‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 349 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

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plates-longes, qui,accolées aux traits, passent dans leurs fourreaux, et vont se fixer aux crochets qui les terminent.

Cet appareil de reculer est très-important dans le harnachement du cheval de cheville, parce qu'il permet de l’utiliser dans les descentes, pour aider le limonier à arrêter par sa résistance la rapidité du mouvement que linclinaison du terrain fait acquérir à la voiture.

Pour produire ces effets, le cheval de cheville doit être attaché par ses plates-longes à des cordes ou à des chaînes disposées en arrière du charriot. On met son avaloire en rapport avec les guides, en les nnissant ensemble au moyen d’une courroie que l’on boucle avec elles et qui passe dans un anneau placé en avant de la selle. En faisant par cette disposition éprouver au cheval la sensation de son mors, on le détermine à s’acculer sur son avaloire et à opposer ainsi au mouvement de la voiture une résistance qui lui est transmise par les plates-longes du reculement.

Lorsque la voiture doit parcourir des pays montueux dont les pentes sont très-rapides, l’appareil de reculement est indispensable dans le harnachement de tous les autres ce- ‘aux de volée, afin qu’il soit possible au conducteur de recourir à leur aide dans les descentes à pic, pour soulager le cheval de limor, qui sans leur secours pourrait être entrainé par la rapidiié de la voiture et écrasé sous son poids.

L'emploi des chevaux de retraite est plus efficace dans les descentes que tous les autres moyens d'enrayement que l’on met en usage : et, en eftet, outre qu'ils produisent le même résuliat que l’enrayement, ils contrebalancent, en agissant en arrière de l’essieu, à l'extrémité de la voiture comme sur un bras de levier, une grande partie du poids qui exerce sur la dossière du limonier une action dont l'intensité se trouve en raison directe même de l’inclinaison du terrain. Enfin, en dernier lieu, ils ont pour utile effet de s’opposer à la violence des cahots.

Le harnachement des autres chevaux de volée ne diffère de celui du cheval de cheville que par l'absence de l’avaloire lorsque les accidens du terrain ne rendent pas cet appareil nécessaire dans la jocalité que parcourt la voiture.

$ VII. — Du harnachement des chevaux dans les attelages par accouple.

Les chevaux sont dits attelés par accouple, lorsqu'ils sont attelés deux à deux pour trainer une voiture à deux ou à quatre roues.

Le harnachement des chevaux placés de chaque côté du timon de la voiture dans cette sorte d’attelage, diffère du harnachement ordinaire par son collier, par son avaloire principalement et par l'addition d’un nouvel appareil désigné sous le nom de cofleron ou cravate. Le collier ne présente d'autre différence que la fixité d'attache des traits à ses bracelets et l'addition à ses deux attelles d’un anneau nommé boucleteau, dans lequel passent de chaque côté les plates-longes de l’avaloire.

Quant à la différence de ce dernier appa-

cnap. 9.

reil, elle consiste en ce que les plates-longes, aprés avoir passé dans le boucleteau, vont se réunir toutes deux à une chaîne, qui, attachée à l'extrémité du tion, transmet à la voiture, soit les mouvemens en arrière que les che-

vaux Jui impriment, soit la résistance qu'ils |

lui opposent.

Le colleron n’est autre chose qu’une bande de cuir qui entoure le cou de l’animal et se termine par une anse, au moyen de laquelle elle embrasse l'extrémité d’une barre transversale suspendue par une chaîne de fer à l'extrémité et au-dessous du timon. Cet appareil est utile tout à la fois pour soutenir les chevaux dans les descentes et pour les aider à retenir la voiture : il ajoute avantageusement à l’effet de l’avaloire.

Les chevaux de volée, placés en avant de la flèche, ne diffèrent dans leur harnachement que par l’absence de l’avaloire.

$ VIIT.—Du harnachement des chevaux de bateaux.

Le harnachement du cheval de halage diffère du harnachement ordinaire principalement par l’absence d’avaloire et par l'addition, à son ensemble, de plusieurs parties nécessaires au service que remplit cet animal.

Les attelles du collier donnent attache, audessus des bracelets, à deux cordes qui se croisent sur les reins et se terminent derrière les fesses à un palonnier qu’elles supportent. Cet appareil recoit le nom de porte-harnais.

Les traits de ce harnachement ne diffèrent des traits ordinaires que par leur brièveté ; ils ne dépassent pas la longueur de l'animal et s’attachent au palonnier supporté sur ies fesses par le porte-harnais. Ils ont tous les accessoires Brduiaires:

La sellette est remplacée par un harnais appelé panneau, espèce de petite selle dont les bords, relevés en avant et en arrière, impriment à sa face supérieure une courbure qui forme le siége du conducteur des che- Vaux.

Enfin, un accessoire indispensable du harnachement de halage est la dague, couteau à deux tranchans suspendu dans un étui en arrière de l’épaule gauche du cheval qui occupe la gauche de l’attelage, c’est-à-dire qui est le plus éloigné du bord du fleuve, car c’est ordinairement sur la rive droite que

marchent les chevaux attelés aux bateaux.

Cette dague sert à couper les cordes d’attelage lorsque les chevaux entrainés en arrière par la force du courant sont menacés d’être précipités dans le fleuve.

SEcrion 11. — De la confection des harnais et de leur adaptation sur les animaux.

C’est de la confection des harnais et de leur adaptation sur le corps des animaux que dépend en grande partie l'emploi le plus efficace possible de leurs forces motrices contre les résistances qu'ils doivent déplacer.

Que si, en effet, l'appareil du harnachement met obstacle, par ses formes vicieuses, ses dimensions trop grandes où trop exigués el son poids trop considérable, aux mouvemens de l'animal et à l’entier déploiement de ses forces, si une partie de la quantité de mouve-

AGR

DE LA CONFECTION DES HARNAIS

mens qu'il produit se trouve perdue pour la résistance, par suite de Ja direction mal raisonnée de l'appareil qui doit la Jui transmettre, il est évident que l'effet utile du moteur animé sera de beaucoup inférieur à leffet maximum qu'il peut produire.

Les règles qui président à la confection des harnais sont donc d'une haute portée, puisquels conduisent directement à la solution

e cette importante question de mécanique, que nous avons énoncée plus haut : Etant donnéur moteur animé, lui faire produire son effet maximum.

$ Ir. — Du collier, de sa position, de sa direction, de ses dimensions £t de son poids.

La première condition à laquelle doit satisfaire un bon collier (#g.252 et 253) est de s’adapter parfaitement sur toutes les régions du corps avec lesquelles il est en contact ; et comme toutes ces régions présentent des saillies et des dépressions alternatives, il est nécessaire, pour que cette adaptation soit parfaite, que ses coussins soient rembourrés d’une substance molle au toucher et facilement dépressible qui leur permettent de se mouler sur le corps. Sans cette condition, l'appui du collier ne se ferait que sur les parlies saillantes, son impression douloureuse rebuterait les animaux, et ses frottemens occasionneraient des plaies qui les empêcheraient de se livrer avec franchise au tirage, de là une perte de force et de mouvement.

Indiquer cetle condition, c'est assez dire que le collier ne doit être ni trop large, ni trop étroit.

Si les dimensions trop grandes de ce harnais empêchent sa coaptation parfaite avec le corps, à chaque pas du cheval il doit être rejeté d’un côté ou d'autre, parles mouvemens alternatifs des membres en avant ; d’où il résulte pour le cheval un point d'appui moins étendu, et un choc moins énergique sur le collier, et pour la résistance une perte de mouvement.

Ajoutons que dans les vacillations d’une épaule à l’autre et de haut en bas, ce harnais éprouve des frottemens qui peuvent avoir de graves conséquences, comme nous lindiquerons plus loin.

Trop étroit, le collier nuit à la liberté des mouvemens des régions qu'il recouvre, et peut, en comprimant les tubes aériens et vasculaires, gêner la respiration et la circulation, et conséquemment diminuer l'intensité d’action du moteur animé. Ajoutons encore que sa compression peut devenir douloureuse sur les parties saillantes du corps et occasionner des accidens graves.

La direction du collier (EF #£. 251) doit être. quelle que soit celle des traits, parallèle à la direction de l'épaule; si le tirage s'effectue de bas en haut, les coussins seront rembourrés supérieurement, et inférieurement, s'il s’effectue de haut en bas, pour empêcher le collier de varier dans sa position; cette règle, du reste, n’est en quelque sorte que le corollaire de la précédente.

En général, les points de tangence descoussins avec le corps doivent être d'autant plus nombreux que la résistance à vaincre est

elle-même plus forte; les coussins du collier de gros trait devront donc avoir de grandes dimensions en étendueafin que l’animal puisse y trouver un point d'appui plus large, tirer avec plus de franchise et communiquer à la résistance une plus grande quantité de mouvement.

La largeur des coussins est donc très-utile dans un collier bien confectionné; mais cette largeur peut fort bien être obtenue sans qu'il soit nécessaire de donner à ce harnaïs un poids énorme qui n’ajoute en rien à sa solidité. Ilest non-seulement inutile,mais encore très nuisible au développement de la force des animaux. de barder leur collier de fer, et de donner aux attelles les dimensions exagérées qu’elles présentent si souvent #ncore.

En chargeant les chevaux de ce fardeau, 1l est évident qu’on leur fait dépenser à le supporter une partie de leurs forces qu'ils emploieraient plus utilement contre la résistance : de là encore une perte de quantité de mouvement.

Ainsi, dans un collier bien confectionné, les attelles devront être assez fortes pour supporter la traction des traits, sans qu'il soit nécessaire de les couvrir defer et de donner à leurs oreilles une ridicule exagération. J'observe, à cet égard, que les attelles formées par une tringle de fer dont on entoure les coussins réunissent le double avantage d’être solides et peu pesantes.

Destinés à transmettre à la voiture les mouvemens de son moteur, les traits doiventêtre résistans et inextensibles : résistans, pour supporter, sans se rompre, les efforts de la traction; inextensibles, pour transmettre ces efforts sans perte de mouvemens; il faut aussi qu'ils soient légers pour ne pas ajouter par leur poids au poids des harnais ;et enfin lisses à leur surface, ou enveloppés d’un étui qui leur donne cette qualité, pour ne pas blesser par leurs frottemens continuels la peau des animaux. Les cordes de chanvre rendues imperméables à l'humidité par le vernis de leur surface, ou les fortes lanières de cuir sont préférables aux chaines de fer pour remplir toutes ces conditions.

La jonction des traits avec la voiture devrait toujours se faire au moyen d’un palonnier, quel que soit le mode de charroiï et d’attelage : ét en effet, lorsque les traits sont directement attachés à l'équipage, sans l’intermédiaire du palonnier, comme dans les voitures dites à /imons, il doit résulter de cette disposition que, si l'animal s’écarte de la direction rectiligne, nécessairement l’un des traits exerce une plus fortetraction que l’autre; que par conséquent l’adaptation du collier avec le corps cesse d’être parfaite, et que ce harnais exerce une plus forte pression sur le poitrail du côté où la traction est la plus forte; de là un appui moins étendu pour l’animal, une pression du collier fatigante et douloureuse, des efforts de sa part moins énergiques, et, comme conséquence dernière, une perte de quantité de mouvement.

Le palonnier a l'avantage d’articuler le tirage en un seul point et de permettre à l’animal d'exercer la traction à pleir collier, même lorsqu'il s’écarte de l’axe de la direction du fardeau. J'observe à cet égard que

ANIMAUX DOMESTIQUES : DU HARNACHEMENT

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