‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 362 sur 467 · DES RACES DE BOEUFS DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

DES RACES DE BOEUFS DE TRAVAIL

On nomme veau le mâle impubère; véle, |

la femelle du même âge: génisse, la femelle qui, ayant atteint l’âge de la puberté, n’a pas encore porté. Le faurillon est un mâle entier qui n’a pas encore trois ans; le bouvrllon est un bœuf de même âge. Sur les montagnes d'Auvergne on nomme bourrets et bourrettes les jeunes bêtes qui ont moins de deux ans; ce sont ensuite des doublons, des doublonnes, des tierçcons (doubles ans, trois ans).

Les bœufs comme les vaches prennent en deux ans à peu près tout leur accroissement.

Leur plus grande force est de 5 à 9 ans; Le terme naturel de leur vie, 15 à 18 ans.

Division des bœufs ordinaires, différences qui les distinguent.

Les bœufs présentent des variétés héréditaires qui s’affaiblissent et s’effacent par le croisement. Les plus remarquables sont l’existence au garrot d’une ou deux loupes graisseuses, l’absence, la mobilité ou la division des cornes en plusieurs branches, les différences dans le volume et le poids. Le poids varie de 200 à 4,000 livres; la taille, de celle de petits béliers, comme les bœufs de Norwége, à celle des plus grands chevaux, comme les bœufs de l'Ukraine. Bien plus que dans les autres espèces, leur taille dépend de la nourriture qu’ils reçoivent. La couleur présente toutes les nuances du blanc au rouge et au noir.

Ce qu’il faut surtout rechercher dans les bêtes bovines, c’est l’aptitude au travail, l’abondance du lait, la facilité et l’économie de l’engraissement; mais comme on ne trouve pas toujours dans la même bête ces qualités réunies, il faut choisir celle qui est le plus en harmonie avec les localités, et qui offre les moyens de changer le plus utilement le fourrage en lait, en fumier, en viande ou en produits de travail.

Il n’est pas facile de classer les bœufs d'après leurs caractères extérieurs. En Allemagne, On à cru qu'on pouvait les distinguer

ar la couleur; mais bien qu’en général les

œufs de montagnes soient rouges, ceux de plaine gris, ce caractère n’est pas assez constant pour servir de base à une division.

AGR

La division en bœufs de montagnes et de plaines n’est pas plus exacte; leur taille, leur produit en lait, en viande et en travail, varient, dans les montagnes comme en plaines, suivant les soins et la nourriture qu'on leur donne.

M. Desmarets lies a divisés en races de haut cru et races de nature. Les races de nature ont la peau fine, souple, le poil moelleux, le regard doux, s’engraissent facilement et vivent dans des lieux peu élevés. Les races de haut cru, à cuir fort, à fanon développé, au regard farouche, habitent en général les montagnes; mais cette division n’est pas plus exacte que les autres. Peut-être serait-il plus rationnel de les diviser en races de travail, races de boucherie et races laitières.

En Angleterre, où les chevaux et les mulets sont presque seuls employés à la culture et

| au tirage, c’est uniquement pour'le lait et la

boucherie qu'on y entretient les plus belles races bovines de l'univers. ;

1! résulte de documens statistiques positifs que la moyenne du poids net des bœufs de boucherie, en Angleterre, est de 554 livres, et en France de 350. Même proportion à l’égard des veaux, des moutons, des agneaux.

Ce n’est pas tout : l'Angleterre, d’après les mêmes documens, possède dix millions cinq cent mille têtes bovines, et la France seulement six millions six cent quatre-vingt-deux mille; et, pourtant, de combien la France est-elle supérieure à l'Angleterre en territoire et en population!

Aussi, quoique grands consommateurs de viande, les Anglais n’achètent point de bétail, et malgré notre excessive sobriété en ce genre d’aliment, il résulte de recherches statüistiques qu’en France les habitans des villes consomment en viande, terme moyen, 60 livres par an, ceux des campagnes environ 20; tandis que chaque Anglais en absorbe 220 livres.

Nous traiterons d’abord des races bovines travailleuses, en commençant par celles qui sont étrangères à la France.

SECTION int. — Races de Lœufs de travail.

$ ET.— Du zébu (bœuf à bosse) de l’Indes

Le zébu (2. 260) est peu connu en France, Fig. 260.

c’est aux communications bienveillantes de M. l'abbé Perrin, si longtemps missionnaire dans l'Inde, que nous devons les détails que nous allons donner.Le zébu est presque la seule

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race bovine domestique de l'Inde et de V’Afrique. L'Europe ne peut manquer de s’en enrichir un jour. Déjà elle se multiplie dans quelques parcs anglais. On en distingue plusieurs variétés : les unes à une seule, d'autres à deux bosses, toujours sur le garrot; ce sont des loupes plus volumineuses chez les mâles, dont le poids peut s'élever à 50 livres.

Ces excroissances sont ce qui, à l’extérieur, distingue le plus les zébus des bœufs ordinaires ; elles disparaissent au bout d’un certain nombre de métissages. C’est bien à tort qu’on a voulu faire du zébu une espèce bovine particulière, il produit avec toutes nos races domestiques des individus féconds; or, c’est là la preuve naturelle de l'identité d’espèce.

La taille des zébus varie de celle d’un petit bélier à celle des plus gros bœufs européens ;

uoique trapus, ils sont fort agiles ; il en est

ont les cornes sont mobiles, d’autres qui sont privés de ces organes. Leurs jambes sont beaucoup plus longues que celles de nos bœufs.

Tous, au lieu de mugir, font entendre un grognement qui n’a rien de désagréable.

Leur naturel, leurs mœurs, leur régime.

sont ceux de nos bœufs avec plus d’intelligence, de docilité et d'aptitude à un grand nombre de services. Ils traînent d’aussi pesans fardeaux que nos chevaux de trait. Attelés au carrosse, ils vont aussi vite que des chevaux, et font 15 à 20 lieues par jour.

Les zébus gravissent les montagnes de l’Inde, portant sur leur dos des balles de coton du poids de 800 livres : charge supérieure à celle des plus forts mulets.

On selle et on monte encore les zébus. On les guide alors avec une corde qui, traversant les narines, fait fonction de mors. Ils trottent constamment, et on les façonne facilement à l'allure de l’amble. Il est de ces zébus de forte race qui, échappés à la domesticité, ont la vitesse des chevaux barbes.Les backalis, bœufs de guerre qu'on emploie dans quelques contrées de l’Afrique, sont des zébus.

Très-multiphiés dans l'Inde, ils y remplissent toutes les fonctions que les bœufs, les mulets et les chevaux remplissent ailleurs.

Enfin il n’est pas de race bovine qui rende plus de service que le zébu. Aussi dans l'Inde, toutes les caresses, tous les soins lui sont prodigués; il est nourri délicatement et pansé avec exactitude; on ne souffre pas la plus légère tache à sa robe; en outre, on le pare avec plus ou moins de magnificence, selon le rôle qu’il doit jouer. Le moins qu’on fasse, c’est de renfermer chacune de ses cornes dans un étui de cuivre jaune et de lui mettre,au col un collier d’acier poli; mais s’il est assez heureux pour entrer dans les écuries d’un prince, tous ses harnais sont d'or et de soie.

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