‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 351 sur 467 · EE · texte numérisé non relu

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appareil que l’on place sur le dos des bêtes de somme, pour les aider à porter les fardeaux

! dont on les charge. Il se compose d’une par-

tie principale et de parties accessoires.

La partie principale du bât a pour base un fät où arcon, qui ne diffère de celui de la selle de limon que par ses plus grandes dimensions. Comme ce dernier, il porte à sa surface extérieure convexe deux courbes saillantes qui longent ses bords antérieur et postérieur; ces courbes sont munies, l’antérieure en avant, la postérieure en arrière, de deux forts crochets de fer, destinés à donner aitache aux parties accessoires du bât. Le contact du fût avec le corps de l’animal s'établit au moyen de deux panneaux où coussins situés sous les parties latérales, Il est maintenu dans sa position sur le dos, 1° au moyen d’une sangle de cuir qui passe sous le ventre; 2 d'une croupière munie dun culeron ; 3° d’un poitrail où large bande de cuir qui ceint l'animal au niveau des pointes des

épaules et s'attache par ses deux extrémilés de chaque côté du füt ; 4° d’un fessier, autre large bande de cuir analogue au poitrail qui ceint l'animal en arrière, en passant sur les pointes des fesses, et s'attache aussi par ses deux extrémilés de chaque côté et en arrière du fût. Enfin, ordinairement, à toutes ces parties se Joint une housse en toile qui revêt toute la croupe.

Les parties accessoires du bàt sont les crochets, les arrazes et les bachous. Les crochets, au nombre de deux, sont formés chacun de deux sortes d’échelles en bois, réunies l’une à l’autre inférieurement à angle aigu, de manière à intercepter entre elles un espace anguleux. On les suspend de chaque côté du bât, soit au moyen de quatre anses de corde attachées aux quatre montans de lPéchelle et qui vont se fixer aux crochets de fer des courbes, soit au moyen d’une sangle qui passe sur le siége du bàt, et s'attache par quatre cordes aux quatre montans des crochets.

Les arrazes sont deux échelles droites placées horizontalement et parallèlement de chäque côté de l'animal, dont elles ont à peu près la longueur depuis la tête jusqu’à la queue.Ellessontordinairement munies de huit à neuf échelons débordant de trois pouces environ la branche supérieure de l’arraze. On les suspend comme les crochets au moyen de cordes auX courbes du bât.Ces deux appareils servent au transport des fourrages, des récoltes et des fumiers.

Enfin, on donne le nom de bachous à deux grands vaisseaux oblongs, en bois ou en osier, que l’on suspend aux crochets des courbes de chaque côté du bât. Les bachous sont d’une très-grande commodité pour le transport.

Accidens qui résultent de l'application du bät et d’une trop grande charge sur le dos des animauzx.—Le bâtdoitêtre placé en arrière dugarrot, et prendre son appui principal sur toute l’étendue de la région dorsale. Porté trop en avant, 1] génerait les mouvemens des épaules, chargerait trop le devant de l’animal et l’exposerait conséquemment à butter et à tomber; porté trop en arrière, il appuierait sur une région trop flexible et trop peu résistante pour en supporter la pression, et pourrait par

DE LA CONFECTION DES HARNAÏS

la transmission de son poids occasionner les distensions souvent très-graves des ligamens articulaires. La partie principale du bât présente dans sa confection et dans son adaptaton sur le corps des animaux les mêmes considérations que la selle du limon. Mêmes précautions sont à observer, mêmes conditions à remplir. Ainsi, donner au fût une voussure suffisante, aux panneaux unegrande étendue et beaucoup d'épaisseur, afin que l'appui soit reporté sur les côtes et la colonne vertébrale soustraile aux foulures et aux compressions ; réunir dans la confection de l’arcon et de ses parties accessoires la solidité à la légèreté, afin que le bât puisse supporter le poids, sans être lui-même un véritable fardeau, telles sont les indications a remplir pour bien confectionner le harnais.

J'ajouterai comme condition de sa parfaite adaptation sur le corps, la répartition égale du poids dont on le charge sur chacune de ses parties correspondantes. Sans ceite condition, l’inclinaison qui résulterait de l'inégalite du chargement délruirait inévitablement l’exacte coaptation du harnais avec le corps et occasionnerait des blessures trèsgraves. Observons en outre que la répartition inégale du poids est pour l'animal une cause nouvelle de fatigue et d’épuisement.

Le bât peut, par sa mauvaise conformation et son adaptation mal raisonnée sur le dos des animaux, donner naissance aux excorialions dela peau, au développement de cors dans son tissu, de tumeurs flegmoneuses et de kystes dans le tissu sous-jacent; enfin, à Ja carie des apophyses épineuses et des ligamens qui les unissent ; tous accidens idenliquement semblables à ceux que nous avons énumérés en parlant de la selle de limon et sur lesquels nous ne reviendrons pas.

Quant à l'application, sur le dos d’un animal, d’un fardeau qui n’est pas en proportion avec ses forces, elle peut avoir pour conséquence grave de déterminer la distension des ligamens articulaires qui maintiennent ses vertèbres réunies, et de le mettre ainsi dans l'impossibilité absolue de rendre des services.

MaïLLaRp, vétérinaire à Meulan, et H. BouLey, vétérinaire à Paris.

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