est sans contredit l’agent le plus genéralement employé dans le traitement de la gale. On varie de mille manières les formes sous lesquelles on le met en usage; la plus simple est la pommade soufrée qui résulte du mélange d’une partie de soufre sur quatre de graisse de porc. On l’emploie en fricüons, tous les jours, sur toutes les parties qu'occupe l’éruption. La pommade d’Helmérick, dont l’action est plus certaine que celle de la précédente, est composée comme je l'ai fait connaitre à la formule n° 78. On l’emploie aussien frictions,en alternant celles-ci avecdes lotions faitesau moyen d’une dissolutionde sulfure de potasse.— Le mercure est, après le soufre, l'agent le plus employé contre la gale. Il entre dans la composition de la pommade citrine, de la pommade mercurielle, ete. Cette dernière devient encore plus efficace dans le traitement de la gale, lorsqu'on y incorpore une partie de soufre sublimé, pour quatre parties d’onguent mercuriel. — Un médicament peu coûteux et dontonaobtenu plusieurs fois des succès presque inespérés, est formé par un mélange à parties égales de goudron et de savon vert; on étend ce mélange sur les places galeuses.

Il y a encore une foule de médicamens qui ont été préconisés et employés avec avantage, dans le traitement de la gale; mais il en est un dont iä formule m’appartient, et dont l'expérience m'a prouvé l'efficacité un grand nombre de fois. Voici sa composition :

LIV;, LIT, Prenez : Fleurs de soufre, . + 8 onces, Sulfure d’antimoine. L onces.

Cantharides en poudre.. 4 once.

Euphorbe.. ... .. 4 once.

Mélez très-exaciement et conservez pour l'usage.

Lorsqu'on veut se servir de cette poudre antipsorique, On l'incorpore dans la graisse de porc dans la proportion d'une partie de cette poudre pour quatre de graisse, et l’on a une pommade antipsorique, très-économique, d’un emploi très-facile, et dont l’efficacité ne s’est jamais démentie entre mes mains. Sous son influence j'ai même vu disparaître des roux-vieux très-anciens et trèsinvétérés; mais il a fallu, dans ces circonstances, persévérer pendant longtemps sur son emploi; en un mot je n’ai jamais eu qu'à me Jouer de ce médicament que j'emploie presque à l'exclusion de tout autre, et je n’hésite pas à prédire des succès certains aux personnes qui voudront le mettre en usage, et qui emploieront en même temps les moyens accessoires. Est-il nécessaire d’avoir recours à un traitement interne ? Je ne le pense pas, et je crois que, dans l'immense majorité des cas, un traitement local, d’abord émollient puis spécial, doit suffire. Cependant lorsque la gale esttrès-ancienneet très-invétérée, que la peau est devenue épaisse et calleuse, que les poils sont ternes, piqués, enduits de crasse graisseuse, il est peut-être bon d’agir sur l’organe cutané, et de chercher à en ramener la souplesse et l'intégrité, par l’action de quelques médicamens diaphorétiques convenablement administrés. Dans ce cas les breuvages faits avec l’infusion de fleurs de sureau, lPadministration du crocus d’antimoine et de la fleur de soufre (n°* 72, 73,75), peuvent avoir un bon résultat. Il y a des praticiens qui conseillent encore d’avoir recours à l’application d’un séton au poitrail et à l’action d’un purgatif avant et après le traitement de la gale invétérée. Je n’y vois pas d’inconvénient.

Ce que je viens de dire sur le traitement de la gale, s'applique plus particulièrement au cheval qu'aux autres animaux domestiques.

— Les chiens, pouvant être placés et maintenus dans des baignoires, doivent d’abord être soumis à l'usage des bains émolliens, puis des bains faits avec la dissolution de sulfure de potasse. A l’action de ces bainson doit joindre l'application d’une des pommades antipsoriques indiquées plus haut. — MM. Lebas et Lelong ont conseillé de combattre la gale de ces animaux par l'usage d’une pommade dont j'ai donné la formule au n° 79.

Lorsque les moutons sont affectés de gale, et que celle-ci est peu étendue, les bergers se contentent ordinairement de gratter la surface galeuse, et d'y appliquer de lasaliveimprégnée de tabac. Lorsqu'elle est plus étendue, ils ont quelquefois recours avec avantage soit à un mélange de quatre parties de graisse et d’une partie d'essence de térébenthine, soit à un topique composé de parties égales de fleurs de soufre, sel gris, poudre à canon, le tout bien broyé, et uni ensemble à l’aide d’un peu d'essence de lavande. J’ai vu employer avec avantage, par des bergers de la Brie, une pommade composée de graisse de porc, mercure et vert de gris; une once de chacune de ces deux dernières substances bien mélée

CAAP. 9.

dans huit onces de graisse : telle est, autant que je puis me le rappeler, la formule de ce médicament. — Quelquefois on applique ces topiques en se contentant d’écarter la laine, d’autres fois il faut avoir préalablement recours à la tonte.

$ IL. — Dartres.

Maladies de la peau, ordinairement chroniques,caractérisées par de petits boutons rouges, pustuleux, réunis en plaques plus ou moins larges et de formes très-variées. Ces plaques sont communément arrondies, s’accompagnent d’une grande démangeaison et se recouvrent soit d’une poussière farineuse, soit de croûtes ou d’écailles, soit enfin d’une matière fétide. C’est cette différence d’aspect qui a fait diviser les dartres en sèches, humides, croûteuses et ulcéreuses. — 1° Les dartres sèches sont blanchâtres, peu saillantes, recouvertes d’une sorte de poussière ou de petites écailles trèsminces; elles sont ordinairement chroniques et toujours accompagnées de démangeaison et de la chute totale des poils de la partie malade; elles se remarquent plus particulièrement dans les endroits où la peau est adhérente aux os; elles attaquent le cheval et le chien, etsurtout ce dernieranimal.—2° Les dartres humides laissent suinter un liquide visqueux, séreux,

ui rassemble les poils en mèches. Ces sortes e dartres, qui affectent principalement les chiens, se développent ordinairement à la tête, envahissent quelquefois plusieurs parties du corps et déterminent un amaigrissement considérable.—3° Les dartres croûteuses sont caractérisées par des croûtes irrégulières, grisâtres, Jaunâtres, qui recouvrent la peau et sont quelquefois parsemées de points humides ; elles ne produisent qu’une faible démangeaison. — 4° Enfin, dans les dartres ulcérées, la peau devient dure,inégale,raboteuse,s’ulcèreet fournit une matière fétide et grisätre. Cette variété se remarque plus particulièrement chez les chiens; on la connaît sous le nom de dartre rongeante. — Les causes des dartres sont la malropreté, la chaleur excessive de quelques étés, a mauvaise nourriture, les eaux malsaines, la disette, la misère, les travaux excessifs, les logemens humides et mal aérés, les localités basses, humides et marécageuses.

. Traitement. I] faut d’abord rechercher les causes des dartres et mettre les animaux dans des conditions opposées; une bonne nourriture, de bons soins, la propreté la plus minutieuse sont des auxiliaires qu’il ne faut pas négliger. — Les plaques dartreuses devront être soumises au traitement suivant : Pendant plusieurs Jours on les lotionnera fréquemment avec de l’eau émolliente (n° 6), et on insistera d'autant plus sur ce moyen que les dartres s’accompagneront d'une inflammation plus forte. Les chiens, et en général tous les petits animaux, pourront avec avantage être placés dans des bains tièdes. Après quelques jours de ce traitement, les lotions émollientes seront remplacées par des lotions ou des bains antipsoriques (n° 76) et par des onctions de topiqe antidartreux : le mélange à parties égales

e goudron et de savon vert, l'onguent mercuriel soufré, le mélange d’onguent mercuriel double et d’onguent vésicatoire, la pommade

PATHOLOGIE SPÉCIALE

de précipité blane, etc., peuvent très-bien convenir. Pendant toute la durée du traitement il est bon d’administrer tous les jours aux animaux des breuvages diaphorétiques (n°75) et de les soumettre aux boissons nitrées; on peut même avoir recours avec avantage à l'usage d’un purgatif (n° 41, 43, 44, 45, 46, 47, 48) au commencement et à la fin du traitement.

S IL. — Erysipèle.

C’est une maladie de la peau, aiguë, superficielle, souvent très étendue, sans gonflement sensible, susceptible de se déplacer, caractérisée par une rougeur jaunâtre, irrégulière, que l’on aperçoit en écartant les poils ou la laine. L'animal éprouve d’abord de la démangeaison, puis de la douleur quand l’inflammation est à son plus haut degré; quelquefois des vésicules remplies de sérosité jaunâire se forment à la surface de la peau. Dans quelques cas l’inflammation se propage au tissu ceilulaire sous-cutané; il y a alors gonflement considérable, rougeur et douleur très-développées, et l’érysipèle prend le nom de phlegmoneux.

Enfin l’inflammation peut être accompagnée du développement de sérosité qui se dépose dans le tissu cellulaire sous-cutané; dans ce cas l'impression du doigt sur la peau persiste quelque temps, et l’érysipèle est dit ædémateux. Toutes les fois qu'il y a seulement démangeaison, chaleur, douleur, rougeur, développement de petites vésièules pleines de sérosité jaunâtre, on dit que l’érysipèle est simple. Cette dernière variété est la plus commune; elle change souvent de siége, se porte de la tête à la croupe, d’un membre à un autre, peut affecter toutes les parties du corps, mais se montre principalement à la tête et aux jambes. Lorsque cette maladie ne dépend pas d’une autre affection, elle suit une marche régulière, et se termine après quelques jours de durée, en ne laissant, comme trace de son apparition, que de petites écailles farineuses qui ne tardent pas à tomber.

Le cheval, le bœuf, le chien et le mouton peuvent être attaqués de l’érysipèle; mais ce dernier animal y est plus sujet que les autres. — Les causes de cette maladie sont les erreurs de régime, l’usage des alimens excitans et des eaux altérées et croupies des marais et des mauvaises mares, la suppression brusque de quelque écoulement habituel, les piqûres d’insectes à aiguillons, la malpropreté, etc. Outre cela, l’érysipèle s’associe souvent au phlegmon, à l'œdème, à de grandes plaies et à diverses maladies aiguës.

Traitement. L'érysipèle qui ne dépend pas d’une autre maladie cède souvent aux applications émollientes secondées par une demidiète; s’il est intense, on doit essayer de le faire avorter dès le début par la saignée générale, les applications émollientes (n°° 3, 6) et l'usage des boissons acidulées (n°*° 12,13);les onctions d'onguent mercuriel ont été vantées comme de bons abortifs de cette affection. On a conseillé de fixer l'érysipèle ambulant au moyen de vésicatoires: mais on voit très-souvent la maladie s'étendre et faire des progrès malgré l'emploi de ce moyen. — L'érysipèle phlegmoneux se termine souvent par Suppuration; il faut donner issue au pus aussitôt

w'il est formé et féuni en abcès. Lorsque l'érysipèle dépend d’une autre maladie, au traitement local que je viens de faire connaitre, doit se joindre un autre traitement qui varie suivant la nature de l'affection à läquelle où à affaire.

$ IV. — Ebullition.

C’est une éruption de petits boutons plus ou moins nombreux et rapprochés, qui survient

uelquefois sur le corps des animaux domestiques, et qui se montre plus fréquemment sur le cheval. Cette éruption se dévelüppe particulièrement aux épaules, aux côtés de la poitrine, le long du dos, aux reins, à la croupe et au cou; ces boutons, qui surviennent souvent tout à coup, sont généralement larges, aplatis et indolens. Cette affection est peu grave; il est même rare qu’elle trouble la santé; elle disparait ordinairement d'elle-même au bout de vingt à trente heures. Cependant elle s’accompagne quelquefois d’un petit mouvement de fièvre, qui cède souvent comme par enchantement à l'emploi d’une saignée. L'ébullition est peu connue dans ses causes et dans sa nature; il est probable que l’on confond sous ce nom vulgaire plusieurs affections bien différentes les unes des autres, et qui auraient besoin d’être étudiées plus attentivement.

G. Maladies du système nerveux.

$ 1°". —Epilepsie (malsacré, mal caduc, haut mal).

L'épilepsie est une maladie nerveuse, qui peut attaquer tous les animaux, et qui est caractérisée par des attaques plus où moins éloignées de mouvemens convulsifs, généraux ou partiels, qui durent plus ou moins longtemps, et sont accompagnés de la suppression complète de la sensibilité et de l’exercice des différens sens; ces attaques surviennent tout d’un coup, et l’animal qui en est atteint tombe comme sil était frappé de la foudre. — Les causes qui peuvent y donner lieu sont presque toujours obscures; une des plus fréquentes est la présence de vers dans le canal intestinal.On admet encore parmi elles l’hérédité, la frayeur, la colère,les plaies etles contusions sur le haut de latête, les fractures du crâne, les exostoses survenues à la face interne de cette cavité, l'inflammation chronique des enveloppes du cerveau. — Lafosse présume que les rrauvais fourrages, les maladies de la peau, la disparition subite des éruptions qui caractérisent la gale et le farcin, sont capables de produire cette maladie.

Symptômes. Le cheval qui est atteint de cette affection est tout à coup saisi de tremblement et d’étourdissement, de l'abolition subite des fonctions des sens, et de convulsions générales qui déterminent bientôt sa chute :

une fois qu'il est à terre, il présente les symptomes suivans : sa crinière est comme hérissee, ses yeux sont saillans, fixes, tendus, pivotans dans l’orbite, où ils éprouvent une sorte de tournoiement. Les muscles de la tête se contractent et se relächent de mille manières, et donnent à cette partie un aspect bizarrement hideux; l’encolure se roidit, se contracte

Page 1