‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 272 sur 467 · C. Maladies des organes de la respiration · texte numérisé non relu

C. Maladies des organes de la respiration

$ 1°". — Cornage (sifflage, halley).

On appelle ainsi un bruit que certains chevaux font entendre en respirant, et qui est occasionné par la difficulté que air éprouve à franchir une partie accidentellement rétrécie des voies respiratoires. Si le bruit est retentissant, et semblable pour l’éclat à celui que l’on produit en soufflant dans une corne, le cheval est dit corneur; sicebruit est moins fort, mais plus aigu, et analogue à un sifflement. le cheval est nommé s//feur :

ces dénominations désignent un seul et même défaut, mais d’une intensité différente. — Le cornage n’est pas une maladie particulière, mais seulement l'indice d’un dérangement quelconque dans les parties qui servent à la respiration : dérangement qu'il n’est pas toujours facile d'apprécier. Le bruit qui le constitue ne se fait entendre que pendant l'exercice, et encore pendant l'exercice rapide et fatigant, surtout quand les animaux gravissent des coteaux en tirant ou portant de lourdes charges, et après avoir pris leur repas. Ce bruit s'accompagne de la dilatation des naseaux, de l’agitation des flancs et des signes d’une prochaine suffocation. Tous ces signes disparaissent après quelques instans de repos,

MALADIES DES CHEVAUX

pour se faire remarquer de nouveau aussitôt que le cheval se trouve dans des conditions convenables. Ce bruit ne serait qu’un désagréable inconvénient s’il existait seul; mais ce qui vient aggraver le vice, c'est que, malgré l'apparence de la santé, il y a difficulté réelle à la respiration dans le moment où les chevaux cornent ou sifflent ; et cette difficulté est souvent poussée à un tel point, que les chevaux sont menacés de suffocation, et qu’ils tomberaient infailliblement, si les conducteurs et les cavaliers n’avaient pas le soin de les arrêter à temps, et de leur laisser reprendre haleine.

Les causes du cornage sont presque toujours inconnues ; dans ces dernières années, M. Delafond a constaté que l'usage de la gesse chiche, pour nourriture, pouvait donner naïissance à cette affection. Les lésions anatomiques qui apportent un obstacle au passage de l'air sont variables et ne doivent pas nous occuper ici.— Enfin le traitement, quel qu'il soit, est tout à fait infructueux, excepté lorsqu'on l’applique au cornage occasionné par la gesse chiche : dans ce cas les vésicatoires autour de la gorge, les saignées au cou, ies gargarismes adoucissans produisent de bons effets. Si l’obstacle au passage de l’air est placé dans les cavités nasales ou dans Ja gorge, on peut pallier cette maladie, et pratiquer à l’air un passage artificiel au moyen d’une opération que l’on désigne sous le nom de trachéotomie et qui consiste à faire une ouverture à la trachée et à yintroduire à demeure un tube en fer-blanc, par l’ouvertüre duquel Pair peut facilement circuler. (Voir section x, page 279.)

Page 1