‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 326 sur 467 · DES PRINCIPALES RACES DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

DES PRINCIPALES RACES DE CHEVAUX

au service à cinq ans , d’après les réglemens |

militaires , ils éprouvent beaucoup de maladies, dues à ce qu’à l’âge de cinq ans les chevaux limousins ne sont pas encore formés.

Si l’on ajoute à ce défaut, qui est grave,

ue les chevaux auvergnats n’ont guère plus

e taille que les navarrins, que dans le Limousin la taille ne s'élève qu’exceptionnellement chez quelques propriétaires en petit nombre ; si l’on réfléchit, en outre, que la fluxion périodique est loin d’être une maladie inconnue , on aura la contre-partie des éloges que méritent ces chevaux; et si l’on ajoute ensuite que le goût de l'équitation a beaucoup diminué en France, que les personnes qui se servent de chevaux de selle, et qui les paient le mieux, ont pris l'habitude de monter à l’anglaise, que la taille et la force des chevaux sont maintenant plus estimées encore qu’au-

trefois, et que les remontes de cavalerie ne |

se sont pas toujours faites avec suile ni avec esprit de prévision , il sera facile de concevoir que l’élève du cheval doit rapporter peu de bénéfice dans le Limousin, Auvergne et

les départemens voisins de ces deux pro- | quiexiste de châtrer les poulains dans un âge

vinces , et qu’elle éprouvera bien des modifications à mesure des progrès que doit faire Péconomie rurale. En attendant , le malaise se démontre par les difficultés qu'éprouve le commerce des poulains mâles , les demandes failes à l'administration pour l’acquisition de ces poulains , et la création des dépôts de poulains , par la détermination qu'ont adoptée des éleveurs de se livrer à la propagation du mulet, et enfin par les modifications qu’on cherche à introduire par les croisemens.

Sous l’ancienne administration des haras , de 1761 à 1791, les étalons barbes qui furent placés à Pompadour obtenaient en général la préférence ; à une époque plus rapprochée , dès 1806 et un peu auparavant, des étalons arabes passèrent pour faire quelque bien à la race limousine ; et depuis fort peu de temps on essaie de la modifier par des étalons anglais du haras de Pompadour et du dépôt

d’Aurillac. Nous verrons plus tard ce qu’il est permis d'espérer de ces divers croisemens.

$ VIII. Races normandes de tilbury, de carrosse et de grosse cavalerie.

La Normandie, ou mieux la partie de la Normandie située sur la rive gauche de Ja Seine, ne comprend pas seulement beaucoup de pays d'élève, elle est aussi la contrée sur laquelle sont dirigées beaucoup de productions chevalines d’autres provinces; elle commerce beaucoup en chevaux et on rencontre dans les foires des animaux de toutes figures. Déjà cependant se reconnaissent dans les marchés des productions tout-à-fait normandes ; mais les meilleures ayant le plus de valeur, élant plus recherchées, y paraissent assez rarement, en sorte que c’est dans les écuries des marchands, et encore mieux chez les éleveurs, que la race peut être étudiée.

On distingue, dans les races normandes de luxe, les chevaux qui sont élevés dans la partie du département de l'Orne connue sous le nom de Merlerault, de ceux qui appartiennent aux départemens de l'Eure, du Calvados et de la Manche. De tous temps la taille des premiers à été moins haute en raison de la nalure des pâturages qui sont substantiels, sans être très abondants ; de tout temps aussi ils ont été nourris à l’état de liberté, si ce n’est pendant les temps les plus rigoureux de l’hiver, et sans travail jusqu’à l’âge adulte. Sous l’influence de ce régime, l’ancienne race donnait de bons chevaux de selle, assez corsés, fort estimés, dont un grand nombre étaient achetés pour les écuries du roi et des princes. Cet état de prospérité, qui diminuait déjà à la fin du dernier siècle par suite de la mode qui faisait rechercher les chevaux anglais, reçut un rude échec en 1789 et dans les années suivantes. Il reprit un peu , il est vrai, dans les belles années de l'empire, mais jamais ilne s’est reproduit tout-à-fait ; et maintenant, quoique les cultivateurs aient employé les étalons anglais du haras du Pin et que les chevaux de Merlerault aient tous les caractères des chevaux anglais -et soient souvent vendus comme tels, ils ne sont pas en grand nombre.

Les acheteurs leur reprochentun caractère sauvage et difficilequ'ilsattribuent àleur genre d'éducation et qui n’est pas corrigé par l'habitude

peu avancé. De leur côté, les nourrisseurs prétendent que des chevaux qu'ils gardent cinqans sans en iireraucune espèce de profit,et qui tous ne réussissent pas, leur donnent rarement un bénéfice suffisant. Dans de pareilles conditions, les herbagers du Merlerault entretiennent peu de jumens, et quelques-uns d’entre eux

| vendent les poulains qu'ils font naître à des

propriélaires de l'Eure et du Calvados, où ils acquièrent plus de développement. C’est un malheur que cette race ne prospère pas davantage. Dans le Merlerault, la fluxion périodique est une maladie inconnue, au contraire de ce qui se remarque dans le Limousin et l’Auver= gne; la pousse, le cornage ne règnent pas

| davantage. Ce sont autant de conditions fa-

vorables. Le caractère de rusticité reste comme obstacle : il a déterminé la formation d'une association à la tête de laquelle

s’est placé M. le vicomte d’Aure, qui s'occupe d'acheter et de dresser ces chevaux un peu sauvages avant de les livrer aux amateurs.

Si de leur côté les nourrisseurs emploient une méthode un peu moins dispendieuse, il est possible que cette race obtienne plus de faveur et prenne plus d'extension.

L'élève des chevaux de luxe se fait sur une plus grande échelle dans le Calvados et la Manche que dans l'Orne. Le seul avantage qu'ils présentent consiste dans leur taille plus élevée et leur développement rapide ; mais la première de ces qualités constitue un avantage très grand pour la vente, et la seconde un point essentiel à calculer pour l'économie de Pélève ; car en raison de la disposition qu’ent ces animaux à se développer en peu de temps,

ils peuvent travailler bien plus tôt, et coù- |

tent beacoup moins à élever. Les Normands mont pas manqué d'user de ces dispositions. Le commerce des poulains s’est établi dans leur pays comme dans le nord de la France, la Bretagne, le Perche, le Poitou; certains cantons se sont trouvés placés pour s’adonner surtout à faire naître des poulains, d'autres à les utiliser dans les travaux aratolres jusqu’à leur complet accroissement. Beaucoup de parties de la vallée d’Auge, du Cotentinet du Bessin offrent des poulinières consacrées à la reproduction, et qu’on laisse dans les pâturages pendant la plus grande partie de l’année, et quelquefois pendant toute l’année. Les cultivateurs de la plaine de Caen, qui possèdent des jumens en plus petite proportion, s’adonnent principalement à continuer lélève. Il est fâcheux qu'on soit en droit de reprocher à beaucoup d’éleveurs d’abuser des qualités de la race normande. Les pouliches sont couvertes dès l’âge de deux ans, et quandelles sont vendues dans eur cinquième année, elles ont déjà mis bas deux fois. Les poulains ne sont pas non plus attendus davantage, on ne les ménage pas toujours assez dans le travail qu'on exige d'eux et surtout on ne les nourrit päs assez bien. Lacoutumeest delesengraisser, peu de temps avant l’époque des foires. dans des écuries chaudes, sombres et huiñides, avec les alimens les plus subtantiels, le sainfoin, l’avoine, les farineux, et quelquefois le blé bouilli. Sous l'influence d’un pareil régime, les chevaux normands peuvent bien acquérir de l'ampleur dans les formes à cause des excellens pâturages dans lesquels on les élève ; ils peuvent bien avoir des formes agréables, parce que les appareillemens pour la génération sont bien dirigés; ils peuvent bien avoir au moment de la vente une apparence de vigueur et de force; mais il est fort rare que, mis au service, ils ne présentent pas beaucoup de mollesse, jusqu’à ce que par l'emploi de l’avoine on parvienne à modifier leur tempérament.

Aux causes qui leur donnent une mauvaise constitution il faut ajouter l’usage d'employer a la monte des poulains beaucoup trop jeunes. Nous reconnaissons à la vérité que l’introduction de quelques étalons anglais, qui commencent à acquérir de la réputation, contribue à faire abandonner les poulains étalons ; nous applaudissons à la tendance manifestée

per l'administration des haras de placer en

Normandie ses meilleurs chevaux anglais.

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