‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 334 sur 467 · LIV. III · texte numérisé non relu

LIV. III

ment hors de France. La conséquence de tout celä a été que certains cultivaieurs se sont dégoûtés , que la plupart n’ont pu suivre les conseils qui teur étaient donnés de faire à cette industrie des avances plus considérables en nourrissant leurs animaux avec moins de parcimonie, et que quelques-uns ne se sont tirés de ces difficultés qu’en livrant leurs jumens au baudet. Alors il y a en des hommes partisans enthousiastes de lélève du cheval qui ont déploré cette tendance, et qui, si on les eût laissé faire, eussent fait châtrer tous les baudets, sans réfléchir que les bénéfices obtenus par la production du mulet sont le plus grand encouragement qu’on puisse actuellement imaginer pour l’élève des chevaux.

L'élève du mulet présente pour le midi de la France une des conditions avantageuses que donne aux cultivateurs du Nord la production des gros chevaux ; les muletons peuvent se vendre jeunes, le cultivateur peut réaliser en peu de temps la valeur de ses fourrages, ses jeunes mulets sont recherchés parce que la paix, la liberté du commerce , le développement qu'ont pris beaucoup d'industries, et l'extension du roulage , sont autant de causes qui facilitent et augmentent la consommation de ces animaux. P

Dans la spéculation agricole: qui les concerne , une importance plus grande est attachée à la pouliche qu’au poulain. La pouliche est mieux traitée, parce qu’elle doit donner des mulets. Le cultivateur se décide aussi quelquefois à la faire couvrir par le chevai pour s’éviter l'achat de nouvelles mères et renouveler son cheptel, et il se trouve dans l'obligation d'entretenir l'espèce du cheval, dont il lui aurait été profitable d'abandonner l’élève, sans les bénéfices que lui procurent les mulets. 11 est déjà fort essentiel pour la bonté des races que les femelles soient bien traitées; les jumens manqueront toujours bien plus tôt queles étalons, quand il paraîtra avanlageux au cultivateur de faire de élève du cheval sa principale affaire; et pour ce qui concerne maintenant les mâles qu’il obtient , ceux-ci à leur tour seront l’objet de bien plus de soins et de dépenses dès qu'il pourra compter de rentrer dans ses avances.

Pour setrouver dans la possibilité de bien entretenir et d'améliorer leurs races de chevaux, les cultivateurs du Midi doivent solliciter par tous les moyens, non pas l’achat de quelques poulains, en petit nombre, pour les haras royaux (ce serait pour la généralité des fermiers une affaire de très peu d'importance et qui pourrait entrainer quelques-uns d’entre eux dans une fàâcheuse direction), non pas l’achat de leurs poulains pour des dépôts de remonte, car il n’est pas raisonnable de demander à l'administration determiner la fabrication des chevaux, mais au moins l'achat de leurs chevaux adultes pour lacavalerie.L’administration est déjà depuis plusieurs années entrée dans cette voie, etil est de la plus grandeutilité qu’elle y persiste, non-seulement à cause des races de chevaux du Midi, mais à cause de beaucoup d’autres chevaux plus communs dont les agriculteurs sauront bien faire d’excellens chevaux de troupe du moment qu'ils auront l'espoir fondé de les vendre à l’armée. St le département de la guerre se décide à faire une

cHAP. 5°.

part un peu plus large aux éleveurs, alors il aura une action puissante sur l’élève des chevaux dont maintenant il aurait tort de se plaindre, et peu à peu, sans gfande augmentation dans le chapitre des remontes, 1l parviendrait à se procurer des chevaux meilleurs

ue ceux qu'il a tirés d’Allemagne à plusieurs epoques, et à une partie desquels on peut reprocher d’avoir une poitrine peu développée, un flanc long, des reins faibles, et au total de présenter plus d’ardeur et de brillant que de solidité et de force.

Tous les autres moyens d'encouragement ne vont pas à beaucoup près aussi sûrement à leur but, leur utilité est contestée; et par exemple, les primes pour les poulains et pour les poulinières sont regardées comme nuisibles par des auteurs qui ont bien étudié cette question, M. Huzard fils et M: Mathieu de Dombasle. Les courses ont été vantées comme étant de premiere utilité par M. Huzard fils, d’après ce qui se passe en Angleterre ;elles ont été l’objet de remarques critiques de la plus haute importance par M, de Burgdorf, et elles sont considérées comme inutiles par M. Mathieu de Dombasle.

Après avoir été étudiée par M. Mathieu de Dombasle dans un article fort remarquable intitulé de la Production des chevaux en France, toute l’action de ladministration des haras est en définitive représentée comme ne tendant qu’à un seul objet, celui d'engager les cultivateurs à élever une seule espèce de chevaux, qui est précisément ceile dont la production offre le moins d'avantage à leur industrie. Ce que nous pouvons faire ici, ce n’est pas de discuter dans un court article les opinions des auteurs que nous citons; notre désir se borne à faire voir que d’un côté l'utilité des remontes faites en France n’est contestée par personne, que de l’autre il est loin d’en être de même de différents moyens qu'emploie l'administration des haras; d’eù il suit que le premier, le plus réel des encouragemens que puisse obtenir l’agriculture dans la production des chevaux consiste dans l’achat des chevaux de troupe et l’élévation de leur prix qui permettrait de choisir les meilleurs qui se font en France. À cet encouragement quelques départemens en ajoutent un autre qui ne peut faire l’objet d’aucune remarque critique bien fondée. Il consiste dans la vente publique des étalons qui paraissent convenir le mieux aux croisemens des races indigènes. Le conseil général fait les dépenses, il achète des étalons, les vend à l'enchère, puis il apporte aussi peu que possible de restriction à la libre jouissance des étalons par ceux qui en sont devenus les propriétaires. Il lui importe surtout de n’accorder aucune prime, aucune faveur aux

roduits de ces chevaux ni aux produits de tous es autres étalons ; les acheteurs, doivent être seuls appelés à les juger. S'ils sont bons, le prix

des étalons s'élève; le département n’a plus |

à supporter qu'une légère différence entre le prix d'achat et celui de vente; il augmente le nombre des bons étalons qu'il donne aux cultivateurs l’occasion d'acheter. Dans le cas contraire il est averti de ses fautes par les obstacles qu'il rencontre. Mais il doit toujours s'attendre dans le commencement à des hésitations, à des tàätonnemens.

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