MALADIES DES PORCS
grands. Le mal faisant des progrès, le canal du fourchet donne écoulement à une humeur qui devient purulente et fétide; il s’'engorge, s’ulcère, devient le siége d’un abcès, et s'élève entre les deux os de la couronne, comme un bourgeon de l’intérieur duquel s'échappe une malière sanieuse, Les souffrances sont alors excessives, occasionnent de la fièvre et un prompt dépérissement, et empêchent les animaux de s'appuyer sur le pied malade.
Traitement. | varie suivant le degré de la maladie. Au début de l'affection, l’inflammation cède quelquefois à l'extraction des corps étrangers qui sont introduits dans le canal, aux soins de propreté et aux bains de pieds üèdes. — Si cela ne suffit pas, on pratique plusieurs fois par jour, au pourtour du canal, des lotions avec de l'extrait de Saturne étendu d’eau, où avec une solution de couperose verte. S'il y a du gonflement et de la chaleur, on applique des cataplasmes astringens (n° 34). Si l’inflammation est forte, il est bon de faire quelques scarifications autour de la couronne; enfin, lorsque la force des souffrances a donné lieu à de Ja fièvre, il est nécessaire de faire une ou deux saignées générales. Ces moyens, bien combinés, peuvent amener
| la guérison en vingt ou trente jours environ.
Mais si la maladie n’a pas été traitée dès le principe, et que le canal du fourchet soit devenu ulcéreux,on ne peut espérer la guérison qu'en faisant l’ablation de ce canal. Cette opéralion ne peut être faite que par un vétérinaire,
ART. V.— Maladies particulières aux porcs.
$ I‘".— Ladrerie (glandines, nosclerie, pourriture de Saint-Lazarre),
Maladie caractérisée par le développement dans le tissu cellulaire, de vésicules, dites la: dres, qui se manifestent sous forme de granulations blanches de forme ovoïde, et qui ne sont autre chose qu’une espèce de ver hydatigène désigné par Rudolphi sous le nom de Cysticerque ladrique. On trouve ces vers non-seulement sur tous les viscères et dans toutes les cavités, mais aussi dans la graisse, le lard, les intervalles des muscles, etc. À l’extérieur, aucun signe extraordinaire ne décèle la présence des vésicules ladres. Le seul auquel on s'attache pour reconnaître et constater l'existence de la maladie, consiste dans l'apparition de vésicules à la langue; on a aussi parlé de l’enflure des ganaches. Le cochon ladre est plutôt boursouflé que gras, et c'est en vain que l’on redouble de dépenses pour l’engraisser : jamais il ne prend un bon lard. Sa chair n’est pas absolument malsaine; mais elle est molle, fade, sans goût, prend difficilement le sel; le lard en est blanc et sans consistance. Les causes de cette affection sont peu connues, et l’art est tout à fait impuissant pour la combattre, ce qui n'empêche pas que l’on ne trouve dans les livres une foule de recettes, merveilleuses, dit-on, pour guérir cette maladie.
$ II. — Pourriture des soies.
Viborg regarde cette maladie comme une
affection scorbutique. On trouve, chez l’animal qui en est atteint, un affaiblissement total des forces vitales qui s'annonce par la lassitude, la paresse et une diminution de l’appétit. La gencive est enflée el flasque, et au moindre contact elle donne écoulement à un sang noirätre La peau de l'animal est molle, et le lard qu'elle couvre cède à l'impression du doigt. Lorsqu'on arrache des soies, on en trouve les bulbes noirs et sanguinolens, tandis qu'ils sont fauves lorsque le porc est en bonne santé. — Les porcs d'engrais sont exposés à cette maladie lorsqu'on les tient renfermés dans des porcheries où règne un air humide, ou bien lorsqu'on ne varie pas leurs alimens. — Le traitement est loug etquelquefois infructueux; il vaut donc mieux tuer la bête si elle est suffisamment grasse, car la chair du porc qui en est attaqué n’est pas malsaine. Cependant, si l'on veut essayer un traitement, il faut donner à l'animal une nourriture bonne et substantielle, le faire sortir à l'air libre, lui donner une étable propre, méler tous les jours à sa nourriture de 4 à 6 livres d’une décoction d'une plante amère (absynthe, trèfle d’eau, écorce de saule ou de chéne, etc.), en y associant, d’après le conseil de Viborg, une quantité égale d’un lait de chaux ou une solution de deux gros d’alun.
$ 111. — Petite vérole.
Cette maladie est rare et encore peu connue. Au début, l'animal qui en est atteint baisse la hure et porte les oreilles en arrière; il a les yeux ternes, et il éprouve quelques mouvements de fièvre. Vers le troisième ou le quatrième jour, on aperçoit sur les pores blancs des taches rouges qui grossisseut jusqu'au sixième jour, époque à laquelleellescommenvcent à pâlir au centre et à suppurer. Au
neuvième où dixième jour, les boutons sont
tout blancs et couverts d'une croûte qui com-
mence à tomber vers le douzième jour. Cetie-
affection est quelquefois régulière, d’autres fois irrégulière : on prétend qu'elle est conlagieuse parmi les porcs, qu’elle n affecte RER seule fois le même animal, et qu’elle se éveloppe principalement sur les gorets. La salubrité des toits, l'usage du petit lait ou de l'eau acidulée par du levain pour les gros orcs et les mères des gorets, lorsque la maadie est régulière, sont les moyens que l'on a mis en usage avec le plus de succes pour combattre cetle affection.
ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE