‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 355 sur 467 · LIV · texte numérisé non relu

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dit-on, deux jours sans boire. Cependant, comme tout autre animal, les services qu'il rend sont proportionnés à la nourriture et aux soins qu'il recoit.

Croirait-on qu'avec tant d'excellentes qualités, ce pauvre animal puisse être si peu prisé? On lui reproche, il est vrai, d’être lent, paresseux et surtout entêté; mais sans ces légers défauts il serait parfait, el ces vices mémes, ne les doit-il pas aux mauvais traitemens dont on l’accable. Ne les doit-il pas surtout à ce préjugé funeste que plus ilest chargé, plus il est batlu, mieux 1l va. Que homme cesse donc de l’accuser de torts qui sont les siens. C’est pour avoir élé trop forcé, trop battu au contraire, surtout dans la jeunesse, qu'il se montre revêche, paresseux et têélu. Ce qui le prouve, c’est que l'âne est susceptible d'obéissance et d’attachement pour le maitre qui le traite avec quelque douceur.

Où pourrait donc aussi chez nous se servir de l’âne à la fois à la selle, au bât et à la voiture, mais, à quelques légères exceptions près déjà signalées,on ne l’emploie quecomme bèle de somme ou de trait. Il rend ainsi de grands services, et, mieux traité, il en rendrait de bien plus grands encore.

Dans une bonne partie du Poitou et du Limousin, et dans d’autres lieux, où les terres légères et sablonneuses n’exigent qu'une force moyenne de tirage, il est fréquemment employé aux travaux agricoles, par les petits propriétaires surtout qui n’ont souvent que deux ânes de la plus pelite espèce pour cultiver leurs terres. Il est merveilleux de voir des animaux en apparence si faibles exécuter de si pénibles travaux. Si avec des individus de cette race pauvre et dégénérée on obtient pourtant un résultat satisfaisant, que ne devrait-on pas attendre d’ànes de la grande et forte race du Poitou? Peut-être même résulterait-il du croisement des plus beaux animaux de cette race chétive, mais plus rustique, avec celle du Poitou, plus forte, mais plus exigeante, une espèce mixle préférable à toutes deux et capable de supporter les plus grandes fatigues sans exiger de grands soins.

Enfin, nous pensons que par sa frugalité, sa force, sa patience, sa bonne santé, cel animal serait d’un avantage immense pour les localités pauvres en fourrages et où abondent les chardons et autres herbes dures, dans le midi de la France, par exemple. Là il y aurait avantage, croyons-nous, à substituer au cheval et peut-être même au mulet, un animal fort et vigoureux jusqu’à l'âge de quinze ans, et qui, mépagé, peut en durer trente; car un mulet se nourrirait difficilement où vivront deux ânes, et deux ânes pourtant feront souvent l'ouvrage que ne saurait faire un mulet seul. De même Ja ration suffisante pour un mulet serait à peine capable de faire vivre un cheval de même force, qui pourtant be saurait rendre les mêmes services à égalité de nourriture.

Enfin celle qui convient à ces trois sortes d’animaux ne saurait convenir au bœuf, plus gourmand et plus difficile. C’est donc la localité qu’on habite, la nature et ia quantité des fourrages, le but qu'on se propose qui doivent guider dans la préférence à accorder à lun plutôt qu'à l’autre de ces animaux. C'est au

plus difficile sur son breuvage et peut passer. | cultivateur à comparer les avantages à balan-

cHAP. 10.

cer la dépense et le produit absolu et relatif de chaque espèce, et à se déterminer pour celle qui, à consommation. égale ou inférieure en valeur, donne un produit.supérieur. À

Personne n'ignore l'usaye fréquent et precieux du lait d'ânesse pour les poitrines délicates et faibles, et le bien qu’en éprouvent les malades. 1] s'en fait tous les ans une 1mmense consommation au mois de mai, et quelquefois encore même à l'automne. Aussi le lait d’ânesse est-il fort cher en cette saison, et le malheureux, possesseur d’une ànesse, trouve-t-il chaque année une ressource précieuse dans la vente de son lait et de sa progéniture. * :

Enfin, précieux par les services qu'il rend pendant sa vie, précieux par son fumier chaud et très-avantageux dans les terres froides et humides, il est encore utile apres sa mort par sa corne, ses os, sa chair employée dans les arts, par sa peau surtout qui sert à faire des tablettes perpétuelles et à garnir des cribles, des caisses de tambour, etc.

Les ânes de premier choix, se vendent à l’écurie, à l’âge de trois à six ans, 1500 à 6000fr. Les autres sont vendus, soit à l’étable, soit dans les foires, de 100 à 1200 fr. Enfin tous les autres animaux de cette espèce, surlout ceux de la petite bien plus communs, ou ànes de travail, se vendent, soit en Poitou, soit dans le reste de la France, suivant l’âge, la force et la taille, depuis 12 jusqu’à 100 fr.

SECTION 11.— Du mulet.

On appelle mulet le produit de l’accouplement de l’âne avec la cavale, ou du cheval avec l’ânesse. Dans ce dernier cas cependant, Panimal produit prend plus particulièrement le nom de bardeau, tandis que dans le premier il conserve le nom commun de mulet.

Il est généralement reconnu que les mulets tiennent et parlicipent plus de la mère que du père. Aussi le mulet ressemble-t-il davanlage au cheval, est-il plus grand, plus vigoureux, surtout lorsqu'il provient d’une grande et forte jument, et le bardeau emprunte-t-il davantage de l’âne.

Le mulet a l’avant-main ou bout de devant mieux fait, l'encolure plus forte, le poitrail plus ouvert, la côte plus relevée, le corsage plus arrondi, le irain de derrière aussi plus élégant, le dos moins tranchant, les hanches moins sorties, le flanc moins grand, la croupe plus arrondie, plus bombée; tandis que le bardeau, au contraire, participant plus de l'âne, est mince d’encolure, a la tête grosse el pesante, le poitrail serré, les hanches et la colonne vertébrale saillantes, la côte plate ou basse, la croupe pointue et avalée.

À. Mulet proprement dit.

$ 1°. — Définition, nature, origine du mulet.

Le mulet doit à l'âne sa tête grosse et lourde, ses oreilles longues, son pied sûr, son tempérament excellent; à la cavale, sa mère, des formes plus belles, une plus grande taille, un peu plus de docilité et de vivacité. Plus vigoureux que l’âne, et craignant le froid

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