‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 307 sur 467 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

milliers par heure. On a soin auparavant de nettoyer les racines, soit avec un cylindre à claire-voie tournant dans de l’eau, soit en les jetant à la pelle. On ne doit pas en couper plus qu'on ne peut en faire consommer dans la journée. d

E. Les betteraves. Elles conviennent moins que les pommes de terre aux bêtes laitières, mais elles conviennent mieux pour l’engraissement ; c’est surtout le cas pour les espèces peu aqueuses comme la betterave de Silésie. Il est avantageux pour cette raison de les donner conjointement avec les pommes de terre.Elles sont moins nutritives que celles-ci; il en faut environ 230 livres pour équivaloir à 100 livres de foin.

F. Les résidus des fabriques de sucre de betteraves s’emploient de même que les racines entières. Leur valeur nutritive dépend de la perfection des procédés et de l'espèce de betteraves employée. Les résidus provenant des fabriques, où les presses sont peu énergiques et où la pulpe west pas soumise à l'action de l’eau chaude ou de la vapeur, ont à poids égal une valeur nutritive équivalente et quelquefois supérieure même à celle des betteraves.

Dans le nord de la France on les paie 5 et 6 francs le millier, souvent même davantage. En les faisant sécher ou en les éhtassant hors du contact de l'air dans des fosses, on peut les conserver assez longtemps; une addition de sel, dans ce dernier cas, rend la conservation plus facile, tout en améliorant la qualité de cet aliment. :

On emploie aussi à la nourriture du bétail les mélasses dont on ne peut tirer d'autre parti; on les donne étendues d’eau et mélangées avec du foin et de la paille hachés sous forme de soupe.

Quant aux autres racines, voyez l’article de leur culture.

G. Les résidus de brasserie. Ws sont excellents pour tout bétail, même pour les chevaux, lorsqu'ils ne sont pas aigres. Les autres bestiaux, surtout les pores, les mangent volontiers dans ce dernier élat. Les résidus provenant d’une livre de malt peuvent être regardés comme l'équivalent d’une livrede foin. On peut les conserver dans des fosses en les salant et en les couvrant; du reste ils favorisent la sécrétion du lait.

H. Les résidus de distillerie de pommes de terre et de grains, étant très-liquides, s'emploient avantageusement pour détremper des fourrages secs et durs, de la paille hachée, des siliques de colza, des gousses de légumes, du foin, etc. Ce mélange est nécessaire lorsqu'on veut faire consommer ces résidus en grande quantité, On doit mettrelessubstances sèches dans les résidus pendant qu'ils sont encore chauds et les laisser tremper espace d’une demi-journée; on évite de les donner chauds parce qu’ils font tomber les dents du bétail. Ils favorisent la sécrétion du lait, mais celui-ci est moins bon qu'avec les résidus de brasserie; du reste les vaches et les porcs seuls s’en nourrissent pendant longtemps sans inconvénient; les moutons s’en engraissent, mais s’en trouvent mal à la longue, et les chevaux ne les mangent pas. Plus ils sont aigres, moins ils ont de valeur, et gâtes, ils nuisent. On évalue leur qualité nutritive à 30

ou 40 pour 0/0 de celle de la matière employée.

I. Les résidus de féculerie. Y\s conviennent assez aux vaches ou porcs et même aux moutons à l’engrais; leur faculté nutritive n’est pas déterminée. Quant aux résidus d’amidonnters, la grande quantité de gluten qu'ils contiennent et leur état de fermentation ne les rendent propres qu’aux bêtes à l’engrais, surtout aux porcs.

J. Grains. Ils ne forment jamais qu'une portion minime de la nourriture, excepté chez les chevaux. Ces derniers, ainsi que les moutons, peuvent seuls les recevoir sans aucune préparation ou mélange; pour les autres animaux on les concasse ou on les fait tremper ou cuire. La première opération peut aussi avoir lieu pour les grains destinés aux chevaux et aux moutons; elle ne les rend que plus digestibles; toutefois, plusieurs éleveurs ont repoussé cette préparation, notamment pour les chevaux, prétendant qu’elle détruisait où diminuait la faculté stimulante des grains, et les rendait propres uniquement à favoriser l’'embonpoint et la graisse. Nous manquons encore d'expériences comparatives bien conciuantes à ce sujet; mais ce qui parait certain, c’est qu’il ne faut pas que les grainssoient complétement réduits en farine, et qu'il est préférable par cette raison de se servir, dans ce but, d'un moulin à cylindres cannelés, que d’un moulin à meules.

K. Lavoine. C’est le grain le plus convenable pour les bêtes de travail, les jeunes sujets et pour les animaux destinés à la monte, parcequ'elle donne le plus d’énergie.L’avoine parait convenir mieux que toutes les autres espèces de grains aux animaux qu'on veut nourrir abondamment et agrandir tout en leur conservant des formes sèches. Il est probable que la composition chimique de la farine d'avoine et un principe résineux qui réside dans la balle sont les causes de cette particularité. Cuite, l’avoine semble perdre sa pro- Priété stimulante et convient beaucoup aux vaches et brebis laitières.

L. L'orge. Dans le midi de l'Europe, en Afrique et en Asie c’est le seul grain donné aux chevaux, mais il semble leur convenir moins que l’avoine dans le nord. En revanche, il est plus propre que cette dernière à l'engraissement, mais parait ne pas convenir pour les vaches laitières, au lait desquelles il communique, dit-on, un goût amer.

M. Les poss et les vesces sont dans le même cas.

N. Les féveroles sont souvent données aux chevaux ainsi qu’à l’autre bétail. On les donne trempées ou cuites aux vaches, aux brebis et aux porcs. Elles rendent le lait plus gras, sans toutefois en augmenter sensiblement la quantité.

Lorsque les grains sont donnés en juste proportion avec les autres fourrages et qu’en leur a fait subir une préparation convenable, on peut considérer 1 1/5 de livre d'avoine, 1 livre d'orge, un peu moins de 1 livre de seigle, 4/5 livre de blé, et 3/4livre de pois, vesces et féveroles, comme égales à 2 liv. de bon foin.

C'est à chacun à voir quels sont, eu égard à ces proportions, les grains les moins chers de sa localité. Il faut en général se régler

ANIMAUX DOMESTIQUES : ÉCONOMIE DU BÉTAIL

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sous ce rapport, non pas sur le volume, mais sur le poids.

Du reste, on trouve de l’avantage à mélanger de la karcel où paille hachée avec toute autre espèce de grain que l’avoine. On en met d'autant pius que le grain est plus nutritif. Cette précaution est particulièrement nécessaire chez les chevaux, auxquels, en Allemagne, On ne donne même jamais d'avoine sans harcel.

O. Les tourteaux d'huile se rapprochent beaucoup du grain quant à leur valeur nutritive et leur emploi. On les donne à tout bélail, excepté aux chevaux. Ceux de colza out à peu près la même valeur nutritive que l’avoine. Ceux de lin sont meilleurs. Leur nature mucilagineuse les rend surtout propres aux bêtes malades ou-qui allaitent ; ainsi qu'aux bêtes portières prêtes à mettre bas et chez lesquelles ils favorisent le part. Les tourteaux de chènevis et de faines sont les moins bons; ils ont même souvent des qualités nuisibles. La meilleure manière de donner les tourteaux, c’est délayés dans de l’eau tiède. On met moins de cette dernière pour les animaux à l’engrais; plus pour les bètes laitières ou malades.

P. Les soupes. Ce sont des fourrages quelconques ,coupés ou hachés, que l’on fait tremper dans de l’eau bouillante ou cuire : on emploie le plus souvent dans ce but des balles de grains, des siliques de colza, de la paille et du foin hachés; on y joint des tourteaux d'huile, du grain concassé, du son, etc.

Cette préparation rend les aïimens secs plus digestibles et par conséquent plus nutritifs. Mais si l’on ne veut affaiblir les organes digestifs des animaux, on ue doit leur donner les soupes qu'après qu’elles sont refroidies. On met tremper le soir pour le matin, et le matin pour le soir.

Du reste, cette nourriture ne convient qu'aux bêtes laitières et à l’engrais, et elle n’est avantageuse que là où le combustible est bon marché. On peut mettre plus ou moins d’eau. Un des grands avantages des résidus de dist lierie, c’est de servir à détremper les fourrages secs et à faire des soupes sans frais spéciaux de chauffage. Du reste, il faut toujours que la moitié environ de la nourriture consiste en foin ou paille entiers et non trempés. Pabst, dans son excellent ouvrage sur les bêtes à cornes, dit qu'à Hohenheim on épargnait journellement 2 quintaux de foin sur 60 vaches , en donnant des soupes :

elles se composaient pour 1 vache de : 1 livre d'épeautre concassée, 1/4 de livre de tourteau de colza, 5 livres de balles de grain et3 livres de siliques de colza ; le tout trempé avec 1/2 livre de sel; on donnait en outre 8 livres de foin de trèfle. Cette nourriture dont les divers alimens ensemble avaient la valeur nutritive de 17 livres de foin, nourrissait autant que 20. !

Q. Nourriture fermentée. L'expérience à prouvé que la fermentation poussée jusqu’à un certain degré, c’est-à-dire jusqu’au commencement de l'acidité, augmentait la valeur nutritive de plusieurssubstancesalimentaires,

notamment des grains réduits en farine, du

son et des racines cuites où même crues, coupées par tranches et entassées dans une cuve

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avec du son ou de la harcel mouillée. Cette :

nourriture ne convient qu'aux bêtes laitières et à l’engrais. On a remarqué que les pommes

MULTIPLICATION DES ANIMAUX DOMESTIQUES

de terre crues, traitées ainsi, perdent leurs |

qualités nuisibles et peuvent être données en grande quantité sans inconvénient. On a essayé de faire également fermenter les foins naturels et artificiels en les entassant avant qu'ils soient complétement secs. Cette opération, connue sous le nom de méthode Klappmayer, et qui produit du foin brun fort bon pour les bêtes à l’engrais, est néanmoins d'une exécution tellement difficile, qu’elle a été presque généralement abandonnée, excepte pour les fourrages grossiers dont elle augmente notablement la qualité. On a soin toutefois, dans ce cas, de ne pas laisser les tas s'échauffer par trop.

R. SeZ. Tous les animaux domestiques, mais surtout les ruminaus, le recherchent avec avidité. Cette circonstance seule doit déjà prouver qu'il leur est bon. Il favorise la digestion et provoque l'appétit; il est surtout utile lorsqu'on donne des alimens lourds ou

malsains, lorsque l'atmosphère est très-hu--

mide, et pour les bêtes à l’engrais. Du reste on ne doit le donner qu’en petite quantité à la fois, surtout aux animaux qui n’y sont pas habitués, et chez lesquels il a, par cette raisou, peu d'effets dans les commencemens.

Cette dernière circonstance, jointe à la proportion peut-être trop forte de sel empioyée, expliquerait au besoin le peu de résultats qu'a eu celte substance sur les progrès de l'engraissement, dans une expérience faite à Roville. Quelles qu'en aient été du reste les causes, cet essai isolé, quoique fait avec soin et impartialité, ne peut détruire un principe constaté par l'expérience des siècles chez les nations les plus avancées en agriculture. Le sel est partout considéré comme le préservaüf le plus efficace contre la pourriture des moutons et en général contre les maladies provenant de l’atonie des voies digestives.

$ V.— Propreté, température, mouvement.

Les autres conditions essentielles pour la bonne tenue des animaux domestiques sont :

la propreté, une température convenable etle mouvement.

Dans l’état de nature, les bêtes prennent soin de s'approprier ; comme elles ne le peuvent dans l’état de domesticité, nous devons y suppléer, si nous voulons les avoir en bonne santé. Nous devons leur procurer chaque jour une couche fraiche et propre, un ar pur, et, pour éertaines espèces, autant que possible, un pansement journalier de la main, ou des bains de rivière ; pour lés bêtes de travail, tous deux à la fois. Le pansement et'surtout de fortes frictions, sont particulièrement utiles aux bêtes à l’engrais, en favorisant la formation du tissu graisseux.

La température est aussi irès-importante pour la santé des animaux; en général, une température moyenne est celle qui <onvient le mieux à toutes nos espèces de bestiaux. Les froids de l'hiver, pourvu que les logemens soient bien garantis, ne leur sont pas nuisibles, mais ce qui leur fait du tort, surtout aux jeunes bêtes, ce sont les automnes et les prin-

temps froids et pluvieux , notamment les transitions brusques de température et les répercussions de transpiration, lorsqu’après une course ou un travail forcé qui les ont mis en nage on les laisse exposés sans les couvrir, au froid, ou à la pluie, ou à des courans d'air. C’est là une des causes les plus fréquentes des maladies parmi les bêtes de travail.

Les jeunes animaux, pour réussir, demandent à être bien garantis du froid. Les logemens où on les tient doivent, par cette raison, être parfaitement clos. La plupart des bêtes adultes, tout en supportant de grands froids dehors, veulent néanmoins aussi des habitations chaudes en hiver. La trop grande chaleur, soit dans les logemens, soit dehors, est du reste nuisible à toutes les bêtes. Pendant les jours chauds, on fait pâturer et on fait travailler avant et après la grande chaleur. Afin que les bêtes ne souffrent pas dans les étables, écuries, bergeries, ces lieux doivent être espacés, suffisamment élevés et munis de fenêtres où puissent pénétrer l'air et la lumière. Les bêtes doivent pouvoir sy coucher la nuit sans être trop serrées, et l'on doit pouvoir aérer sans produire un courant d'air qui peut souvent être nuisible lorsque les bètes sont en sueur.

L'exercice est indispensable à la santé des bêtes, surtout chez les jeunes animaux. Autrefois, lorsque tout le bétail était nourri au pàturage, 1l y prenait déjà l'exercice nécessaire. Aujourd'hui qu'une grande partie est nourrie à l’étable, nous devons lui procurer de l’exercice d’une autre manière, soit en le conduisant tous les jours boire à une certaine distance, soit en le tenant pendant une partie de la journée dans une cour, où mieux encore, comme cela a lieu en Saxe, sur un vaste fumier peu élevé et entouré d’une clôture.

Le mouvement est surtout indispensable aux Jeunes bêtes que l’on destine au travail, car seul il peut développer la force musculaire et l'énergie.

SECTION 11. — De la multiplication des animaux domestiques.

Chez les animaux domestiques, l’accouplement est à la disposition de l’éleveur. Par ce moyen 1Îl peut non-seulement les multiplier, mais encore conserver, où changer et améliorer les races ou même en créer de nouvelles par des croisemens ou par d’autres moyens. Dans les notions générales sur la reproduction des animaux domestiques, nous considérerons :

1° La race ;

2° L'âge des individus destinés à la propagation ;

3° Les règles à observer pour l’accouplement.

$ 1°". — de la race.

Les animaux de la mêmne espece peuvent différer entre eux d’une manière très-sensible quant à la taille, aux formes, aux qualités, aux dispositions, à l'aptitude à certains genres de service, etc.

Lorsque ces différences sont héréditaires

sous l'influence des causes qui les ont produites, elles constituent ce qu’on appelle une race. Ces différences mêmes se nomment les caractères de La race. Si au contraire elles ne sont que fortuites et non héréditaires, elles constituent seulement des variations, des anomalies.

Les naturalistes admettent généralement pour toutes les espèces d'animaux un type primitif, une race première possédant au plus haut degré les caractères particuliers et les qualités originelles de l'espèce. Ils supposent cette race primitive vivant sous l'influence des circonstances les plus favorables à sa nature. Les modifications qu’elle a subies à la longue et qui ont créé les diverses races

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