‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 291 sur 467 · LIV. If · texte numérisé non relu

LIV. If

Fig. 209. 210.

renflée. On dit alors, en termes techniques, que le brochoir est bien bridé.

Le boutoir ( fiz. 208) est l'instrument employé pour abattre l’excès de corne dü sabot et parer sa face plantaire. On y distingue :

1° une lame G; 2° les bords relevés de la lame ou les cornes H H; 3° la queue I, ou prolongement de la tige de la lame parallèle au manche de l'instrument; 4° la portion recourbée de la tige, ou azc du boutoir; 5° enfin le manche du boutoir K.

Le rogne-pied (fig. 209), dont le nom indique assez les usages, est un fragment de sabre sans manche d'un pied à peu près de longueur, dont le tranchant est très-affilé à l’un de ses bouts L, et assez obtus au contraire à l'autre M. Le premier sert à rogner l’excédant du sabot, le second à dériver les clous.

Les tricoises (fig. 210) sont des tenailles à mors très-tranchans dont les maréchaux se servent pour couper les lames de leurs clous, arracher ceux qui sont implantés dans la corne, soulever le fer dont ils veulent dégarnir le pied, et enfin river les clous. On y distingue les mors N et les branches O O.

La répe (fig. 211) est une espèce de lime à gros grains, aplatie sur ses deux faces, dont les maréchaux se servent pour arrondir le bord inférieur du sabot, et donner au fer quelques enjolivures. Le repoussotr (R fig. 212) est un petit poincon que l’on emploie pour élargir les contreperçures et faire sortir les vieilles souches de clous qui sont restés dans la corne.

$ Il — Du manuel de la ferrure.

La première condition pour ferrer convenablement est d’avoir à sa disposition un aide habitué à lever les pieds des animaux. Cette condition remplie, et toutes les précautions étant prises pour que le cheval reste dans un repos aussi complet que possible, le maréchal fait lever le pied qu'il veut ferrer.

Si le sabot était déjà garni d’un vieux fer, il s’arme du brochoir et du rogne-pied, et redresse avec le tranchant obtus de ce dernier instrument les lames des clous que Fon avait fléchies sur la paroi pour les river; en

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d’autres termes, il dérive le fer. Saisissant alors ses tricoises, il introduit l’un de leurs mors sous ia face supérieure d’une des branches du fer, et par le seul fait de sa pénétration, il opère déjà un soulèvement qu'il rend pius complet en faisant exécuter aux manches de son instrument un mouvement de bascule.

Ils agissent alors à la manière d’un levier du premier genre, et déterminent lextraction des clous. En frappant ensuite avec ses tricoises sur l'éponge de la branche soulevée, l'opérateur rabat le fer jusqu’à la sole, et, par ce mouvement, fait saillir les têtes des clous en dehors des étampures; il peut alors les saïsir avec les tricoises et les extraire complétement. Il manœuvre de la imême manière pour détacher lautre branche; et lorsqu'il ne reste plus à extraire que jies clous de la pince, il doit introduire l’un des mors de ses tricoises sous la voûte du fer, et s’efforcer de la soulever par un mouvement de bascule analogue à celui qu'il a employé pour détacher les branches. Si cette manœuvre ne réussissait pas, il vaudrait mieux alors faire sortir les clous à l’aide du repoussoir, que de déterminer l'extraction violente du fer en le saisissant par l’une de ses branches. On courrait par celte pratique le risque de faire éclater la paroi en pince.

C'est une précaution indispensable, lorsu'ou dégarnit un pied de son vieux fer, e recueillir les vieux clous désignés sous le

nom de caboches, de peur qu’en les laissant sur le sol ils ne pénètrent dans les pieds des animaux et n’occasionnent des blessures souvent très-graves.

Le fer une fois enlevé, l'opérateur extirpe toutes les souches qui pourraient rester dans le sabot, soit en les saisissant avec ses tricoises, si elles font assez saillie pour leur donner prise, soit, si elles sont trop profondes, en comprenant dans les mors de son instrument la tige du clou et une petite partie des fibres de la paroi qui l'entourent; que si enfin on ne pouvait obtenir l'extraction par ce moyen, sans faire une trop grande brèche à la paroi, il faudrait alors faire sortir la souche à l’aide du repoussoir, dont on appliquerait la pointe émoussée sur l’une de ses extrémités, et opérer l'extraction avec les tricoises dès que la saillie du vieux clou permettrait de le saisir.

Il est très-important d'opérer l’extraction des souches des clous pour deux motifs: le premier, parce que souvent elles émoussent ou ébrèchent le tranchant du boutoir lorsqu'on les rencontre avec cet instrument dans l’action de parer; le second, et c’est un motif d’une haute valeur, parce qu’elles peuvent, par leur résistance, mettre obstacle à la pénétration des clous nouveaux que l’on implante, les détourner de la direction qu’on doit leur faire suivre, et les faire pénétrer jusque dans les tissus vivans ; d'où résultent des piqûres et surtout des retraites qui offrent souvent beaucoup de gravité.

Le pied étant dégarni de son vieux fer, et les vieux clous extirpés, on a souvent recours au rogne-pied et au brochoir pour abattre l’excédant de la corne, qui, aux arcs-boutans principalement et sur toute la circonférence de la paroi, offrirait par sa grande dureté une

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