LIV. LIf
ailleurs de s’assurer de la généalogie de ces chevaux et de leur vitesse par Îles registres que l’on tient exactement, et par les procèsverbaux des courses. Il est possible de trouver en Angleterre des étalons de trois quarts de sang qui conviennent beaucoup à nos cultivateurs normands, par leur grand développement, leur vigueur et les caractères qui les rapprochent de leurs pères. Et quand on a réfléchi à toutes ces circonstances , quand on a fait la remarque que les cultivateurs recherchent dans le cheval de pur sang le plus grand développement dans les formes, il est impossible de ne pas accorder pour la Normandie la préférence aux étalons anglais sur ceux que nous pourrions nous procurer en Arabie. La taille manque à ceux-ci, el quoique la taille des produits dépendé beaucoup de celle des mères, qu’on puisse la développer par une forte nourriture , cette qualité est si importante que les cultivateurs ne penvent se décider à négliger une des causes qui contribuent à la donner.
La taille des chevaux anglais compense et au-delà, dans les calculs des éleveurs normands, plusieurs défauts de cette race, et notamment le peu desouplesse dans les allures et la dureté de la bouche. La grande affaire doit être pour eux de créer des chevaux de carrosse et de cabriolet qui joignent à la vitesse l’élégance et les formes que veut la mode: ils la réaliseront selon toute probabilité plus facilement en employant la race anglaise que la race arabe.
La tendance qu'ont les éleveurs à attacher beaucoup de prix au volume des étalons qu'ils emploient leur fait accorder, quelquefois à tort, dans notre opinion la préférence à des métis peu avancés sur des métis plus avancés et sur des animaux qui passent pour être de pure race. Le moyen le meilleur de les engager à se servir d’étalons de race pure, ou à peu près pure, est de prouver par des exemples que les chevaux tout-à-fait fins et légers, appareillés avec de grosses jumens, peuvent donner les produits que le commerce recherche et un autre moyen encore consisterail à attacher la plus grande importance à la force des étalons anglais de pur sang que l’o® importe en France.
Nous avons voulu pendant très longtemps juger les qualités des chevaux par l’examen de eurs formes extérieures; maintenant, plus sages, nous tenons compte des qualités dont ils font preuve dans les exercices auxquels on les soumet. Tous ceux qui ont eu des avantages dans les courses acquièrent beaucoup de valeur; mais après avoir eu raison d’imiter en ce point les Anglais, il nous a semblé que nous avions eu le tort d'abandonner un peu trop l'examen de l’extérieur des animaux. Un étalon ne peut nous convenir, par cela seulement qu'ilest vite et qu'il est énergique; il faut. qu'il ait des muscles bien développés, que ses os et ses tendons aient une certainegrosseur,
w’ils présentent des caractères de force et
e résistance; il faut encore que sa robe convienne, il est à désirer qu'il soit baï; il est bon qu’il n’ait pas de balzanes, et il faut de toute nécessité qu’il n’ait pas de tares héréditaires et qu’il ne présente pas surtout un défaut très commun dans la race anglaise, et
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qui est de la plus grande gravité, celui d’avoir des pieds étroits dans les quartiers et les talons, el douloureux à cause de leur resserrement. La pratique prouve que ce défaut se transmet souvent aux poulains ; la prenve de cette assertion peut se trouver en France comme en Angleterre; aussi ce défaut doit-1l être une cause d'exclusion.
Pour qu'un étalon anglais réunisse toutes les conditions qu’on doit rechercher, il ne suffit donc pas, cela ne peut être trop répété, qu'il ait eu des succès dans les courses; il faut qu’il possède, autant que possible, une partie des qualités que nous demandons dans les chevaux de service. Il faut toujours que celui qui en fait choix se rappelle l’état de nos routes et le poids de nos voitures; enfin, il faudrait encore que les succès qu’a obtenus, comme étalon, le cheval que l’on veut importer fussent pris en grande considération. Il ne serait pas difficile de faire la liste d’un grand nombre de coureurs très vites, très énergiques, bien proportionnés, qui n’ont jamais donné de très bons poulaiss, et de nommer d’autres étalons moins famés d’abord qui n’ont élabli leur réputation que par les produits qu’ils ont donnés. Ces derniers, on en conviendra facilement, sont les mieux éprouvés, les meilleurs pour l'usage que l’on veut en faire; et si leur prix est en général très élevé, cette considération ne nous parait pas devoir arrêter ceux qui veulent sérieusement améliorer les races. Un très bon étalon est rarement trop cher; il peut être beaucoup plus avantageux de l'acheter que de dépenser en acquisition de plusieurs étalons médiocres ou moins bien éprouvés une somme égale ou supérieure.
Le cheval anglais de pur sang, bien choisi,
les métis de trois quarts de sang au moins, araissent donc, au résumé, devoir convenir a l'amélioration de la race normande de carrosse; les chevaux de demi-sang ont rarement assez de race pour transmettre leurs caractères ; mais il faut dire en même temps que, lorsque l’expérience prouve qu’ils donneut à leurs produits leurs formes et leur tempérament, ils conviennent souvent davantage aux cullivateurs que des étalons de pur sang ou de trois quarts de sang, tant est graude et raisonnable la crainte qu'ils ont d'avoir des poulains trop fins et trop petits.
La deuxième question qui se présente dans les croisemens est de savoir si la race anglaise doit être préférée à l’arabe et à quelques autres sous-races orientales, dans le perfeclionnement de nos autres chevaux élégans et légers, et notamment de ceux que nous donnent nos départemens du Midi et des anciennes provinces du Limousin et de lAuvergne. Il est bon de rappeler, pour éclaircir cette question, quelques particularités relatives aux chevaux anglais, et de faire ressorür en peu de mots ce qui a été dit de certaines races françaises.
La race anglaise, quoique ayant beaucoup de sang arabe, æ des caractères particuliers qu'il faut bien apprécier ; elle est, sous un
climat humide et brumeux , le produit des |
soins que l’homme lui donne constamment.
L'alliance des chevaux et des jumens arabes n'aurait pas suffi pour doter l’Angleterre des