‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 269 sur 467 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

Je devrais maintenant parler successivement des FISTULES, des CHUTES, des RENVER- SEMENS, des FRACTURES, des LUXATIONS, des HERNIES, etc. Mais ces affections, généralement graves et difficiles à connaître et à traiter, exigeraient des détails qui m'entraineraient beaucoup trop loin; d’ailleurs un propriétaire prudent en confiera toujours le traitement à

LIV. ILE un vétériuaire expérimenté, et ce n’est pas pour les vétérinaires que j'écris ici.

ART. 11. — Maladies particulières aux solipédes et surtout aux chevaux.

A. Maiadies des organes de la digestion.

$ Ir.— Fève ( lampas).

On appelle ainsi un gonflement inflammatoire de la membrane fibro-muqueuse qui tapisse la voûte du palais des chevaux. Ce gonflement, qui survient quelquefois chez les jeunes chevaux pendant la durée de la dentition, est très-rare chez les animaux âgés; lorsqu'il se développe chez ces derniers, il est rarement essentiel, mais presque ioujours il forme un des symptômes d’une légère irri.

tation de la membrane muqueuse gastro-intestinale. Cette opinion n’est pas celle des prétendus guérisseurs et des maréchaux de villages, qui, lorsqu'un cheval parait malade et ne mange pas comme à son ordinaire, ne manquent pas de regarder l’intérieur de la bouche, qui doit être, selon eux, le siége du mal, et d’y chercher le /ampas, sans s’inquiéter de l'affection qui cause réellement la diminution de l'appétit. Les mêmes guérisseurs pratiquent dans ce cas une absurde et barbare opération qu'ils appellent ôter la féve, et qui consiste à faire une incision dans le palais, et à porter un fer brûlant dans celte incision.

Si le gonflement du palais est occasionné, ainsi que je l’a dit, par une légère irritation intestinale, c’est vers celle-ci qu'il faut tourper ses regards : un peu de diète, des boiïssons adoucissantes, de l'eau blanche et quelques lavemens, en faisant disparaitre l'irritatiou dont il s’agit, ne tardent pas. par suite, à amener la disparition du lampas. Si, au contraire, celui-ci dépend réellement d’ane inflammation essentielle de la membrane palatine, et si le gonflement est porté au point de gêner la mastication, il faut essayer d’v porter remède en faisant une saignée au palais. Cette opération doit être faite, non pas avec une corne de chamois ou une tige de fer à pointe mousse, comme cela se pratique encore quelquefois dans les campagnes, mais avec up instrument bien tranchant, par exemple, avec le bistouri à serpette, employé pour l'opération de la queue à l’anglaise.

$ II.—Colique rouge (entérite sur-aigue, colique de sang).

Maladie extrêmement grave, très-fréquente chez les chevaux, qu’elle atiaque souvent sans symptômes précurseurs, et qui peut être occasionnée par l’usage de foins ou grains nouveaux, ou mal récoltés, et surtout par l’eau froide et crue, nouvellement tirée du puits, qu’on laisse prendre à discrétion et tout d’un trait aux chevaux qui ont chaud, et dont la sueur a été excitée par une course rapide ou un travail fatigant. — Les symptômes de cette maladie sont des plus alarmants. L’animal s’agite continuellement; il ne peut plus manger, frappe du pied, gratte le sol, fléchit les genoux comme s’il voulait se coucher sans

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