‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 274 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

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des onctions d’onguent populéum, on abreuve l'animal avec l’eau tiède miellée, blanchie avec la farine d'orge ; si la respiration est

| laborieuse, la toux difficile et la fièvre forte,

ou fait quelques petites saignées, mais il ne faut pas abuser de ce moyen; lorsque l’inflammation commence à se calmer, on établit au poitrail un séton que l’on anime fortement avec un mélange d’onguent basilicum et d’essence de térébenthine; enfin, lorsqu'il se forme un abcès sous l’auge, il faut y favoriser le développement du pus par l'application de l’'onguent vésicatoire, et se hâter d'ouvrir la tumeur, lorsque la fluctuation est pronon-| cée.

D. Maladies du système lymphatique.

$ I°r.— Farcin.

On donne le nom de farcin à une maladie particulière au cheval, au mulet et à l’âne, résultant du développement de tubercules dans le tissu cellulaire, les ganglions et les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, ou dans l’inflammation chronique et l’induration de ces parties, et pouvant affecter toutes les parties extérieures du corps. Le farcin peut se montrer sous quatre formes différentes : 1° Znduration farcineuse de la peau, farcin volant. Ce sont de petites tumeurs plus ou moins arrondies, d'un volume variant depuis celui d’un pois jusqu’à celui d’une grosse noisette, dures, indolentes, qui ont leur siége dans l’épaisseur du derme; elles restent stationnaires pendant plus ou moins longtemps, disparaissent en totalité ou en partie, en laissant à leur place une espèce de petit durillon; ou bien les poils qui existent au sommet se hérissent, et si on les écarte on remarque un petit ulcère arrondi, d'une couleur rouge, à surface exubérante, et re paraissant occuper que les lames les plus extérieurs du derme.

—2° Abcès sous-cutanés farcineux. Ce sont des tumeurs molles, indolentes, fluctuantes dès leur début, sans changement de couleur à la peau, situées plus ou moins profondément et se faisant surtout remarquer aux membres.

La circonférence de ces tumeurs est quelquefois dure, mais sans douleur et sans chaleur; si on les ouvre il s’en écoule une matière jaunûtre, limpide, en quelque sorte huileuse, tenant en suspension des flocons blanchâtres; quelquefois la petite plaie devient ulcéreuse, mais le plus souvent elle se guérit assez facilement.—3° Tumeurs farcineuses sous-cutanées, farcin cordé, engorgemens farcineux. Ces tumeurs se développent dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les interstices des muscles sous la forme d’une corde uniforme plus ou moins cylindrique, ou présentant des renflemens de distance en distance, des espèces de boutons plus ou moins gros, affectant la forme de chapelets, de cordes noueuses, résistantes, douloureuses,qui,de leur point de départ, se dirigent constamment vers le centre en suivant le trajet des veines ou des lymphatiques; ou bien ce sont des tumeurs aplaties, ordinairement circonscrites, suivant la même direction que les précédentes, et dont les parties

voisines sont plus ou moins œdémateuses. Bien tôt certaines parties de la tumeur se ramollissent, ou, si elle a la forme d’une corde

régulière, on remarque dans plusieurs points | © A ; | qui se manifeste par l’engorgement des gan-

de son étendue des portions exubérantes qui laissent apercevoir dans leur centre une fluctuation qui augmente tous les jours; la peau s’amincit, s'ouvre, et une petite ouverture donne issue à un pus jaunâtre, épais et grumeleux, puis un ulcère s'établit. Les parties environnantes s’engorgeut, deviennent dures, lardacées ; l’engorgement s’étend, gagne en largeur; de nouvelles tumeurs farcineuses se forment, et des ulcères peuvent apparaitre dans des parties plus ou moins éloignées. Du reste, les chevaux peuvent jouir de tous les caractères dela santé.—4° Ulcéres farcineux.

Ordinairement arrondis, grisätres ou d’un rouge livide, peu douloureux; les bords en sont légèrement renversés en dehors, frangés; la surface en est inégale, rouge, fongueuse. Ces ulcères s'étendent en largeur pendant quelque temps, restent longtemps stalionnaires, se multiplient pendant que d'autres se cicatrisent, et sont toujours d'une guérison difficile à obtenir. La cicatrice ne présente rien de remarquable; et ici, comine dans les cas précédens, la santé peut rester parfaite.

Le farcin s’observe à tout âge, se développe dans toutes les saisons, mais principalement au printemps : il affecte les deux sexes et est ordinairement beaucoup plus benin chez les chevaux entiers que chezles chevaux hongres.

Cette maladie peut se développer sous l’influence des mêmes causes que la morve; elle peut aussi être la suite des suppurations de longue durée et de la résorption du pus des plaies de mauvaise nature. Cette affection, qui peut durer pendant des années entières, a longtemps passé pour contagieuse; beaucoup d'hippiatres, de cultivateurs et d'officiers de cavalerie lui donnent même encore ce caractère; cependant l'expérience et l’ebservation de tous les jours semblent démontrer que le farcin ne peut se transmettre par voie de conlagion.

Traitement. Un air pur, sec, fréquemment renouvelé, l’usage des couvertures légères, le pansement de la main réitéré et bien exécuté, des alimens de saine nature, un exercice modéré et réglé, sont les meilleurs préservatifs de cette maladie, et les meilleurs auxiliaires du traitement. A ces moyens on peut Joindre l'administration des toniques (n° 26), des diurétiques et des fondans (n°° 52, 66, 67, 68, 72). Les tumeurs abcédées doivent être ouvertes au moyen de l'instrument tranchant, et détruites soit avec les caustiques, soit avec le fer rouge. On procède à l'enlèvement des kystes avec le bistouri, si les tumeurs sont volumineuses; les plaies sont ensuite reconvertes d’étoupes coupées, et pansées avec la teinture d’aloës, l’eau phagédénique, le chlorure de chaux, etc. Malgré tous les soins possibles, il faut avouer que le farcin résiste bieu souvent au traitement que l’on emploie pour lecombattre.

Je ne parle pas ici des maladies que l’on a désignées sous les noms de morve aiguë, farcin aigu, affections lrès-rares et rapidement mor-

telles.

MALADIES DES CHEVAUX

$ 11. — Morve.

On donne ce nom à une maladie du cheval

glions lymphatiques de l’auge, le Jetage par les deux narines ou par une seule, et dans ce dernier cas, le plus souvent par la gauche, d'une matière jaune-verdâtre, grumeleuse, s'attachant aux orifices des narines, et par l’apparition de tubercules ou d’ulcères sur la membrane qui revêt la cloison médiane des parines ou les cornets. Cel état est fréquemment accompagné du développement de tubercules dans les poumons. Le cheval est dit douteux quand il présente un ou deux des symptômes que je viens d'indiquer. Ordinairement le Jetage ou la glande paraissent les premiers : d'abord en petite quantité, presque séreuse, la matière qui s’écoule d’une ou des deux narines est plus abondante que de coutume; elle est d’une couleur jaunâtre, inodore, et tient en suspension de petites masses comme caséeuses qui couvrent et salissent la peau et se dessèchent sur les orifices des narines. Si la maladie débute par la glande, un petitengorgement, ordinairement arrondi, situé plus ou moins profondément, parait à la face interne de l’une ou des deux branches de l'os de la mâchoire inférieure; cet engorgement est peu volumineux; il commence par avoir le volume d’une noisette ou d’une noix; il parait formé d’une seule masse, ou constitué par la réunion d'un grand nombre de petits corps mobiles Les uns sur les autres, mais réunis en une masse assez circonscrite, adhérant ou non à la peau, qui elle-même est plus ou moins mobile ; il est quelquelois indolent, d’autres fois il est légèrement douloureux, et le cheval cherche à éviter la pression. Que l’un de ces symptômes ou tous les deux apparaissent en même temps et successivement, ils peuvent rester stationnaires pendant fort longtemps, quelquefois des mois, des années, pendant lesquels la membrane nasale est dans l’état naturel, ou colorée, ou plus ou moins épaisse et blafarde; en même temps l'animal parait jouir d'une bonne santé. Enfin, l'œil du côte où le jetage a lieu devient chassieux, larmoyant ; de petits tubercules, développés dans le tissu sous-muqueux, apparaissent sur la pituitaire ; bientôt ils se ramollissent, font place à de petits ulcères moins colorés que les parties environnantes, blafards, jaunâtres et quelquefois exubérans ; ils augmentent successivement tant en profondeur qu’en étendue ; le jetage devient plus considérable ; bientôt il est mêlé de stries de sang; la table externe des sinus frontaux se gonfle, fait saillie sous la peau ; la percussion que l’on exerce sur elle est douloureuse et rend un son mat; le cheval est définitivement déclaré morveux et doit être abattu, non que la mort suive de près la maladie arrivée à ce degré, et que le cheval ne puisse encore rendre des services, mais parceque l'affection est alors regardée comme définitivement incurable, et que les ordonnances de police prescrivent le sacrifice de l'animal.

Causes. Plusieurs vétérinaires regardent la morve comme héréditaire; mais ce point de doctrine est encore douteux. Toutes les irrita-

tions souvent renouvelées de l'appareil de la respiration, toutes les causes susceptibles d’affaiblir l'économie et d'appauvrir le sang, telles que les mauvais fourrages, les fatigues excessives, le mauvais régie longtemps continué, l'influence d’un air vicié, des écuries malsaine est humides, des travaux saccadés, etc, peuvent occasionner cette maladie.

La morve est-elle contagieuse ? Voilà une question qui a été bien débattue, et qui est encore indécise. Autrefois tout le monde était convaincu de la contagion de la morve, et les règlemens de police prescrivaient à l’égard des chevaux morveux des précautions d'hygiène publique, qui, aujourd'hui, paraîtraient ridicules et vexatoires. Dans ces derniers temps même ( mars 1837), un médecin trèsdistingué, M. Rayer, dans un mémoire lu à l’Académie de Médecine, a soutenu que la morve aiguë pouvait se transmettre d’un animal à l'homme et réciproquement. Il a cité, à l'appui de cette opinion, l'observation d’un palefrenier mort à l'hôpital de la Charité, d'une maladie qui avait tous les caractères de la morve,et d’un cheval chez qui cette maladie s'était développée à la suite de l'inoculation de la matière secrétée par la muqueuse nasale de cet homme.

Mais un fait unique, en le supposant même bien constaté, ne s’aurait en infirmer des milliers d’autres. L'expérience et l’observation sont venues d’abord jeter des doutes sur cette propriété contagieuse, puis convaincre un grand nombre de praticiens de l'absence complète de cette propriété. Si je ne m'en rapportais qu’au dire de la plupart des vétéripaires, et aux expériences que J'ai faites à l'infirmerie de Betz avec mon confrère et ami M. Berthonneau (nous avons vainement essayé d'inoculer la morve à dix chevaux jeunes et bien portans), je ne craindrais pas de dire hautement que la morve chronique ne peut se transmettre par contagion; mais un pareil langage ne serait peut-être pas sans inconvénient ici; J'aime donc mieux m'abstenir, et me contenter d'engager les propriétaires à la prudence, tout en leur conseillant de bannir ces craintes exagérées, et ces précautions ruineuses qui, dans l’état actuel de la science, seraient véritablement déplacées. Qu'ils évitent avec soin d'exposer leurs animaux aux véritables causes de la morve : voilà le meilleur secret de les en préserver.

Tout le monde sait que la morve confirmée est incurable : indiquer les traitemens qui ont été proposés pour la combattre, serait donc ici un véritable hors d'œuvre.

E. Maladies des yeux.

Fluxion périodique ( ophthalmie intermittente, fluxion lunatique).

. Maladie des yeux, reconnaissable à tous les signes de l’ophthalmie interne, apparaissant à des époques plus ou moins éloignées, et finissant presque toujours par entrainer la perte de la vue.

Les causes prédisposantes de cette maladie sont : le travail de la dentition, l'usage habituel des alimens fibreux, durs à broyer, des

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