RÈGLES DE LA FERRURE
un peu moins grande que celle de la pince; | du diamètre antéro-postérieur, de telle façon
mais la branche interne est un peu plus couverte que l’externe. Elle diminue insensiblement de largeur jusqu'aux éponges, qui conservent cependant encore assez de couverture pour garnir de chaque côté les talons sur lesquels elles portent à plat.
Le fer ordinaire à derrière ( fig. 204) diffère du fer à devant par sa forme moins circulaire; son épaisseur est beaucoup plus forte en pince que dans les branches où elle diminue insensiblement jusqu’en éponges.Les étampures, distribuées également sur les deux branches, laissent dans le milieu du fer un espace qui permet d’y établir un pinçon. Les branches sont différentes l’une de l’autre par leur forme, leur longueur et leur épaisseur. L’externe, plus longue et plus épaisse que l’inlerne, diminue insensiblement de largeur jusqu’à l’éponge qu’on replie ordinairement à angle droit pour former un crampon. L’interne, plus petite, moins épaisse et moins large, se termine par une pointe que l’on rabat sur ellemême pour former un petit crampon quadrifacié comme la tête d’un clou, et qui a recu le nom de mouche.
$ IL. — Des règles de la ferrure.
Nous avons dit plus haut que le problème dont on devait se proposer la solution dans la pratique de la ferrure, était celui-ci : £tant donné un pied sain, lut adapter un fer qui conserve l'intégrité de sa forme, la rectitude de ses aplombs, et mette le moins de limites
ossible à la liberte de ses mouvemens.
1° Conserver au pied l'intégrité de sa forme.
Telle est la première et la plus importante règle de la ferrure, celle dont l’inobservation est peut-être la cause la plus influente de la ruine de tant de chevaux. Lorsqu'on applique un fer sous le pied du cheval, on doit bien se rappeler que c’est le fer qui doit prendre la forme et les contours du pied, et non pas le
pied qui doit se mouler sur le fer. On dit, en |
termes de maréchalerie, qu'on donne la tournure à un fer lorsqu'on lui fait décrire les contours du pied. Cette tournure n’est pas la même dans les pieds antérieurs et dans les pieds postérieurs ; ce qui résulte nécessairement de la différence des formes qu'ils affectent, puisque la tournure ne peut étre bonne qu’autant que la circonférence du fer est exac tement celle du bord inférieur du sabot.
2° Conserver au pied la rectitude de ses aplombs.
Telle est la seconde donnée du problème.
Pour arriver à ce résullat, il faut donner au fer la forme de la face inférieure du sabot, de telle façon que le pied garni de son fer soit
encore dans son appui naturel lorsqu'il pose |
sur le sol. Ou dit, en maréchalerie, qu'on donne l’ajusture à un fer lorsqu'on le moule
ainsi sur la forme de la face plantaire du pied.
L’ajusture est, comme latournure, différente |
dans les pieds antérieurs et dans les pieds postérieurs ; ce qui résulte nécessairement encore de la différence de deux pieds.
Dans les pieds antérieurs, la face plantaire du sabot est légèrement convexe dans le sens
forme et de poser de ces |
que l'appui du pied se fait principalement en talons, en quartiers et en mamelles, mais que la pince en est un peu relevée. L'ajusture, quant à ce qui concerne la face infé:ieure dun fer, devra donc consister à donner à cette face cette forme de la face plantaire du sabot ; elle sera un peu relevée en pinces et en mamelles, et les branches devront être planes dans toute leur étendue postérieure.
Quant aux pieds postérieurs, comme le bord inférieur du sabot est tangent à un plan à peu près dans toute son élendue, le fer propre à leur adapter doit avoir toute sa surface inférieure à peu pres plane.
L'ajuiture ne consiste pas seulement à donner à la face inférieure du fer la forme de la face plantaire du pied; elle a aussi pour but d'imprimer à sa face supérieure une incurva- Lion qui permette d'arriver à la solution de la troisième donuée du problème, c’est-à-dire la conservation de l'élasticité du pied.
3 Mettre le moins de limites possible à la liberté des mouvemens du sabot.
Telie est la troisième donnée du problème, et celle dont il est le plus difficile d'obtenir la solution.
Au premier abord, en effet, la ferrure semble tout à fait incompatible avec la conservation des mouvemens du sabot, puisqn’un fer est une barre inflexible qui, en étreignant le pied, doit nécessairement le faire participer à son inftexibilité. Cependant, si l'on réfléchit 1° que les mouvemens de dilatation du sabot s'effectuent principalement en talons ; 2° que l’élasticité du pied consiste en partie dans un mouvement d'affaissement et de relèvement de la sole, on verra qu'il est possible de ne pas mettre un obstacle complet au jeu de cette élasticité.
1° On arrivera à conserver aux pieds les mouvemens de dilatation des talons en disséminant les étampures du fer, de façon que les clous qui doivent le maintenir s'implantent principalement en pinces, en mamelles et dans la première moilié des quartiers, mais pullement dans l’autre moitié et dans les taons. Ici encore nous devons signaler une dif férence entre le fer à devant et le fer à derrière, Comme c'est principalement dans les pieds antérieurs que le jeu d'élasticité ‘du sabot est le plus prononcé. c’est principalement aussi dans les fers qui doivent leur être adaptés que la dissémination des étampures doit être faite dans le but de la conservation de cette élasticité. Quant aux pieds postérieurs où les mouvemens de drlatation sont plus limités, la dissémination des élampures permet d'implanter les elous plus près des talons.
2° On permettra les mouvemens d'affaissement de la voûte élastique que représente la sole, en imprimant à la face superieure du fer une légère incurvation qui laisse à la sole la liberté de s’affaisser sous le poids sans qu’elle se trouve en contact avec le fer. Mais celle incurvation ne doit être creusée que dans l'épaisseur même du fer, et sans qu'il en résulte de modification pour sa face inférieure. C’est en cela que consiste l’ajnsture de la face supérieure. . "
Ainsi, en résumé, pour qu'un fer se trouve dans toutes les conditions qu'exige son adap-
tation raisonnée à un pied sain, il faut qu'il en ait la tournure, qu'il lui soit bien ajusté, c’est-à-dire que sa face inférieure représente celle du sabot, et que sa face supérieure soit assez incurvée pour permettre l’affaissement de la sole; il faut enfin que les étampures soient disséminées de telle manière que les clous ne puissent gêner les mouvemens des talons. La figure 205 représente un pied de devant, et la figure 206 un pied de derrière, garnis de leur fer et vus par leur face inférieure. Les figures 205 bés et 206 bzs représentent ces pieds posés sur le sol.
Fig. 206.
Fig. 205.
SECTION 111. — Du Manuel opératoire de la ferrure et de la préparation à faire subir au sabot pour le rendre propre à l'adaptation du fer.
Avant de parler du manuel opératoire de la ferrure, il est nécessaire de donner en quelques mots la description des instrumens qui servent à cetle opération.
$ Ie". — Instrumens de ferrure.
Les insitrumens que l’on emploie en France pour pratiquer la ferrure d'un pied sont : le brochoër, le boutotir, le rogne-pted, les tricotses, la räpe et le repoussoir.
Le brochoir( fig. 207) est le marteau dont on se sert pour implanter des clous qui doivent fixer le fer sous le sabot. On distingue dans un brochoir : 1° la bouche A, ou la surface légèrement convexe qui frappe sur la tête du clou; 2° la panne, ou celte partie amincie en biseau qui se trouve échancrée dans son milieu; 3° les Joues C, ou les parties latérales renflées ; 4 l’æ&i/, ou l’ouverlure par laquelle le manche pénètre dans la tête; 5° enfin, le manche Æ, dont la réunion avec la tête est consolidée au moyen de deux clavettes F en fer ou en cuivre qui sont rivées sur le sommet de la tête et se prolongent sur le tiers supérieur du manche. Dans un brochoir bien emmanché, lorsque laboucheest tangenteàun plan par son centre, l'extrémité du manche doit être tangente au même plan par sa partie
ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE