‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 299 sur 467 · LEV. IE · texte numérisé non relu

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vrais, rien de plus simple que de trouver un mode de ferrure efficace pour réparer le defaut de forger.

Le cheval forge, avons-nous dit, parce que les membres antérieurs sont trop lents dans leur action, et les membres postérieurs trop rapides au contraire. Pour accélérer le lever des premiers, on abattra les talons, on laissera à la pince toute sa hauteur, et l’on adaptera au sabot un fer (/5.227) épais en pince et

Fig. 22% Fig. 228.

aminci en éponges; la voûte en sera rétrécie si le cheval forge en voûte, et les éponges tronquées, amincies et incrustées dans la corne, s'il s’atteint en éponges. Quant aux membres postérieurs, on parera la pince sans toucher aux talons, et l’on adaptera un fer: (fig. 228) muni de forts crampons et dont la pince sera tronquée sur sa rive externe et amincie en biseau aux dépens de sa face inférieure.

$ IT. — Du cheval qui se coupe, des causes de ce défaut, des moyens d’y remédier.

En terme d’hippiatrique, on dit qu'un cheval se coupe, lorsque dans ses allures l’un des membres des bipèdes antérieur ou postérieur heurte et blesse en se levant le membre correspondant qui pose sur le sol ; si le cheval ne fait que s’atteindre sans se blesser, on ditqu'ilse frise, et enfin il s’eztre-taille, pue ses deux membres sont réciproquement blessés l'un par l’autre.

Les régions des extrémités inférieures qui sont heurtées dans le lever du membre re sont pas toujours les mêmes. Il est des chevaux qui se blessent à la couronne, d’autres au boulet, et ce sont les plus nombreux, d’autres enfin au canon et au genou. Ce défaut est assez grave pour mettre souvent les animaux dans l'impuissance de rendre des services. Chez les chevaux qui se coupent et s’entre-taillent, les extrémités blessées et continuellement déchirées par le heurt répété du fer deviennent souvent le siége d’abcès ou de javarts cutanés et même tendineux qui déterminent l’engorgement des membres et des claudications quelquefois très-longues.

Le défaut de se couper est plus commun dans les jeunes chevaux que dans les animaux qui ont acquis toutes leurs forces. Conséquence chez les premiers de la faiblesse inhérente à leur jeune âge, il disparait ordinairemént lorsqu'ils sont arrivés à leur plus grand développement, pourvu que leur constitution se trouve dans des conditions normales, Lorsqu'il se rencontre dans les seconds, ce qui est encore assez fréquent, il doit être attribué soit à l’affaiblissement de leur économie, soit au vice de leur conformation et aux défectuosités de leurs aplombs. Ainsi il est d'observation que les animaux faibles de consti-

tution ou épuisés par de pénibles fatigues sont sujets à se couper ou à s’entre-tailler, parce que leurs forces musculaires, insuffisantes pour imprimer à leurs membres une impulsion énergique, les laissent se heurter l’un l’autre.

Mais il est des chevaux qui présentent tous les caractères de la force et de l'énergie, et qui cependant s’entre-taillent. Ici il faut accuser leur mauvaise conformation et les défauts de leurs aplombs. Ainsi les chevaux serrés du devant ou du derrière, les chevaux panards et cagneux sont prédisposés à se couper, les premiers, parce que leurs membres trop rapprochés se heurtent facilement dans la marche; les seconds, parce que leurs sabots faussement dirigés ont quelques-unes de leurs régions trop en dedans de la ligne d'aplomb.

Ainsi, en résumé, la faiblesse générale de l’économie d’une part; d'autre part, le trop grand rapprochement des membres produit, soit par le défaut de conformation du corps, soit par la fausse direction des rayons osseux : telles sont les deux causes principales de ce défaut. La première disparait avec le temps et un bon régime, la seconde ne peut être combattue que par une ferrure méthodique.

Cette ferrure a pour but, autant que possible, d’éloigner l’un de l’autre les deux membres qui s’atteignent, de diminuer le diamètre du sabot du côté interne, et de lui adapter un fer en quelque sorte inoffensif en le dérobant complétement sous la paroi de ce même côté.

Le fer dit & /a turque ( fig. 229) convient par-

Fig. 229.

Fig. 230.

faitement pour remplir toutes ces indications. Sa branche interne est courte, rétrécie, très-épaisse, portant seulement une ou deux étampures en pince ou en talons, et taillée en biseau sur la rive externe et à l'éponge, aux dépens de sa face inférieure. Les autres étampures sont disséminées en pince et sur la branche externe ; sa forme n’est pas différente de la forme ordinaire.

Pour l’adapter aux sabots d’un cheval qui se coupe, on les pare à plat, en ménageant plus cependant les quartiers internes que les externes; on arrondit autant que possible avec la râpe tout le bord de la paroi en dedans, et l’on pose le fer sous le pied de manière à ce qu'il se trouve débordé par ce même bord arrondi de la muraille, et tout à fait dérobé par elle. Des deux fers à la turque, l’un étampé en pince et l’autre en talons, on emploie le premier pour les chevaux qui se coupent avec les quartiers, et le séchnd pour ceux qui se blessent avec la pince. Dans ce dernier cas, le fer à bosses (fig. 230) est aussi souvent mis en usage.

Par ce mode de ferrure, on conçoit 1° que

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