‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 270 sur 467 · CHAP, 5. PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

CHAP, 5. PATHOLOGIE

le pouvoir, et regarde son ventre. Bientôt il se couche et se relève précipitamment, se couche de nouveau, fait entendre des plaintes, regarde toujours son ventre, s'étend sur le côté, se débat violemment, et se place sur le dos, les quatre membres en l’air. Il s’agite dans cette position, la quitte pour la reprendre à chaque instant, se relève et paraît n'avoir pas un seul instant de répit. La respiration est fréquente et courte, le pouls devient dur, plein et fréquent; les animaux se campent, soit pour varier leur position et chercher un soulagement à leurs douleurs, soit pour faire des efforts pour uriner ; souvent ces efforts sont inutiles, ou bien, s'ils sont suivis de succès, l'urine qui est évacuée est rouge, huileuse et très-chargée. Les souffrances allant toujours croissant, il survient des tremblemens convulsifs, auxquels succèdent des sueurs gluantes aux flancs, aux fesses, aux épaules, et quelquefois sur presque tout le corps. Bientôt la chaleur du corps baisse ; le froid est surtout sensible aux oreilles, au bout du nez et au bas des membres; le pouls devient petit et intermittent, les mouvemens des flancs se précipitent, les sueurs devienpent froides ; en même temps l'agitation augmente, l'animal ne se met plus aussi souvent sur le dos, mais il se couche et se relève presque constamment ; ses naseaux sont très-dilatés ; enfin, il périt dans les plus violentes convulsions, ou bien après avoir retrouvé quelques instans d’un repos trompeur, qui indique ordinairement l'existence d’un épanchement de sang dans l'intestin.

La marche de cette maladie est tellement rapide, qu’en 12, 15 ou 24 heures au plus, l'animal à cessé de vivre ou se trouve hors de danger. On peut espérer la guérison lorsqu'on voit la tranquillité succéder aux tourmens, le pouls reprendre de la souplesse, la chaleur du corps se rétablir d’une raanière plus égale, et les sueurs disparaître.

Le traitement de cette maladie ne peut offrir quelque chance de succès, que lorsqu'il est employé dès le début. Il y a ici plusieurs indications à remplir : 1° diminuer la violence de l’inflammation, et prévenir l’épanchement de sang dans la cavité de l'intestin ; 2° calmer les douleurs atroces auxquelles l'animal est en proie; 3° faire naitre sur un point éloigné et peu important à la vie, une irritalion vive et prompte, qui puisse déplacer celle qui est fixée sur le tube intestinal; 4 enfin retablir la liberté du ventre.—La première indication se remplit au moyen de saignées qu'il ne faut

as craindre de faire larges et copieuses, en es proportionnant toutefois à l’âge et à l’état du sujet; si l'animal est jeune et vigoureux, la première saignée doit être de huit à dix livres au moins; on les répète ensuite tant que le pouls reste plein et dur. et que l’animal se tourmente. Il m'est arrivé plus d’une fois, en pareil cas, de tirer jusqu'à trente livres de sang en huit ou dix heures, et le succès a constamment couronné mes efforts. C’est sur l’état du pouls que le praticien doit se guider.— On parvient à calmer les douleurs auxquelles l’animal est en proie, en lui administrant, dès

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