‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 281 sur 467 · LIV. III · texte numérisé non relu

LIV. III

ordinairement la guérison. Mais en même temps, il est nécessaire de faire avaler du lait à ces jeunes animaux, afin de les empêcher de mourir de faim.

$ IV. — Araignée (mal de pis }.

(Voyez Inflammaition des mamelles, page 313.)

$ V. — Genestade.

(Voyez Catarrhe vésical, page 314.)

$ VI. — Maladie des bois.

Cette maladie, qui attaque plus fréquemment les bèles à cornes, a été décrite à propos des maladies particulières à ces derniers animaux. (Voyez page 339.)

$ VII. — Sang de rate {maladie de sang, coup de sang, la chaleur, mourois rouge).

Maladie inflammatoire ou apoplectique, remarquable par la rapidité de sa marche et par la promptitude avec laquelle elle frappe de mort les individus qui en sont atteints.

Rien ne peut faire prévoir qu'un animal va être frappé de cette terrible affection : il parait jouir d’une santé parfaite, et tout à coup il s'arrête, paraît étourdi, chancelle, trébuche, ouvre la bouche, écume et rend du sang avec les excrémens et les urines; bientôt il tombe à la renverse, bat du flanc, râle et meurt, quelquefois dans l’espace d’une demi-heure. d’un quart d'heure et même de quelques instans.

Alors on voit sortir de sa bouche et de ses narines un sang noir et épais; son Corps ne tarde pas à se gonfler et à se tuméfier. Si on en fait l'ouverture, on voit tous kes vaisseaux de la peau injectés, les chairs violettes et la rate volumineuse, et gorgée de sang. C’est ordinairement pendant les mois de juin, juillet et août que cette maladie fait le plus de ravages ; la mortalité est plus commune dans les années sèches, les fortes chaleurs et les jours d'orage; elle se ralentit dans les temps frais et après les pluies; elle semble sévir de préférence sur les animaux robustes et vigoureux. On attribue généralement cette maladie à l'influence d’une nourriture trop substantielle, des grandes chaleurs et des sécheresses prolongées.

Traitement préservatif. 1] n’y a rien à attendre d’une bête qui tombe attaquée du sang de rate; tout remède est inutile, car la maladie est inévitablement mortelle. Mais l’examen que l’on fait de son corps, et l’avertissement que donne un premier accident, indiquent qu’il est nécessaire de soumettre le troupeau à un traitement préservatif. Il n’y a pas un moment à perdre : on doit saigner surle-champ tous les individus qui, par leur force, ou par la couleur vermeille des yeux, des lèvres et de la bouche, annoncent un éiat de pléthore. On se tromperait peu sur le choix, si l’on pratiquait cette opération sur les animaux qui marchent toujours à la tête du troupeau. En même temps il est nécessaire de mettre les troupeaux. à l'abri de l’ardeur du soleil, de leur faire boire de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre un peu de couperose verte,

de leur faire manger de la provende dans laquelle on a mélé du sel égrugé, dans la proportion de 2 livres par jour pour cent bêtes d’une taille moyenne. Dans ces derniers temps on a conseillé, à titre de préservatif, l’'oxyde d’antimoine sulfuré demi - vitreux ( crocus d’antimoine), à la dose d’une livre par jour pour cent bêtes du poids de 25 à 30 livres, et d’une livre et demie pour les bêtes plus fortes. Cette dose doit être mêlée dans un boisseau de son.Pour éviter les causes éloignées, il faut avoir soin de faire boire fréquemment les troupeaux pendant l'été, si les animaux paissent sur des terrains secs, de leur donner en hiver de l’orge, préférablement à tout autre grain, et d'y méler des feuilles ou racines aqueuses, telles que choux, carottes, navets, topinambours, pommes de terre, betteraves; de ne pas tenir les animaux chaudement dans les bergeries, de leur faire manger du vert au printemps le plus tôt possible, et de ne les mener dans les chaumes de blé, immédiatement après la moisson, qu'avec la précaution de ne pas les y laisser longtemps.

$ VIII. — Falère.

On a donné ce nom à une maladie qui paraît n'être autre chose qu’une indigestion gazeuse. Voyez Tympanite des rurminans, page 305.)

$ IX. — Maladie de Sologne ( maladie rouge, maladie d'été, mal rouge).

Cette maladie, ainsi que son premier nom l'indique, est enzootique dans l’ancienne province de Sologne (département du Cher, de Loir-et-Cher); on la voit ordinairement paraître au mois de mai; elle est dans toute sa force au mois de juin. et elle s'éteint insensiblement à la fin de juillet et au commencement d'août. Cette maladie est annoncée par la tristesse, le dégoût, la lenteur dans la marche; bientôt les yeux deviennent larmoyans et ternes, la bouche est livide, les naseaux sont bouchés par une matière épaisse, les urines coulent lentement; la tête et les membres de devant paraissent gonflés. Les animaux sont très-faibles, cherchent l’ombre pour se garantir des mouches qui se jettent en grand nombre sur eux sans qu’ils fassent d'efforts pour les chasser ; ils refusent d'aller aux champs ou bien ils s’y perdent. Dans les derniers temps de la maladie, ils boivent abondamment, eL il sort de leur bouche une bave écumeuse; plusieurs rendent par le nez ou par l'anus une petite quantité de sang peu foncé; près de mourir, ils offrent généralement un flux extraordinaire d'urine. La maladie dure de six à dix jours; les bêtes qui ont bavé, rendu du sang ou bu abondamment, meurent toutes; la fraicheur du temps paraît augmenter la mortalité. L’affection exerce plus particulièrement ses ravages sur les agneaux et les antenais.

Les causes de la maladie de Sologne se déduisent de la manière dont on conduit les bètes à laine dans ce pays. On les mène aux champs pendant toute l'année, quelque temps qu'il fasse; on ne les nourrit pas à la bergerie, ou bien on leur donne si peu de nourriture, qu’elles souffrent souvent de la faim ; les

Page 1