IL. — Pousse
Maladie chronique des organes de la respiration, caractérisée : 1° par un soubresaut plus ou moins marqué qui, chez certains chevaux, coupe l'expiration en deux temps plus ou moins distincts, 2° et par une toux sèche, quinteuse, sonore sans expectoration et sans ébrouemens. Ce soubresaut, que l'on nomme encore coup de fouet et contre-temps,se fait remarquer aux flancs dans les mouvemens d'expiration, c'est-à-dire lorsque l'air sort de la poitrine par le resserrement de cette cavité. La pousse n’est pas une maladie spéciale, mais bien un des symptômes de plusieurs affections très-différentes les unes des autres et parmi lesquelles l’ezphyséme du poumon est la plus frequente.
Une nourriture trop abondante, échauffante et continuellement sèche, l'abus du foin, les travaux forcés, les efforts de respiration, etc., peuvent, dit-on, donner lieu à la pousse. — Cette affection est tout à fait incurable.
$ III. — Gourime.
Maladie des jeunes chevaux, que la plupart des anciens vétérinaires regardent comme une crise dépuratoire, destinée à purifier la masse des humeurs de ces animaux, et que plusieurs auteurs modernes considèrent seulement comme une affection catarrhale qui, dans son état de simplicité, ne diffère pas du
ses causes pour inconnues; mais il est proba-
ble que la dentition du poulain, en opérant
un travail de fluxion à la tête, doit singulièment prédisposer ces animaux aux inflammations de la membrane nasale, des glandes et des ganglions voisins; qu’à cette cause prédisposante viennent s'ajouter l’action des vicissitudes atmosphériques, le passage brusque du chaud au froid, la suppression de la sueur, etc., et il n’en faudra pas davantage pour faire développer la gourme, ou au moins une maladie fort analogue.—Quand la gourme se manifeste, il y a tristesse, aspouts perte d’appétit, rougeur du nez, etage d'une matière plus ou moins opaque, empâtement de l’auge, tuméfaction de ses ganglions, fièvre plus ou moins forte, difficulté d’avaler et quelquefois de respirer, yeux chassieux. Plus tard la tuméfaction de l’auge augmente, se ramollit vers le centre, s’abcède et fournit up pus plus ou moins abondant ; puis la guérison survient.— Mais l'affection n’a pas toujours cette régularilé et cette bénignité; l’inflammation peut être plus intense, et alors la tête est plus pesante, plus chaude; il y a abattement, chaleur, et bave visqueuse à la bouche, rougeur plus vive du nez et des yeux, accélération et force du pouls, chaleur de la peau, etc. Quelquefois, à la suite de cet état, il survient des indurations sous la ganache, des toux rebelles, des écoulemens sans fin; mais le plus souvent l'affection est bénigne, parcourt régulière ment ses périodes et guérit sans laisser de traces.
Je ne parlerai pas ici de ce que l’on a improprement nommé fausse gourme ; je passerai sous silence les rapprochemens que l’on a faits, à tort ou à raison, entre la gourme et plusieurs autres maladies, telles que l’esquipancie, la coqueluche, la petite vérole, la vaccine, la clavelée, etc.; je n'examinerai pas si la gourme est particulière aux chevaux, si elle est sujette à récidive sur les animaux qu’elle a déjà attaqués, s’il est inévitable et nécessaire que les chevaux aient au moins une fois cette maladie, si elle est contagieuse, etc.
Toutes ces questions, sujettes à controverse, ne peuvent être traitées que dans un ouvrage spécial.
Traitement. Lorsque l'affection est simple et qu’elle suit une marche régulière, il faut se garder d’en entraver le cours avec cette foule de médicamens proposés par ies auteurs; il faut au contraire laisser agir la nature et se contenter de surveiller les animaux, de les maintenir dans une température douce et égale, de diminuer leur ration et de composer celle-ci d’alimens de facile digestion, tels que l’eau de son et la bonne paille, alternée avec l'herbe fraîche s’il est possible; il faut aussi donner quelques lavemens simples, préserver du contact irritant de l’air la tuméfaction de l’auge, et l’abcès s’il s’en forme un; et dans ce but recouvrir la ganache d’une étoupade épaisse par-dessus laquelle on applique une peau de mouton, la laine tournée en- dedans. Lorsque l’inflammation est très-forte, la diète la plus sévère est de rigueur; on administre en outre les lavemens émolliens (n° 7); on expose des bains de vapeurs d’eau bouil- Jante sous la têle et le nez; on fait sous l’auge
coryza et de l’angine ordinaires.— On tient |