‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 292 sur 467 · MANUEL OPÉRATOIRE DE LA FERRURE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE DE LA FERRURE

trop forte résistance à l’action du bontoir.

Dès que le sabot a subi cette préparation, le maréchal procède avec son boutoir à l'action de parer le pied, c’est-à-dire de le mettre dans les conditions nécessaires pour lui adapter un fer nouveau.

Du maniement du boutoir. Le maréchal le saisit de la main droite, de façon que l'arc de la tige soit compris entre les premières phalanges de l'index et du médius, et que la voûte de l'arc ait son point d'appui sur le second de ces doigts: le manche est dans la paume de la main, et la queue protége le médius, lannulaire et le petit doigt. Le maréchal, armé de son instrument, se place alors devant le sabot, porte le pied gauche en avant et fléchit la jambe droite, sur la quelle il s’asseoit, absolument comme s'il faisait des armes de a main gauche. Dans cette position, il embrasse de sa main gauche la paroi du sabot, et donnant au manche de son instrument un point d'appui sur la partie supérieure de son ventre, au niveau de la ceinture, il fait mordre le trauchant dans la corne et lui communique une impulsion qui résulte des forces combinées de ses reins et de sa main droite. Cette manipulauion du boutoir reçoit, en lermes techniques, le nom de bouter ; elle nécessite un mouvement continuel du corps de l'opérateur; car c’est une règle importante, dans le maniement du boutoir, de ne jamais faire perdre à son manche le point d'appui sur le ventre; que si en effet on le faisait agir uniquement avec la main droite, il arriverait souvent qu'en rencontrant dans la corne une résistance moins forte que celle qu'on avait prévue, on ne pourrait modérer l'impulsion communiquée à l'instrument proportionnellement à cette résistance supposée, et qu'on s’'exposerait ainsi à blesser très-dangereusement les bras du teneur de pieds. É

Lorsqu'on manie le boutoir, on doit toujours faire marcher la lame parallèlement à la surface que l’on pare, de manière à n'enlever la corne que par lamelles. Si l'instrument pénètre trop profondément, on l’arrète et on lui donne une autre direction.

En parant les membres antérieurs, l'opérateur doit avoir la précaution d'imprimer à son boutoir une telle impulsion, que son tranchant soit toujours dirigé du côté externe du sabot; sans quoi il s’exposerait à entamer l'épaule du cheval. Dans les membres postérieurs, cette précaulion est inutile, puisque le pied est Jibre dans toule sa circonference.

La plupart des maréchaux éprouvent plus de difficultés à parer, dans le membre antérieur droit, le quartier interne, et dans le membre antérieur gauche, le quartier externe, que les quartiers opposés. Il faut s’habituer à surmonter ces difficultés si l’on veut conserver au pied la régularité de ses aplombs.

$ 1. — De la préparation à faire subir au sabot,

Parer un pied, c’est enlever avec les instrumens la portion de corne qui se serait nécessairement usée par le frottement sur le sol, si le sabot n’eût pas été garni d’un fer protecteur. Le but qu'on doit done se proposer dans l’action de parer est de donner au sabot

la forme et la longueur qui sont nécessaires à la régularité de ses aplombs, et qu’une usure naturelle lui aurait conservées.

Nous avons déjà indiqué quelle était la forme de la face plantaire du sabot du cheval; nous avons dit, pour les membres antérieurs, que la face inférieure d’un sabot vierge n'était tangente à un plan que par ses mamelles, ses quartiers et ses talons. Dans l’action de parer, on devra donc conserver à la surface plantaire du sabot cette forme naturelle : c’est une des importantes règles qui guident dans le maniement du boutoir.

Nous devons maintenant indiquer les règles qui fixent la longueur que l’on doit donner au sabot, et la manière dont il faut parer la sole et la fourchette.

On ne saurait indiquer avec une justesse mathématique la longueur que l’on doit donner avec le boutoir a la paroi du sabot. Les niaréchaux sont ordinairement guidés dans l’appréciation de cette longueur par l'habitude qu'ils ont de voir des chevaux et la connaissance que cette habitude leur donne de la longueur proporlionnelle de leurs pieds.Mais,en outre, lorsqu'ils parent le pied, la mollesse de la résistance qu’oppose à leur instrument la corne

ui s'approche des parties vives et s’imbibe

es sucs sécrétés, et encore la sensation que leur donne la sole amincie quifléchit sous leurs doigts, sont poureux de sûres indications.Ilest important pour un maréchal d'acquérir l’habitude de donner au sabot la longueur qui se trouve en harmonie de proportion avec le reste du corps de l’animal; car l’excès, soit en longueur, soit en petitesse, présente de graves inconvéniens : trop de longueur nuit a la justesse des aplombs et fatigue douloureusement les tendons suspenseurs;trop de petitesse n’est souvent que le résultat de l’amincissement excessif de l'enveloppe cornée.

Les parties vivantes, privées de leur égide protectrice et plus immédiatement soumises au contact des corps extérieurs, deviennent sensibles et douloureuses; de là des claudications, des déformations, des fourbures, etc., etc.

Pas plus que pour la longueur du sabot, il n’est possible de donner des règlesrigoureuses qui guident le maréchal dans l'appréciation de l'épaisseur qu'il doit laisser à la sole. En général, l'épaisseur de cette partie est en raison directe de la longueur de la paroi; plus la paroi a d'excès en longueur, plus la sole a d’excès en épaisseur, ef vice versä, en sorte que c’est encore ici l'habitude principalement qui est le meilleur guide du maréchal.

C’est lorsque la corne devient plus molle sous le boutoir, et lorsque la sole oppose moins de résistance sous le doigt, que l’expérience leur a appris à s'arrêter. Toutefois, il est important d'observer qu’il ne faut jamais amincir la sole au point de la rendre flexible sous le doigt, parce que sa trop grande flexibilité priverait les parties sous-jacentes de la protection dont elle les couvre dans l’état naturel, et que les pieds endoloris par le contact des inégalités du sol mettraient pour longtemps les animaux dans l'impuissance de mar-

cher, et conséquemment de rendre des services.

Il est important lorsqu'on pare la sole, avant |

de poser du fer, de lui laisser une assez forte

ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE

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