DE LA MONTE
ait
qu'il ne faille pas négliger les premières, le plus important est de s'attacher à réunir cellés qui annoncent à peu près immanquablement la vigueur et une constitution solide.
SECTION VI. — De la monte ou de la saillie.
. Les mots saillie ou monte sont les expressions consacrées pour désigner l’accouplement dans l’espèce du cheval. Les méthodes suivies pour diriger l’acte de laccouplement sont importantes à connaitre, parce qu’elles exercent une puissante influence sur la conservation des étalons et sur la fécondation des jumens.
L'époque de la monte est déterminée par l'apparition des chaleurs ou du rut. On désigne sous ces noms cette impulsion puissante qui, à des époques fixes pour chaque espèce, éveille impérieusement chez tous les animaux l’instinct de la reproduction. Elle se manifeste, à l’extérieur, par des signes très apparens dans les jumens. Pour les mâles il n'existe pas, à proprement parler, un temps du rut; dans toutes les saisons ils sont aptes à saillir les jumens disposées.
Dans la jument en chaleur, la physionomie et l'habitude extérieure sont changées; plus vive dans ses mouvemens, elle se tourmente et s’agite sans cesse, hennit fréquemment, Son appétit est diminué et sa soif est ardente, comme dans un accès de fièvre. Si elle est libre, elle recherche les caresses et l'approche du mâle; si elle est marntenue à l'écurie, elle s’agite dans sa stalle, tient la queue souvent redressée, se campe fréquemment comme pour uriner, gratte le sol de ses membres antérieurs, abaisse voluptueusement la croupe, et témoigne par des signes non douteux de ses vifs desirs de la copulation. Les lèvres de la vulve sont gonflées et tuméfiées; le clitoris apparait souvent rouge et érigé, et il s'écoule par l'ouverture de la vulve un liquide glaireux d'une couleur blanchâtre dont l’odeur exerce sur les sens du mâle une influence excitante.
C’est au printemps que ces signes apparaissent et que l’accouplement doit avoir lieu Les motifs qui engagent à préférer cette époque à toute autre sont : 1° que l’état d’excitation dans lequel se trouvent les jumens est, si< non indispensable, du moins très favorable à leur fécondation; 2° que ces femelles devant porter onze mois à peu près, les petits coneus au printemps naitront l’année suivante à l'époque où les influences physiques extérieures sont le plus favorables à leur développement. Au printemps, en effet, la température est modérée , et l’on sait que, trop élevée ou trop froide, elle serait également nuisible aux jeunes animaux qui n’ont pas encore en eux, comme les adultes, la faculté de résister aux chaleurs et surtout de souffrir le froid. Dans cette même saison, l'air sec et excitant exerce son influence salutaire sur la constitution des jeunes animaux, tout à la fois par son action directe sur elle, par son action sur celle de leur mère, et indirectement enfin par les modifications qu'il imprime aux plantes alimentaires. En hiver, l’air est froid et souvent humide; en été les nouveau-nés sont tout à la fois tourmentes par la haute température-et par la piqère des insec-
les ailés. A joutons encore que dans cette saison la végétalion est trop avancée et que les plantes nutrilives ne se trouvent plus, par rapport aux organes digestifs des mères, dans les conditions où elles se trouvaient au début du printemps; alors, vertes et tendres, et gorÿées de principes sucrés, elles fournissent les matériaux d’un lait convenable. Toutefois, entre les deux méthodes qui consistent à faire saillir les jumens dans une saison peu avancée ou tardivement, il n’y a pas à hésiter. Les jumens couvertes dans le commencement de la monte donnent de meilleurs poulains que celles qui sont saillies fort tard. Tous les poulains qui naissent tard et que l’on compare à ceux de la même année quiont quelques mois de plus et qui sont conduits sur les mêmes marchés , tous ces poulains, disons-nous, sont plus faibles, plus petits, et se vendent moins bien, parce qu’il est très difficile de prouver que leur peu de développement dépend de leur âge moins avancé. La remarque doit être faite aussi qu'il est plus facile de garantir les animaux du froid que des clialeurs très fortes, et que, pour ce qui concerne les jumens qui mettent bas à l'écurie, le froid n'est jamais à craindre. Ainsi, quant à ces juments qui poulinent à l'écurie, 1l est fort utile qu’elles soient saillies dans une saison peu avancée.
L'hiver et le commencement du printemps peuvent être pour elles des temps derepos, et il serait fâcheux que le temps de la mise-bas coïncidât avec des grands travaux aratoires.
Cette nécessité des saillies hâtives étant démontrée, on a dû nécessairement rechercher les moyens de faire naître les chaleurs , lorsque leur apparition n’a pas lien à l’époque convenable, non pas, nous le répétons, qu'il soit indispensable que la jument soit en chaleur pour que la fécondation s'effectue, mais parce qu’alors la jument retient mieux.
Autrefois on employait pour cela des substances échauffantes, telles que les graines de chenewis, l’ail, le poivre, la poudre de cantharides ; puis, après la monte, il était de rigoureuse Indication de saigner, d’administrer les rafraichissemens à l’intérieur; c'était l'antidote après le poison. Aujourd'hui l’on est revenu de ces habitudes bizarres et peu raisonnées ; on se contente, avant et pendant le temps de la monte, de donner à l’étalon une nourriture plus substantielle et de meilleure
ANIMAUX DOMESTIQUES : DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE
qualité, afin de lui fournir les matériaux de |
la réparation de ses pertes journalières, et même cette précaution n’est pas indispensable. Et pour ce qui regarde les jumens , c’est à leur procurer un état moyen d’embonpoint qu'il faut tendre. Ainsi, il en est de trop grasses, de trop lymphatiques, qu’il faut amaigrir et exciter par le travail ou l’exercice ; d'autres au contraire, et c’est le plus grand nombre, qu'il faut exciter par un meilleur régime. Pour déterminer l'apparition des chaleurs, les cultivateurs ne négligent pas, lorsqu'ils le peuvent, de rapprocher la jument de l’étalon de manière à ce qu’ils puissent se voir, s'entendre et se sentir, et de la présenter même à un cheval ardent et de peu de valeur, qui en termes de haras. s'appelle le boute-en-train.1l en est même quelquefois qui font couvrir les Jumens pour développer leur ardeur amoureuse. R