‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 338 sur 467 · MONTE · texte numérisé non relu

MONTE

corps pour vemr se fixer par un nœud coulant de chaque côté de la bricole; la queue est tressée, soulevée et maintenue par une ficelle qui s'attache à la bricole. La jument est tenue à la main par un palefrenier qui lui tient la tête haute. Outre tout cet appareil, on est quelquefois obligé, lorsque la jument est très chatouilleuse, de lui mettre un torsnez.

La femelle étant ainsi disposée, un palefrenier amène l’étalon qu'il maitrise avec le cavecon;il le conduit à petits pas, lui fait décrire un ou plusieurs cercles autour de la cavale, et l'empêche de s’enlever toutes les fois qu'il fait des pointes ; mais il se garde bien de continuer à tirer sur la longe lorsque Fétalon, plein d’ardeur, est tout-à-fait dressé sur ses jJarrets, parce que, toujours entraîné à se soustraire à la résistance qu'il éprouve, il pourrait se renverser.

C'est une précaution indispensable, de ne pas laisser monter l’étalon avant que l’érection ne se soit manifestée. On lui donne alors plus de liberté en lâchant la longe et on ladmet à l’action. Au moment où il se cabre, un des hommes doit saisir le membre et le diriger dans la vulve, en écartant la queue, si elle n’a pas été tressée et disposée comme nous l'avons indiqué. Dans le moment de la copulation, l’étalon exécute des mouvemens redoublés et précipités de sa croupe, et l’on est averti de l’époque de l’éjaculation par les efforts qu'il fait pour s’introduire plus avant, par le frémissement convulsif de sa queue et ensuite par un état d’abattement tel qu'il laisse pencher sa tête sur les côtes de la cavale. Lorsque l’acte est accompli, on avance la jument d'un pas, et le palefrenier qui tient l’étalon l'empêche d'avancer sur elle, et le fait descendre doucement et sans reculer.

Tel est le procédé de la monte en main.

Il a l'avantage de ménager les étalons, d’éviter les accidens que peut entrainer fa monte en liberté. C’est le seul qui doive être employe pour les étalons de prix.

Pour les gros étalons de trait, il est des cultivateurs qui emploient bien moins de précautions et de contraintes. Deux pieux enfoucés en terre conservent de hauteur environ trois pieds et demi. On les place à six à huit pieds l’un de l’autre, onles réunit par une forte traverse. La jument et l’étalon sont amenés de chaque côté de cette barrière ; la jument est mise en rapport avec l’étalon, d’abord par la tête, ensuite par la croupe; et si elle est jugée en état de recevoir le mâle, elle est couverte surle-champ. Souvent l’opération se fait au moment où la jument revient du travail ; elle est conduite à l’écurie et prend son repas pour retourner ensuite au travail. Mais il vaut mieux lui laisser une journée de repos et de tranquillité.

Moins on garrottera les jumens, moins on les contraindra, mieux cela vaudra. Pour éviter cet état de contrainte, comme aussi les inconvéniens de la monte en liberté, les Allemands ont adopté dans quelques haras une méthode que M. Huzard fils décrit ainsi. Ils préparent pour la monte une espèce de rotonde en bois couverte où non couverte; celte rotonde est assez grande pour que les animaux y tiennent à l'aise, mais non pas assez pour

qu’ils puissent y trotter. C’est dans cette ro- ‘onde qu'on place la jument, après s’êlre assuré par le boute-en-train qu’elle était bien disposée à recevoir le mâle; l’un et l’autre sont déferrés préalablement et abandonnés dans cette place jusqu’à ce que la saillie ait été faite; une lucarne donne la facilité d’examiner comment les chosesse passent. L'’étalonetla jument conservent seulement un licol et une courte longe pour qu’on puisse facilement les reprendre après l'acte de la saillie, M. Huzard ajoute qu'il a entendu dire beaucoup de bien de cette méthode dans quelques haras d'Allemagne.

Mais il a aussi raison de dire que quelquefois la monte à la main devient indispensable. Tel est le cas où l’étalon et la jument sont d’un caractère méchant. Tel est le cas encore ou les animaux que l’on veut accoupler sont de taille inégale. La monte doit alors avoir lieu surun terrain eu pente, et l'animal le plus petit être placé sur la partie la plus élevée.

Autrefois, lorsque l’acte de l’accouplement était accompli, on avait recours, pour faire retenir les jumens, à différens moyens que l’on croyait efficaces. C’est ainsi qu’on prescrivait de leur jeter un seau d’eau fraiche sur le dos, ou bien de les passer à l’eau, ou bien encore de les forcer à des courses rapides, ou de leur frotier le dos avec un bâton. Aujourd'hui lon a fait justice de tous ces moyens toujours inutiles et quelquefois nuisibles. Après l'acte de l’accouplement, là jument fécondée qui ne vit pas en liberté doit être reconduite dans sa slalle et laissée seule et tranquille.

SECTION VII. — De la gestation.

On appelle gestation ou plénitude l'état de la femelle qui porte en elle le produit de la fécondation

Dans les premiers mois qui suivent laccouplement , l’état de plénitude de la jument ne s'annonce pas par des signes bien apparens. Le plus souvent les chaleurs cessent dans la cavale qui a conçu; mais ce signe n'atteste pas la conception d’une manière irrécusable, puisqu'il n’est pas très rare de voir l’état du rut se continuer dans la jument fécondée, comme aussi de le voir disparaitre après l’accouplement dans la jument stérile.

Ce n’est guère que six mois après la monte que des signes non douteux permettent de prononcer sur l’état de plénitude, À cette époque, en effet, son ventre a acquis de l’ampleur, il est avalé, les flancs sont creux et cordés. Les muscles de la croupe affaissés laissent l’épine susacrée se dessiner en relief, Les hanches et la base de la queue apparaissent aussi plus saillantes. La colonne dorsale semble fléchie. Mais de tous les signes qui dénoncent la gestation dans une jument, le plus probant est celui que fournit le fœtus lui-même. Les mouvemens qu'il exécute dans la matrice sont quelquefois assez sensibles au flanc droit

our que la vue puisse les saisir. C’est surtout

orsque la mère est couchée sur le côté gauche, qu'elle se trouve dans les conditions les pa favorables pour être examinée ; car alors l'utérus, repoussé par les grosses courbures intestinales, est plus rapproché du flanc droit, et les mouvemens qui s’y passent plus perceptibles dans cette région. Pour rendre les

ANIMAUX DOMESTIQUES : DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLEVE

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