CHAP. 5. MALADIES
à la fourbure, dont la chüte des sabots est parfois une conséquence.
Traitement. L’engravée récente et exempte de complications graves cède facilement au repos, aux bains de pieds et aux cataplasmes émolliens; toutefois la guérison n’est complète que lorsque la corne a acquis assez d’épaisseur pour redonner au pied sa solidité première. La ferrure doit étre employée tant pour guérir la maladie que pour en éviter la récidive. Les onglons pourvus de fers bien faits se trouvent à l'abri des impressions douloureuses, qui sont la suite d’une longue marche sur les terrains durs.
$ VIII. —Fourbure.
Cette maladie, considérée chez les bôtes à cornes, présente les mêmes considérations que la fourbure du cheval (voyez page 337).
$ IX.—Vaccine (picotte, cowpox).
Maladie éruptive qui se manifeste sur le trayon des vaches, et dont la transmission à l’homme imprime à ce dernier la faculté de résister à la contagion de la petite-vérole.
Ceite maladie, ordinairement bénigne et ne réclamant aucun traitement, est caractérisée par des boutons plus ou moins étendus qui naissent, suppurent, se dessèchent et tombent ; elle est contagieuse. La vaccine n’a été que très-rarement observée en France.
ART. IV. — Maladies particulières aux moutons.
$ 17. — Claveau ( clavelce, clavilière, picote, rougeole, variole, gramadure, liard, mal rouge, pustulade, elc.; etc.).
Tous ces noms, et une foule d’autres que Jomets à dessein, servent à désigner une maadie qui consiste principalement dans une éruption de boutons, et dont les causes sont encore ignorées. Cette affection est éminemment contagieuse. Les circonstances qui ont le plus souvent part à sa transmission sont : 1° l'introduction dans un troupeau d’une ou plusieurs bêtes atteintes de la maladie; 2° le passage d’un troupeau sain sur les traces d’un troupeau malade, même après plusieurs jours, et surtout l'introduction des bêtes saines dans un pâturage qui a servi à des bêtes malades; 3° la circulation des bouchers, des bergers et de leurs chiens, des maréchaux, des guérisseurs, des compères, des marchands de moutons qui parcourent les campagnes en visitant et maniant les bêtes saines, après avoir visité et manié des bêtes malades; 4° le transport des laines, des peaux, des fumiers et des différens objets qui ont pu servir ou se trouver en contact avec des moutons infectés ; 5° le voisinage d’un parc, d’une bergerie, d’un pâturage ou d’un cantonnement servant à un troupeau malade, surtout lorsque ce troupeau se trouve au-dessus du vent et à peu de distance des troupeaux sains. — Lorsque la clavelée pénètre dans un troupeau, elle n’attaque jamais toutes les bêtes à la fois; elle commence par se déclarer sur quelques individus, chez lesquels elle parcourt ses pé-
DES MOUTONS. 341 riodes avec assez de régularité. Cette première attaque dure environ un mois; puis la maladie, qui semblait se calmer, se declare sur la majeure partie du troupeau, et est ordinairement plus grave qu’à la première attaque. Enfin, vers le troisième mois, la partie du troupeau qui avait jusqu'alors résisté à la contagion est atteinte à son tour. On donne vulgairement le nom de bouffées ou de lunes à chacune de ces trois époques.—La clavelée, considérée sur les individus et non sur les troupeaux, peut être régulière et bénigne, ou irrégulière et maligne.
Symptômes et marche de la clavelée réguliére. La marche de la clavelée peut être divisée en 4 périodes distinctes. — La 1'° est celle de l’encubation; c’est celle qui succède à la contagion. Le virus claveleux n’a pas encore produit d’effet apparent, et les bêtes paraissent jouir d’une santé parfaite ; cette période dure, terme moyen, quatre jours en été, et cinq à six jours en hiver.—La 2° période est celle de l’'éruption des boutons : elle s'annonce par la tristesse, l'abattement, la perte de appétit, la chaleur de la peau, la soif, l'agitation des flancs, la rougeur des yeux, la fréquence du pouls. Au bout de trois ou quatre jours de cet état de fièvre, les boutons apparaissent dans les endroits privés de laine ; ils commencent par de petites taches violacées qui s'élèvent et grossissent; leur bord est bien marqué, bien distinct, et leur centre est aplati; leur grosseur varie depuis celle d'un grain d'orge jusqu'à celle d’une pièce de vingt sous; ils sont peu nombreux dans la clavelée régulière, et séparés les uns des autres; ils sont quelquefois entourés d’une auréole rouge. La fièvre tombe ordinairement dès que les boutons sont développés.—Cette éruption dure cinq à six Jours environ; puis Commence la période de suppuration, qui s'annonce de nouveau par de la fièvre, de l'abattement et la perte de l'appétit. Les boutons blanchissent à leur sommet, et il se forme dans leur intérieur une sérosité roussätre et transparente, qui suinte de tous les points de la surface du bouton, lorsqu'on a enlevé la pellitule qui les recouvre. C’est cette sérosité qui constitue le virus claveleux propre à l’inoculation de la maladie ; il ne conserve sa pureté et sa limpidité que pendant trois ou quatre jours.—Enfn, douze à quinze jours après le développement de la maladie, les boutons se dessèchent, forment croûte et se détachent; c’est ce qui constilue la 4° et dernière période de la clavelée. Alors l'animal, débarrassé pour toujours de cette maladie, et désormais à l'abri de ses atteintes, ne tarde pas à reprendre de l'appétit, de la gaieté et son état habituel de sante.
Symptômes de la clavelée irrégulière. Xi la fièvre, la difficulté de respirer, la félidité de l'haieine et la faiblesse, sont quelquefois portées à l'excès; la laine vient à la moindre traction, la bouche est sèche et la soif ardente; il s'établit un écoulement abondant de bave
ar la bouche, et un flux par le nez d’une Let épaisse, jaunâtre, sauguinolente, fétide, qui forme parfois à l'entrée des narines des croûtes qui augmentent la difficulté de respirer. Les yeux sont enflammeés et toute la tèle se gonfle. Si l’éruplion survient, la fièvre ne diminue pas, et les boutons, au lieu d'être
isolés et en petit nombre, sont très-nombreux,
eu distincts, confluens et réunis de manière à former de larges plaques raboteuses. Si la maladie se prolonge avec ces fâcheux symptômes, les flancs se relroussent, la faiblesse devient très-grande, les boutons s’affaissent, la diarrhée survient et l’animal meurt. Quelquefois la gangrène fait tomber les lèvres, les oreilles, et des plaques ou moins larges de différentes parties du corps.
Traitement. Lorsque la clavelée est régulière (et elle l’est presque toujours lorsqu'elle est la suite de la clavélisation ; voyez ce mot à l’article Chirurgie), elle ne demande aucun traitement; on doit, dans ce cas, se contenter d'éloigner toutes les causes qui peuvent entraver le travail de la nature et la marche naturelle de la maladie. Loger les animaux à l'aise dans des bergeries sèches, faire parquer si le temps le permet, diminuer un peu la nourriture, la donner bonne et choisie, faire sortir le troupeau une ou deux fois par jour s’il fait beau, éviter l’action du froid humide, aiguiser l’eau qui sert de boisson avec du sel ou un peu de vinaigre : tels sont en résumé les soins à prendre. Les bêtes affectées gravement doivent être mises à part. Lorsque l’éruption languit, il faut administrer quelques toniques (un peu de vin, une infusion de petite centaurée). M. Huzard fils conseille d’administrer aux bêtes atteintes de clavelée irrégulière, deux verres par jour d’un mélange à parties égales de vin et d’une infusion aromatique, que l’on aiguisera avec un huitième d’eau-de-vie.
La clavélisation (vaccination) faisant presque toujours développer une clavelée trèsbénigne, qui, de même que la clavelée naturelle, met à tout jamais les animaux à l'abri d'une récidive, et par conséquent les préserve d’une contagion, il est bon de clavéliser les troupeaux lorsque l’on redoute le développement de cette maladie.
$ II. — Vivrogne (Woir-museau).
Maladie ayant de l’analogie avec la gale et les dartres, et siégeant ordinairement sur le museau, d’où elle s'étend quelquefois aux, côtés de la tête jusqu'aux oreilles; on la reconnait à des croûles brunes plus ou moins larges. La malpropreté en est la cause la plus ordinaire. On remédie au noir-museau en frottant les parties malades avec une pommade composée d’une partie de fleur de soufre et deux parties de graisse. Il est bon dé mettre à part les bêtes qui sont attaquées de cette maladie, car elle est considérée comme contagieuse.
$ III. — Muguet des agneaux.
C’est une espèce d’aphthe ou de chancre qui survient dans la bouche de ces jeunes animaux, et qui les tourmente au point de les empêcher de téter, el parfois de les faire mourir, faute de nourriture. Les causes en sont à peu près inconnues. M. Tessier conseille de faire un mélange de poivre, de sel et de vinaigre,-et de cautériser fortement la bouche et les lèvres de l'agneau avec un pinceau trempe dans ce mélange; ce remède procure