DE LA FERRURE DANS SES RAPPORTS AVEC LES APLOMBS
ports des rayons osseux les uns avec les autres, et de fatiguer les appareils ligamenteux des articulations, est le plus souvent le résultat de l’inhabileté des ouvriers qui parent les pieds des animaux : cependant il se remarque fréquemment aussi sur des poulains dont les pieds sont vierges encore de férrure et dont la marche est irrégulière. Rier n’est plus simple que de remédier par la ferrure à cette défectuosité : mettre le pied de niveau avec le boutoir en abattant le côté le plus élevé du sabot, si on peut le faire sats atteindre jusqu'aux parties vives, sinon abattre le plus possible le quartier le plus élevé, et adapter au sabot un fer avec lequel il sera facile de mettre le pied de niveau en donnant à l’une deses branches le degré d'épaisseur nécessaire pour suppléer au défaut d’élévation du quarüer auquel elle doit correspondre : telles son! les indications à remplir.
Si le pied était tellement de travers qu’il ne füt pas possible de le remettre de niveau sans donner à l’une des branches du fer une trop grande épaisseur et conséquemment un trop graud poids, il faudrait avoir recours au fer dit a bosses.
Le fer à bosses est caractérisé, comme l’indique son nom, par la présence, sur la face inférieure, d'éminences que l’on fait d'autant plus saillantes que le nécessite davantage le degré de la défectuosité; leur forme est généralementolivaire, celles qui sont quadrilatères présentant le graveinconvénient d'exposer les animaux à butter souveut. Le fer à bosses offre les avantages du fer à branches plus épaisses sans en avoir le trop grand poids; cependant il ne faut l'employer qu'avec réserve, attendu que la marche des animaux ést moins assurée avec cette ferrure qu'avec une branche forte.
$ IL. —Du cheval qui forge; des causes de ce défaut; des moyens d’y rémédier.
En terme d’hippiatrique, le cheval forge, lorsque dans l'allure du trot il atteint avec la pince de ses sabots postérieurs soit la face plantaire du membre de devant, soit les talons, soit les tendons. Dans les deux premiers cas, c'est-à-dire lorsque le cheval forge er voûte ou en talons, ce défaut est caractérisé par le bruit à chaque pas répété, que produisent les fers en se heurtant l’un l’autre; dans le dernier cas on n'entend aucune percussion.
Ce défaut est grave; il expose les animaux à butter continuellement dans la marche, à faire quelquefois de dangereuses chutes, à se déferrer souvent, et,ce qui est plus funeste encore, à se donner dans les régions tendineuses où Sur les talons des contusions qui souvent entrainent après elles le développement de javarts où de zerf férures toujours très-douloureux et quelquefois très-graves.
La disproportion entre la longueur ét la hauteur du corps, la direction des émbres antérieurs en arrière de la ligne d'aplomb, et le trop grand poids des masses charnues qui entourent les épaules, telles sont les causes principales du défaut de forger.
Je dis la disproportion entre la longueur ét la hauteur du corps; car l'excès én hauteur comme l'excès en longueur produisént le
même résultat. L'épine dorsale est-elle trop longue, trop flexible alors pour transmettre aux membres antérieurs l'impulsion que leur communiquent les membres postérieurs, elle fléchit sous cet effort, se raccourcit, et permet ainsi aux membres de se rapprocher et de s’atteindre; l’épine dorsale est-elle trop courte, les membres doivent nécessairement se heurter dans la marche, puisque l’espace que leur longueur leur permet d'embrasser surpasse en étendue celui dont l’épine peut donuer la mesure. Mêmes effets doivent être produits, lorsque les membres antérieurs sont portés en arrière de la ligne d’aplomb, puisqu'ils sont ainsi rapprochés des membres postérieurs et plus immédiatement exposés à leur atteinte; mêmes effets encore, lorsque les membres antérieurs sont trop chargés par le grand poids des épaules.
Outre ces causes toujours efficientes du défaut de forger, il en est d’autres dont l'action n’est que momentanée, Ainsi, les animaux qu'ont épuisés de pénibles fatigues sont quelquefois exposés à ce défaut, parce que leurs forces musculaires affaiblies sontinsuffisantes pour donner à leur épine dorsale la régidité nécessaire à la transmission des mouvements impulsifs communiqués par les membres postérieurs. Il en est souvent de même, et pour le même motif, des jeunes chevaux d’ailleurs bien conformés, qui ne sont pas arrivés à l’entier développement de leurs forces; mais, comme la cause qui le produit, le défaut n’est que momentané, et disparait avec elle.
Dans l’un ou l’autre des cas que nous venons d'examiner, le défaut est produit parce que les membres postérieurs ont exécuté leurs mouvements et parcouru leur espace avant que les membres antérieurs aient complétement exécuté leur action; en d’autres termes, parce que les mouvements des membres de devant et de derrière qui devraient être simultanés ne sont que successifs. On aura trouvé le remède au mal, si l’on parvient à ramener les choses dans leurs conditions normales, c’est-à-dire à hâter l’action des membres antérieurs et à retarder celle des membres postérieurs.
La ferrure peut-elle produire ce résultat?
L'expérience a démontré que lorsqu'on abattait les talons d’un pied, en laissant à la pince toute sa hauteur, le lever du membre se trouvait hâté, et que vice versä ce lever se trouvait retardé lorsqu'on abattait la pince en laissant aux talons toute leur élévation.
On a cherché à expliquer théoriquement ces faits, et l’on a dit que dans le premier cas l'accélération du lever se trouvait effectuée,
arce qu’en abattant les talons et laissant sa Éétour à la pince, on augmentait la longueur du bras du levier de la force artagoniste des tendons, d’où résultait pour ces organes un tiraillement douloureux qui déterminait instinctivement l’animal à lever son membre et à se soustraire à la pénible sensation qu'il éprouvait. Dans le second cas, au contraire, en laissant aux talons toute leur hauteur, et en abattant la pince, on soustrait les tendons suspenseurs à la douleur et l’on retarde ainsi le lever du membre.
Quoi qu’il en soit de cette explication, d'ailleurs satisfaisante, les faits étant reconnus
ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE