‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 302 sur 467 · DE LA FERRURE · texte numérisé non relu

DE LA FERRURE

nécessaires à la nutrition de ses parties internes qui finissaient à la longue par s’atrophier en déterminant la déformation de l’enveloppe cornée ; et à l'appui de cette dernière asserlion, on a cité la différence énorme qui existe effectivement entre le sabot vierge da ferrure, et celui qui, toutes condilions égalee d’ailleurs, était ferré depuis longtemps; on dit qu'en comparant les deux sabots à des époques successives, il était facile d’apprés cier cette différence dans chacun de ses degrés et l’on a conclu de celte comparaison ie la ferrure avait pour funestes résultats de déterminer la diminution des glèmes de la fourcheite, l’amaigrissement de cette production cornée, la verticalité des barres, la concavation de la sole, le resserrement des quartiers et des talons, souvent la cerclure de la paroi el la déviation de ses fibres, l’atrophie de l’os du pied, l’ossification des cartilages, et enfin l’'adhérence des tissus sécréteurs avec les produits sécrétés; toutes conséquences de l’étreinte cout'nuelle du sabot par le fer, de l'application irrationnelle du fer chaud sous le pied, de la méthode souvent vicieuse de parer et râper les sabots, et enfin de l’ajusture fausse que les ouvriers donnent souvent à leur fer. À

Frappés de ces funestes résultats, quelques bommes d’un grand mérite ont cherché sil ne serait pas possible de remplacer la ferrure par un autre moyen conservateur qui en presentât tous les avantages sans en avoir les suites fàcheuses.

Larosse, celui des hippiatres français qui a le mieux raisonné la ferrure, pénétré de son influence ruineuse sur les pieds des animaux, avait le premier proposé de suppléer à lPusage du fer ordinaire, par l'emploi de plaques qu'il maintenait fixées sous le pied, au moyen de courroies attachées dans le paturon. L’expérience lui démontra bientôt l'impossibilité de se servir d’un tel moyen, et c’est alors qu'il proposa la ferrure à croissant, si Judicieusement raisonnée, mais qui n'est pas assez efficacement protectrice des sabots pour pouvoir être adoptée.

Après Larosse, des hippiatres de Saumur proposèrent d'adapter sous les sabots, au lieu de fer, des semelles en cuir de même forme, fixées par des vis implantées dans la paroi.

L'expérience a fait aussi justice de ce procédé, très-admissible du reste en théorie. — Elle a démontré que les semelles de cuir ne résistaient pas longtemps à l’usure dans les temps secs, et que dans les temps humides elles met- {aient obstacle, ens’imbibant et en se gonflant, à la marche libre de l’auimal. 440

Dans ces derniers temps, un vétérinaire anglais d’un très-grand mérite, BRACY-CLARCK, après avoir recherché avec une pénétrante sagacité et rigoureusement démontré toutes les conséquences ruineuses qu'entraine la ferrure ordinaire, proposa de la né AP par l'emploi d'un fer (3. 235) forme de sept ou huit pièces articulées entreelles par charnière et percées chacune d’une étampure : rien de plus simple dans la théorie, rien de plus ratiounel qu'un tel fer, mais aussi rien de plus inadmissible dans l'application. Et en effet, outre qu'il présente pour sa confection de nombreuses difficultés, outre que son prix

est très-coûteux. il a encore contre lui, de ne pouvoir résister longtemps aux frottemens de la marclie, parce que l'usure de ses charnières a bientôt déterminé la désunion de ses pièces qui, vacillantes alors sous le sabot, rendent la progression difficile et gènée.

Le fer formé de deux pièces articulées (eg.

236) en pince, qui n'est qu’une modification plus simple de ce dernier, en réunit à peu près tous les imvonvéniens, sans offrir comme lui l'avantage de laisser au sabot son élasticité tout entière. Aussi est-il, à plus forte raison encore, inadmissible.

Enfin, après Bnracy-CLarck, sont venus d’autres auteurs qui, frappés tout à la fois des inconvéniens de la ferrure ordinaire et de l'inefficacité des moyens proposés pour la remplacer, ont tranché la question, en disant que toute espèce de procédé employé pour

la conservation des pieds des animaux, était |

inutile, ou du moins ne devait pas être considéré comme nécessaire, puisque la nature n'avait pas fait naître les chevaux avec des fers sous les pieds : étrange argument et qui

ANIMAUX DOMESTIQUES : ÉCONOMIE DU BÉTAIL

Fig. 236.

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